SYNDICALE

Mercredi 4 novembre 2009

SUD CHIMIE
A Amiens, la direction de DUNLOP organise la souffrance au travail !

 

La semaine dernière, les salariés de Dunlop sont entrés en grève avec blocage, contre la terrible dégradation de leurs conditions de vie et de travail provoquée par l'application de l'accord 4x8 imposé par la direction.

 

L'accord 4x8 est une véritable régression sociale, puisqu’il a supprimé une équipe de travail : fatigue physique intense, destruction de la vie sociale et familiale. Ce nouveau rythme de travail a provoqué au cours des mois une intense fatigue, la multiplication des arrêts maladies, une souffrance morale insupportable.

 

Cet accord a été annulé en septembre par décision de justice. A l'occasion de la réouverture des négociations, des dizaines de salariés, soutenus par SUD CHIMIE ont entamé un mouvement de grève et de blocage. SUD CHIMIE propose la mise en place d'une expertise indépendante sur la dégradation des conditions de travail à Dunlop, expertise jusqu’à présent refusée par l’UNSA signataire de l'accord avec la direction.

 

Partout en France se développent des mobilisations de salarié-e-s contre l'inhumaine dégradation de leurs conditions de travail dans le seul but d’augmenter encore un peu plus les bénéfices reversés à des actionnaires qui ne feront que boursicoter et provoquer de nouveaux désastres financiers.

 

A Amiens, la direction de DUNLOP

veut sanctionner ceux qui luttent !

 

Les patrons, eux, ne lâchent rien : à peine la grève suspendue, la direction de Dunlop a décidé 8 mises à pied conservatoires pour des militants ; ils sont convoqués un par un, mercredi après midi, pour des sanctions pouvant aller jusqu'aux licenciements !

 

SUD Chimie Pharma, Solidaires Somme, et l’Union syndicale Solidaires soutiennent les collègues de DUNLOP !

 

Par JEAN EMARE
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Mercredi 28 octobre 2009

Compte-rendu de la réunion du 27 octobre au Ministère de l’immigration

(CGT, FSU, CFDT, Solidaires c'est SUD )


Pour Solidaires : Isabelle et Catherine

Prochaine réunion ce vendredi 30 octobre à 10h30

Suite à la première réunion, le Ministère s’était engagé à fournir une synthèse

des textes et circulaires sur la question de la régularisation des salariés sans

papiers, celle-ci nous a été donnée sur place.

La discussion est entrée dans le vif du sujet sur plusieurs points :

1/ Motifs exceptionnels à l’appui d’une demande d’admission au séjour au

titre du travail.

 

Débat autour du critère de l’exercice d’un emploi dans les métiers en

tension et du nombre de ces dits métiers :

La CGT a rappelé que l’accord entre le patronat et les O.S. d’octobre 2007

avait listé 150 métiers notamment concernant les ressortissants des nouveaux

états membres de l’UE et demande de fait l’extension de cette liste à tous les

salariés sans papiers. Le Ministère en s’appuyant sur l’arrêté du 18 janvier

2008 invoque les 30 métiers en tension, recensés par ce texte.

Deuxième point d’achoppement, le périmètre géographique de ces métiers en

tension. Le Ministère impose comme critère complémentaire l’appréciation

au niveau de la région des difficultés de recrutement, en déniant l’inégalité de

traitement que cela engendre de fait selon où les salariés sans papiers

travaillent.

Conclusion du débat : Le Ministère accepte le nombre de 150 métiers en

tension mais maintien le périmètre régional.

 

Le critère d’ancienneté d’une durée au moins égale à 5 ans de séjour

en France

 

listé dans le document du Ministère n’ a pas été débattu ce jour

mais fera l’objet d’âpres discussions à venir.

 

 

Nature du contrat de travail et rémunération mensuelle. Le document

du ministère rappelle l’exigence d’une ancienneté égale ou supérieure à

12 mois dans l’entreprise ou dans une entreprise du même groupe, une

rémunération mensuelle respectant les conventions collectives applicables

au métier considéré. À cet égard, se pose la question des intérimaires et

des emplois à multi employeurs, question non résolue ce jour, à débattre

dans les prochaines réunions.

 

Critères d’intégration. Le document du Ministère aligne plusieurs

critères censés « confortés » utilement une demande de régularisation :

connaissance de la langue française, logement, déclaration de revenus, et

paiement des impôts. Après débat, la notion de connaissance de la langue

française contestée par O.S. aboutirait à une formule plus « souple » de

« compréhension minimale » de la langue. Quant aux autres critères,

remarques des O.S. que cela ne deviennent pas des exigences à la

régularisation mais bien des atouts pour les sans papiers.

 

Les motifs d’exclusion sont rappelés dans le document.

