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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 17:39

 

 

UNE DOCUMENTARISTE PLACÉE EN GARDE À VUE,

 

SA CAMÉRA ET SES FILMS SAISIS PAR LA JUSTICE

 

 

fr.rsf.org.png

PUBLIÉ LE MARDI 6 MARS 2012

Reporters sans frontières proteste vivement contre l’arrestation et le
placement en garde à vue de la documentariste *Marie Maffre*, le 2 mars
2012, alors qu’elle couvrait une action de l’association Jeudi Noir
destinée à occuper un logement vide dans le 10ème arrondissement de
Paris pour accueillir par la suite des familles de mal-logés. Sa caméra
et ses films ont été placés sous scellés sur demande du procureur de la
République.

"L’arrestation et le placement en garde à vue de la documentariste sont
tout simplement illégaux. Une personne menant un travail d’information
ne peut être confondue avec un manifestant ou un militant en action,
rappelle Reporters sans frontières. Marie Maffre avait bien signalé
qu’elle était présente sur les lieux dans le cadre de son travail. Elle
était facilement identifiable comme documentariste. D’ailleurs, elle
était en train de tourner au moment de l’interpellation de la police."

"Nous sommes également particulièrement inquiets que son matériel et ses
films ont été saisis par la police et mis à disposition de la justice,
au mépris total du respect du secret des sources, comme s’il s’agissait
d’une pièce à conviction, a ajouté l’organisation. Cette saisie a eu
lieu pendant la garde à vue, sans information de l’intéressée et de son
avocat pourtant présent lors de l’entretien. Il est à craindre que ces
images soient utilisées pour l’enquête. Nous réclamons la restitution
immédiate du matériel de la documentariste ainsi que des rushs, fruit de
son travail."

L’organisation rappelle que selon l’article 62-2 du code pénal, la garde
à vue est une mesure de contrainte visant une personne contre "laquelle
il existe une ou plusieurs raisons plausibles de soupçonner qu’elle a
commis ou tenté de commettre un crime ou un délit puni d’une peine
d’emprisonnement est maintenue à la disposition des enquêteurs".

Marie Maffre, documentariste qui réalise depuis deux ans un documentaire
sur l’association Jeudi Noir produit par Kien Production, a été
interpellée avec quatre militants de l’association, le 2 mars 2012 au
soir, alors qu’ils tentaient d’occuper un bâtiment vide du 10ème
arrondissement pour le mettre à disposition de familles de mal-logés.
Bien qu’ayant signalé au responsable des relations presse de la
préfecture qu’elle était présente sur les lieux dans la cadre de son
travail, elle a subi une fouille corporelle et a été placée une nuit en
garde à vue. Sa caméra et ses rushs ont été placés sous scellés et mis à
disposition de la justice. Et ce alors que la caméra est un équipement
de location.

Reporters sans frontières rappelle dans son rapport
<http://pacte2012.rsf.org/rapport-france.pdf> France publié fin février
2012, que "le régime des perquisitions est insuffisamment protecteur.
Bien qu’il ait été étendu au domicile et véhicule professionnel du
journaliste, il devrait concerner le véhicule personnel et rappeler un
domaine naturel d’application du secret à tous les outils de travail du
journaliste (agenda, téléphone, smartphone, notes, etc.). Leur usage
étant trop souvent abusif, les réquisitions judiciaires doivent être
interdites, sauf à présenter les mêmes garanties que les perquisitions."

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Published by JEAN EMARE - dans ARTICLE
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