Motifs d’ordre public, de fraude sur le dossier de la demande, de recours

juridictionnel et de demande d’asile, encours d’examen ; et les métiers

soumis à autorisation. Ce dernier motif a soulevé la question des métiers

de sécurité. Le ministère semble prêt à retenir les périodes de travail,

fiches de paye à l’appui, dans ce secteur même si exercé sans autorisation,

pour calcul de l’ancienneté dans l’entreprise et à condition qu’au moment

de la demande de régularisation, le demandeur exerce un autre métier. Il

nous renvoie cependant à une vérification auprès du Ministère de

l’intérieur concernant ce type de métier.

2/ Traitement des dossiers.

 

Le document du Ministère initial parlait de dépôt des demandes de titre de

séjour auprès de la préfecture du lieu de résidence et de l’examen de la

demande d’autorisation de travail par la DDTE dont dépend l’entreprise.

Après les remarques des O.S. faisant état du non-sens du choix du lieu de

résidence vu la mobilité des salariés concernés, le Ministère a fait un pas.

Conclusion du débat

 

 

Choix de la préfecture du lieu de travail pour le dépôt des demandes, et

ensuite ventilation dans les préfectures des lieux de résidence pour

l’obtention des papiers

 

 

3/ Cas des algériens e des tunisiens

 

 

4/ Autres sujets abordés

 

 

 

Confirmation de l’obtention d’un document provisoire permettant de

continuer à travailler en attente du traitement de la demande de

régularisation

 

.

 

 

Traitement des dossiers des salariés en grève depuis un an

(Manpower, Adecco, Vedior) au vu des débats d ‘aujourd’hui

 

.

En résumé, le Ministère semble presser de conclure pour éradiquer les abcès de

fixation que constituent les nombreux piquets de grève. Nombre de points

restent à clarifier et demanderont beaucoup de vigilance sur la rédaction finale

de la circulaire.

 

::

Concernant les Algériens, le Ministère a fait état d ‘un arrêt du Conseil d’état

du 7 janvier 2008, excluant ceux-ci du processus de régularisation, du fait

d’un accord bilatéral entre la France et l’Algérie. Si des Algériens sont

régularisés, cela n’est pas dans le cadre de la circulaire ministérielle.

Concernant les Tunisiens, ils sont maintenant inclus dans la circulaire du 31

juillet 2009.

.:
Par JEAN EMARE
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Mercredi 14 octobre 2009

CGT METALLURGIE
Pour l’avenir

de nos filières industrielles

et nos revendications

 JEUDI 22 OCTOBRE

GREVE ET MANIFESTATION INTERPROFESSIONNELLE NATIONALE àPARIS 

 

 

La bataille pour une vraie politique industrielle est lancée. De nombreux secteurs industriels sont aujourd’hui attaqués et démantelés. La crise du système capitaliste
n’a qu’un but : accentuer l’exploitation capitaliste des salariés. Les groupes industriels continuent d’engranger des sommes colossales pour les actionnaires : 35 milliards
d’€ lors du premier semestre 2009.

 

De nombreuses initiatives venant des syndicats des entreprises menacées de restructuration et de fermeture ont déjà eu lieu avant les vacances et dès la rentrée.
 Ces luttes dans toute la France ont amené les Fédérations CGT à une
première manifestation des salariés des industries le 17 septembre 2009 devant la
bourse des valeurs de Paris.

 

Construire un rapport de forces

national et durable

 

Contre    u les suppressions d’emplois   u le chômage  u les bas salaires

                       u les remises en cause de tous les acquis sociaux des travailleurs

Nous ne pouvons plus attendre pour entrer dans l’action massive et durable.

Les actions une fois tous les 2, 3 ou 4 mois ont montré leur inefficacité.

 

 

tous en grève ce 22 octobre 2009 !

 

POUR     u L’arrêt immédiat des suppressions d’emplois et des licenciements

u L’augmentation générale  pour tous les salariés de 300 €

u La retraite pleine et entière dès 55 ans sans condition d’annuités

u La revalorisation des pensions et des retraites de 200 € de suite

 

Cette action sera une étape dans la construction du rapport de force. Sinon chacun à notre
 tour, nous serons tous touchés par les dégâts de l’exploitation capitaliste. Ainsi, si la
tendance n’est pas inversée, c’est un recul de 20% de l’Industrie française qui est prévu
par an.

Des transports collectifs sont organisés Contactez les syndicats CGT
pour vous inscrire

 

Déjà plusieurs Unions locales comme Arras, Calais, Douai, Lillers, Maubeuge, Seclin, Valenciennes, …. l’USTM du
Pas de Calais et celle du Nord ont décidé d’appeler à la grève et participer massivement à la Manifestation nationale.

Par JEAN EMARE
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Mardi 13 octobre 2009

A propos de la situation sociale en Chine (octobre 2009)

 

Par Alain Baron, membre de la commission internationale de Solidaires (SUD)

 

Des éléments permettant de mieux comprendre la situation chinoise ont été publiés dans le numéro 3 de la Revue internationale de Solidaires[1].

Des compléments figurant ci-dessous portent sur :

·      la situation des paysans et la transformation d'une partie d'entre eux en travailleurs migrants,

·      le syndicalisme et l'action associative en Chine,

·      les activités militantes en Chine continentale,

·      l'action depuis Hong-Kong et Taïwan,

 

1. La question paysanne

 

Aujourd'hui, environ la moitié de la population chinoise tire toujours ses revenus de la terre. La terre appartient à l'État. Celui-ci accorde aux paysans des baux pluriannuels, mais il arrive souvent que l'État décide de reprendre la terre avant la fin du bail. La protection sociale est par ailleurs inexistante à la campagne.

 

De 1978 à 1985, au début des réformes économiques, la production agricole avait augmenté rapidement. La situation s'est ensuite dégradée pour plusieurs raisons :

1) La corruption s'est développée et a atteint des niveaux astronomiques dans les années 1980. Les autorités locales ont mis en place une multitude de taxes. Simultanément, les fonctionnaires distribuaient les prestations publiques sous forme de reconnaissances de dettes. Résultat, les paysans n'avaient plus les moyens d'acheter des semences et des engrais.

2) Depuis l'arrivée des OGM, les paysans doivent acheter leurs semences, alors qu'auparavant, ils réutilisaient pour cela une partie de leur production propre.

3) Avec l'adhésion de la Chine à l'OMC, les paysans doivent subir la concurrence des produits importés. Les informations sur la façon dont la Chine respecte ses engagements auprès de l'OMC sont difficile à obtenir.

 

Les coopératives qui existent poursuivent pratiquement toujours des buts strictement économiques, sans ambition politique de développement de la solidarité.

Certes, des cultures maraîchères se sont développées près des grandes villes. Mais il s'agit de compagnies utilisant la main d'œuvre paysanne.

 

"Si pour les ouvriers, le droit de s'organiser est pratiquement égal à zéro, pour les paysans, il est de  moins 20 !" entend on dire parfois.

La première chose qu'a fait Mao avait en effet été de priver les paysans de tout droit de représentation. La raison en est simple : les paysans constituant l'écrasante majorité de la population, le pouvoir avait peur de se retrouver contesté. Pour cette raison, toute organisation paysanne a été interdite depuis 1949. Les successeurs de Mao ont poursuivi la politique d'apartheid, et privé les paysans de la possibilité d'être représentés.

En fait, l'État chinois a pratiqué une politique comparable à celle des pays occidentaux en Afrique ou en Amérique latine. Mais comme il n'était plus possible d'aller piller la moitié du globe, la politique suivie au niveau de la Chine a été le pillage des campagnes par les villes.

Ce que fait aujourd'hui la Chine en Afrique ou ailleurs montre bien que le Capital n'a pas de frontière et que l'exploitation capitaliste est partout la même. La seule différence est, qu'en Chine, la bureaucratie en est partie prenante.

La mécanisation de l'agriculture est exclue car il y a trop de monde à la campagne et pas assez de terre. En effet, la surface dont dispose une famille est en moyenne inférieure à 1 hectare, soit 80 fois plus faible que celle d'un agriculteur en France. Pour survivre, il est donc indispensable qu'une partie des ruraux parte à la ville. Et cela d'autant plus qu'à partir de 1976, l'État s'est lancé dans une politique d'industrialisation accélérée. Ne restent à la campagne que les vieux et les tout petits.

Tout cela débouche sur un problème majeur : comment intégrer aujourd'hui dans les villes 200 ou 300 millions de ruraux.

 

2. Les travailleurs migrants (mingong)

 

Depuis 1978, des millions de paysans ont afflué des campagnes chinoises. On les appelle les mingong.

Ils se sont heurtés au système des certificats de résidence (hukou). Une personne née dans un village aura toute sa vie un certificat de résidence rural. Un ouvrier venant de la campagne n'a normalement pas le droit de rester en ville de façon stable. C'est un obstacle à la défense de ses droits en tant que travailleur. Très souvent, des patrons s'entendent avec des responsables politiques corrompus pour enfreindre les droits des ouvriers. Il leur suffit de déclarer que certains travailleurs sont des fauteurs de troubles, et ceux-ci sont expulsés vers leur région d'origine. Résultat les droits citoyens des migrants ne sont pas respectés.

On retrouve les mingong dans le bâtiment, l'industrie et les services (restaurants, bars, salons de coiffure et d'esthétique, le ménage à domicile, etc.).

Dans le sud, il s'agit surtout de jeunes femmes venant travailler dans l'industrie manufacturière et qui sont logées en dortoirs. Dans le nord, où ils viennent davantage pour travailler dans les services, l'immigration familiale est plus importante.

 

Les migrants venus des campagnes ont constitué une nouvelle classe ouvrière qui n'a pas grand chose à voir avec l'ancienne[2]. Les conditions de vie des migrants sont très mauvaises. Ils n'ont aucune sécurité d'emploi : ils peuvent par exemple travailler deux mois puis ne plus avoir de travail.

 

En Chine, seuls les salariés des entreprises d'État ont droit à une retraite. Les autres n'en ont habituellement aucune, qu'ils soient d'origine citadine ou rurale.

Aujourd'hui, l'État tente de transférer en partie cette responsabilité aux entreprises. Dans le Sud du pays il a, par exemple, obligé les entreprises à capitaux mixtes à accorder aux salariés les " 5 protections " : santé, congé maternité, retraite, etc.

En cas de faillite, le fonds de retraite disparaît avec l'entreprise. Le salarié ne peut alors espérer récupérer que la partie correspondant au total des cotisations qu'il avait versé. Les cotisations patronales reviennent par contre au fonds social de la ville. Les mingong, n'ont en général droit à rien car ils ne parviennent pratiquement jamais à prouver qu'ils ont travaillé 15 ans sans interruption dans l'entreprise.

Contrairement au passé, de plus en plus de travailleurs ont la possibilité d'attaquer en justice leur patron. Mais le pouvoir prend souvent la défense du patron : les salariés perdent alors leur procès et ont, de plus, les frais à leur charge.

 

Le comportement de l'État envers les migrants (mingong) venus des campagnes chinoises a commencé à changer après 2003.

Mais la crise a aggravé la scission entre les villes et les campagnes. Beaucoup de patrons ont en effet disparu en laissant plusieurs mois de salaires impayés. Les autorités locales ont dû régler l'ardoise face à la mobilisation des travailleurs. Le gouvernement a alors poussé les migrants à retourner au pays. Pourtant, ce sont les migrants qui ont construit les villes !

Le gouvernement voulait que le poids de la crise soit supporté par les paysans. Il avait même avancé le chiffre de 25 millions de personnes devant retourner dans leur lieu d'origine. Mais comme il n'y a pas de travail à la campagne, 95 % des migrants sont revenus. Beaucoup d'entre eux étaient partis depuis l'âge de 15 ans. Ils n'ont pas de culture agraire, ils ne savent pas et n'aiment pas cultiver la terre. De plus, ils ont pris goût à la vie citadine.

En ville, le niveau de l'emploi a beaucoup baissé, résultat les salaires diminuent. Beaucoup de mingong refusent d'accepter de travailler pour des salaires réduits, et préfèrent devenir vendeurs de rue.

L'État a récemment mis en chantier des travaux d'infrastructure pour employer les chômeurs.

Les plus grandes victimes de la crise sont donc les ouvriers migrants, particulièrement ceux qui venaient travailler dans le sud de la Chine pour l'industrie d'exportation.

 

Il y a dix ou 20 ans, la plupart des citoyens des villes étaient xénophobes. Ils considéraient que les mingong venaient « piquer leur boulot ». Ils les accusaient de jeter leurs ordures partout et d'enlaidir les villes. Alors qu'en réalité, ce sont les migrants qui ont construit et embelli les villes !

Il existait chez les citadins une forme de consensus pour le maintien des injustices envers les migrants :

- les patrons disposaient d'une main d'œuvre bon marché dans le bâtiment, les usines, les restaurants, etc.

- les particuliers pouvaient disposer de femmes de ménage et de nounous pour leurs enfants.


En principe, il existe en Chine neuf années de scolarité obligatoire. A la campagne, la scolarisation existe jusqu'à ce qui correspond en France à la 5° ou la 4°, et il n'y a pas de problème majeur d'illettrisme. Les enfants ne peuvent être scolarisés que dans la région d'origine de leurs parents. Si les enfants de travailleurs migrants viennent en ville avec leurs parents, ils n'ont en conséquence pas accès aux écoles publiques. Il existe bien des écoles privées, mais elles sont hors de prix. Résultat, 2,6 millions d'enfants ne sont pas scolarisés. De plus, avec la politique de l'enfant unique, les enfants supplémentaires n'ont pas d'existence légale. Lorsqu'ils se mettent à travailler, ils ne peuvent pas avoir de compte en banque et doivent se faire payer en liquide.


3. La question syndicale

En Chine, il n'est pas possible de créer de syndicat indépendant de la confédération officielle ACFTU[3]. Lorsque les migrants ont commencé à venir des campagnes à partir de 1978, l'ACFTU ne s'est pas occupé de leur sort. Le champ d'intervention de l'ACFTU se limitait aux ouvriers des entreprises d'État. Pour elle, ces ouvriers d'origine rurale n'existaient pas. Elle ne les considérait pas comme des ouvriers, mais comme des paysans. Lorsque les mingong allaient voir l'ACFTU, il leur était répondu : vous n'êtes pas des ouvriers, mais des paysans, vous ne pouvez donc pas faire partie de notre syndicat.

Dans les années 2000, l'ACFTU a fini par se rendre compte que les mingong constituaient une masse énorme d'ouvriers. Ce n'était pas des paysans qui allaient retourner à la campagne : ils faisaient un travail d'ouvrier et allaient rester ouvriers. L'ACFTU a compris que les mingong étaient en fait la nouvelle classe ouvrière. Il s'agissait pour elle d'un véritable défi car elle ne savait pas comment s'implanter au sein de cette population très mobile.

L'ACFTU a alors lancé un mouvement pour que dans chaque entreprise, 100 % de la main d'œuvre soit inscrite au syndicat. Il a été demandé aux entreprises étrangères de constituer des syndicats, comme par exemple dans la chaîne de supermarchés Wal Mart. Celles-ci ont alors prélevé 2 % du salaire de chaque travailleur et ont versé les fonds correspondants à l'ACFTU. L'activité de l'ACFTU envers les mingong consiste en la distribution de divers produits, l'organisation de loisirs, d'activités récréatives et artistiques, la distribution de tickets pour assister à des spectacles, etc. Mais lorsque l'on demande à des mingong le nom de leurs responsables syndicaux, ils ne savent pas qui ils sont. Très souvent, lorsque les travailleurs ont de vrais problèmes, ils n'obtiennent aucune aide de l'ACFTU.

5. Les associations

A Hong-Kong, il suffit de trois personnes pour créer une association.

En Chine continentale, il n'est possible de créer un association qu'en la faisant reconnaître comme société commerciale. Celle-ci doit rester locale, ne pas afficher de caractère politique et ne doit pas se retrouver en conflit avec les autorités. Si une telle coloration apparaît, son existence même est remise en cause, même si depuis 2003, une certaine libéralisation a eu lieu.


6. Quelques activités sur le continent

 

De nombreuses organisations locales n'émanent pas du pouvoir existent en Chine continentale. Elles se construisent par le bas, restent toutes petites et disposent de peu de forces.

Certaines sont des permanences juridiques gratuites concernant les droits des salariés, les droits des enfants ou le droit de l'environnement. Elles ont été mises en places par des bénévoles qui sont par ailleurs avocats, universitaires, étudiants ou encore juristes autodidactes surnommés "avocats aux pieds nus".

Des « workers centers » sont également apparus. Ce sont des lieux associatifs où les salariés peuvent se retrouver pour parler, lire, acquérir des connaissances en droit du travail, apprendre à parler en public, rédiger des textes, etc.

L'exemple donné ci-dessous constitue une variante originale de ce genre d'organisation locale.

 

" La Maison des travailleurs migrants"

1. La Maison des travailleurs migrants a vu le jour en 2002 dans la banlieue de Pékin. Cette association est enregistrée légalement comme société commerciale. De nombreuses informations sur son activité sont disponibles sur Internet, généralement en chinois[4].

Son point de départ repose sur le constat suivant : alors que c'est sur les mingong que repose le développement de la Chine, ils ont le plus grand mal à faire respecter leurs droits, notamment en ce qui concerne leurs salaires et la scolarisation de leurs enfants.

L'objectif de la Maison des migrants est de permettre l'expression de la voix de ces travailleurs, de les aider à s'organiser pour mener une vie plus digne, ainsi que de faire changer le regard porté sur eux par le reste de la société. Cette ambition peut se résumer dans la formule « à nous d'être plus orgueilleux pour notre contribution ».

2. Mais les mingong ne doivent pas seulement faire face à des difficultés matérielles. Ils ont également de gros problèmes moraux. Ils pensent par exemple souvent avec nostalgie à leur famille restée au pays. C'est à partir de cet aspect que l'aventure de la Maison des migrants a commencé. A l'occasion du 1° mai 2002, quelques musiciens ont organisé un spectacle basé sur les conditions de vie et de travail des migrants. A travers cette activité, il s'agissait de faire en sorte que cette immense masse d'ouvriers ait sa propre voix et prenne conscience de ses droits. Beaucoup de travailleurs sont ensuite venus participer aux activités musicales et théâtrales. Ils ont ainsi pu commencer à s'exprimer. Les spectacles ont lieu le plus souvent dans des cours d'usines. Le but est de donner une voix à ces travailleurs souvent plongés dans une grande détresse morale. Leur nostalgie se retrouve dans les chansons faites à leur intention et qui tranchent avec celles qui sont habituellement proposées.

Un premier CD a été réalisé en 2004 qui a rapporté 7 000 euros. Deux autres CD ont été ensuite produits, ainsi que des films documentaires et de fiction. Le titre du CD paru en 2008 était " Notre monde, notre rêve ", en référence au slogan " Un monde, un rêve " des Jeux Olympiques qui se tenaient au même moment à Pékin. Il s'agissait de mettre en lumière l'envers du décor.

Un festival artistique des travailleurs migrants de 3 jours a eu lieu à l'occasion des fêtes du nouvel an 2009 avec musique, théâtre, films, poèmes, exposition, débats, Un autre festival est prévu en octobre 2009.

3. L'argent obtenu grâce au premier CD a permis d'acheter une usine désaffectée et de construire une école avec des parents bénévoles. Un problème important est en effet la scolarisation de 20 millions d'enfants de mingong, dont 50 000 à Pékin. L'école a été ouverte le 21 août 2005, et accueille aujourd'hui plus de 400 enfants entre 3 et 12 ans. Cette école repose sur le principe que tous les enfants doivent avoir les mêmes droits, et notamment celui d'aller à l'école. Malheureusement, si ces enfants veulent ensuite aller à l'Université, ils devront retourner pour cela dans la région d'origine de leurs parents.

4. Le soir et les jours fériés, diverses formations sont organisées pour les adultes sur la législation sociale, l'informatique, l'anglais, etc. Des projections de films suivis de débats sont organisés, ainsi que des spectacles.

5. Des étudiants aident le centre à récupérer des objets et vêtements d'occasion. Ceux-ci sont ensuite revendus à bas prix aux migrants. Six boutiques ont été mises en place à cet effet dans des quartiers différents. Il est ainsi possible pour les migrants, qui n'ont pas beaucoup d'argent, de s'y procurer des objets à bas prix.

Ce ne sont pas seulement des lieux de vente, mais également des espaces de vie où l'on peut venir pour discuter, demander des renseignements ou emprunter des livres. Les enfants viennent y jouer avec leurs copains et copines.

Le petit bénéfice retiré de ces ventes contribue au financement de l'association et a permis l'embauche 20 permanents, dont 5 pour les activités artistiques.

6. Les moyens matériels de l'association restent limités : elle ne dispose par exemple que de micros de qualité médiocre. L'association compte néanmoins aujourd'hui 20 permanents dont 5 pour les activités artistiques, La troupe de théâtre, qui compte 10 personnes, est composée en partie de bénévoles.

7. En 2007, l'association a constitué un musée des travailleurs migrants sur le site d'une ancienne usine. « On entend tout le temps parler de progrès économique. Nous, ce dont nous voulons parler, c'est de la culture ouvrière en exposant des objets de la vie quotidienne donnés par les mingong ». Plusieurs organisations se sont unies et organisent régulièrement des expositions dans ce musée. Beaucoup de gens viennent s'y rencontrer. Comme il s'agit d'un endroit un peu éloigné, un site web a été mis en place pour mieux faire connaître cette activité.

L'existence de ce musée, qui a reçu une aide financière d'Oxfam[5], a valu à la Maison des travailleurs migrants d'être invitée en Espagne, en Allemagne (octobre 2010) et à La Paz (2011).

8. Les mingong représentent 10 000 des 11 000 travailleurs résidant dans la localité où est installée la Maison des travailleurs migrants. Ils travaillent dans des petites entreprises de meubles, de portes-et-fenêtres, etc. Ils n'étaient pas jusqu'à présent syndiqués.

Fin août 2009, le centre a reçu la visite de représentants de la centrale syndicale unique  chinoise accompagnés de syndicalistes américains. Des représentants de la Maison des travailleurs migrants a alors proposé que celle-ci soit habilitée à organiser syndicalement les migrants. Cette possibilité lui a été accordée sur la zone où est installé l'association, y compris pour les salariés allant travailler à l'extérieur de celle-ci. Les responsables du centre aimeraient que ce nouveau syndicat ne se limite pas au respect de la législation sociale, mais agissent également sur d'autres terrains, comme par exemple la scolarisation des enfants.

 

Action locale et action nationale

 

Il y a des intellectuels, des chercheurs, qui étudient les questions sociales et cherchent à peser sur les politiques menées au niveau national. La Maison des travailleurs migrants est une toute petite organisation, et ne peut pas avoir ce genre d'ambition. Néanmoins, l'action d'une organisation locale, comme la maison des migrants peut avoir une influence au delà du lieu où elle est installée.

- En raison de son originalité, les médias ont parlé du Musée des travailleurs migrants, et cela l'a fait connaître au niveau national.

- Contrairement aux chanteurs vedettes, les chansons écrites par l'un des fondateurs de l'association parlent de la condition des ouvriers. Un certain nombre de gens le connaissent, d'autant plus qu'il passe maintenant à la télé. Cela donne au centre la possibilité d'avoir une action dépassant la localité où l'association est installée.

- L'association effectue également un travail de recherche notamment sur les conditions de logement des travailleurs, et une conférence va se tenir à ce sujet.

- La reconnaissance de la pleine citoyenneté des migrants est devenu un sujet de débat national. C'est précisément le fondement sur lequel repose la Maison des migrants.

 

Organiser une action nationale est toutefois impossible : il est en effet interdit de constituer une organisation nationale. Tous ceux qui ont essayé de le faire ont été immédiatement écrasées par les autorités. Des gens ont essayé, par exemple, d'intervenir au niveau politique en créant la " Charte 08 ", dont le nom s'inspirait de celui de la " Charte 77 " en Tchécoslovaquie. Ils ont cherché à en faire un mouvement national, et la Charte 08 a été immédiatement écrasée. Tout ce qui peut avoir un sens un peu politique est tout de suite réprimé.

Organiser un débat national ne peut se faire qu'avec le soutien du gouvernement. Il y a eu par exemple en 2008 un débat national autour du nouveau Code du travail. Le gouvernement avait encouragé les gens à donner leur avis sur Internet. Plus de 100 000 personnes l'ont fait. Des groupes se sont réunis pour faire des propositions, notamment au sujet des mingong.

Mais c'est le seul exemple de débat de ce genre, et il était entièrement organisé par le gouvernement. Ensuite, d'autres lois ont été mises en place, notamment celle concernant les litiges au travail, mais on n'a plus entendu de parler de participation de la population.

Le gouvernement ne veut en effet pas donner à nouveau l'occasion à la population de formuler ses revendications. Il ne veut pas renouveler l'expérience ayant eu lieu à propos du nouveau Code du travail.

Une situation nouvelle existe toutefois depuis l'arrivée d'Internet :

- Il y a eu, par exemple, l'affaire Sun Zhigang[6] un mingong qui avait été battu à mort parce qu'il n'avait pas de permis de résidence. Cette affaire a été révélée par Internet. Résultat, le système permettant d'arrêter toute personne n'ayant pas d'autorisation de résidence a été abrogé.

- Il y a également le cas récent d'une masseuse dans un hôtel qui, pour se défendre, a tué un cadre qui voulait la violer. Suite au scandale provoqué par son arrestation, cette femme a été relâchée.

Il ne faudrait pas en déduire pour autant qu'Internet soit libre en Chine continentale. D'après un journal, il y aurait même 3 millions de policiers chargés de sa surveillance. Mais les gens sont

malins, et ils arrivent à passer à travers la censure.

7. Les actions menées depuis Hong-Kong et Taïwan


Il existe à Hong-Kong, mais aussi à Taïwan, de nombreuses petites associations dont les animateurs appartiennent à diverses sensibilités : altermondialistes, syndicalistes, féministes, écologistes, militants de la gauche radicale, chrétiens, etc. Elles cherchent à dénoncer le comportement des investisseurs étrangers en Chine continentale et soutenir les luttes des salariés.

Globalization Monitor (Hong-Kong)

Cette association a été fondé en 1999[7]. Au début, elle publiait seulement une revue papier dont 18 numéros sont sortis. Les articles portaient sur la mondialisation, les associations, la situation des femmes, etc.

A partir de 2004, GM a réalisé des études sur les entreprises à capitaux étrangers en Chine qui emploient des migrants particulièrement exploités.

En 2007, GM s'est intéressé au cas d'un ouvrier victime d'une intoxication en travaillant dans une usine Gold Peak où tous les ouvriers sont des mingong. Cette entreprise dont le siège est à Hong-Kong, fabrique des piles électriques a des usines à Hong-Kong et Taïwan. Ses dirigeants connaissent donc la réglementation internationale et par conséquent les règles à respecter en Chine continentale. Dans cette entreprise, 700 ouvrier(e)s ont été intoxiqué(e)s par le cadmium, un produit cancérigène. En fait, il est possible de produire ces piles d'une façon sure, mais les procédures prévues n'ont pas été respectées.

L'intervention de GM a été un succès : les autorités locales ont été contraintes de recevoir les travailleurs/euses et de faire des compromis. Quelque soit la qualité du travail de GM, l'essentiel, repose sur le fait que les travailleurs se prennent en main et agissent. Les travailleurs/euses de Gold Peak étaient déterminé(e)s à se battre et GM n'a fait que leur fournir une aide. GM s'est également intéressé à d'autres entreprises à capitaux danois, allemands et taïwanais. Elle mène une enquête sur le groupe français Louis Vuitton.

En tant qu'association de Hong-Kong, GM peut avoir un rôle très spécifique, car Hong-Kong est rattaché au territoire chinois depuis 1997. La République populaire de Chine avait promis "un pays, deux systèmes". Le système capitaliste a donc été maintenu à Hong-Kong, avec les libertés qui existaient du temps de la colonisation britannique. Depuis le mouvement de la place Tien-An-men en 1989, les autorités chinoises ont tendance à considérer qu'Hong-Kong est un réservoir de militants. GM a l'avantage de pouvoir intervenir auprès des sièges d'entreprises ayant investi sur le continent et utiliser les média. Cela permet de contraindre les compagnies à faire des compromis.

Globalization Monitor ne fait pas de différence entre les patrons quelque soit l'origine de leurs capitaux. Souvent, dans les entreprises appartenant entièrement à des Chinois du continent, les ouvriers sont encore plus exploités. Des organisations s'occupant de défendre les migrants existent sur place. Elles cherchent à discuter avec les patrons, et lorsque cela ne débouche pas, elles agissent en justice contre les patrons et les autorités locales.

En tant qu'organisation de Hong-Kong, GM est considérée comme "extérieure". Sa stratégie est donc forcément différente : GM intervient surtout par rapport aux entreprises à capitaux étrangers et en particulier les multinationales.

Un des objectifs de GM est de mettre en place des liens internationaux, parce que ces problèmes concernent les travailleurs du monde entier.

GM cherche à avoir des relations internationales avec toutes sortes d'associations, de syndicats, ainsi qu'avec le Bureau international du travail (BIT). GM a bien sûr des relations privilégiées avec des syndicats de Hong-Kong. GM était venu l'an dernier en France à l'invitation de l'association Peuples Solidaires qui a fait circuler des informations sur les cas sur lesquels GM intervient.

 

Labour Watch (Taïwan)

Le travail essentiel de Labour Watch[8] est d'essayer de créer des liens entre les travailleurs de Chine continentale et ceux de Taïwan pour qu'ils communiquent et agissent ensemble. Taïwan est le premier investisseur étranger en Chine continentale. Cela n'apparait pas dans les statistiques, car beaucoup d'investisseurs taïwanais passent par Hong-Kong afin de contourner les restrictions qui leur sont imposées. Des liens étroits existent entre les capitalistes de Taïwan et les autorités locales de Chine continentale, car les investisseurs taïwanais créent beaucoup d'emplois.

Certaines entreprises de Taïwan sont totalement intégrées à la Chine continentale : au moment des Jeux olympiques, elles ont demandé à être considérées comme des entreprises chinoises. Et comme les autorités locales veulent les attirer, elles leur ont accordé ce statut et les avantages que cela procure.

De nombreux problèmes existent entre travailleurs et capitalistes taïwanais. Des petites entreprises taïwanaises peuvent devenir très grosses en Chine, car la main d'œuvre est très bon marché. Certaines deviennent même des multinationales. En 2008, parmi les entreprises étrangères installées en Chine continentale, 5 des 10 plus grands exportateurs étaient à capitaux taïwanais.

L'entreprise Foxconn qui produit notamment des ordinateurs et des Iphone pour Apple emploie par exemple plus de  600 000 salariés. Pour accéder à une de ses implantations, Foxconn dispose même de sa propre sortie d'autoroute !

Des multinationales comme Dell, HP et Fujitsu utilisent des Taïwanais pour intervenir en Chine continentale. Leur rôle est de faire baisser au maximum le prix de la  main d'œuvre.

Dans les usine taïwanaises du continent, le personnel subit fréquemment des insultes et des coups. Un ouvrier de Foxconn soupçonné d'avoir volé un Iphone a été battu pendant son interrogatoire et s'est suicidé en se jetant du 12° étage.

Un travailleur qui avait perdu une main dans un accident du travail, deux semaines après son embauche, a essayé de discuter avec deux responsables taïwanais de son usine pour obtenir une compensation. La discussion a dérapé et il a tué les deux responsables. Les médias taïwanais se sont contentés de dire qu'un travailleur avait tué deux taïwanais ! Dans cette affaire, Labour Watch s'est efforcé de faire en sorte que l'ouvrier ne soit pas condamné à mort, et de faire comprendre aux ouvriers chinois et taïwanais qu'il s'agissait en fait d'un problème entre capitaliste et ouvrier.



[2]    On estime à plus de 100 millions le nombre de travailleurs migrants (environ 15 % de la population active), soit à peu près autant que la classe ouvrière traditionnelle. Cette dernière a été durement touchée par les privatisations qui se seraient accompagnées de 68 millions suppressions d'emplois entre 1995 et 2004. Voir notamment la Revue internationale de Solidaires n°3 p13 et Marie-Claire Bergère, Capitalismes et capitalistes en Chine p251.

[3]             Concernant l'ACFTU, voir le n°3 de la Revue internationale de Solidaires p17 http://pagesperso-orange.fr/orta/solidint/chine/syndicats.htm ).

[4]             Voir notamment : le site de Tongxin Migrant labour school www.tongxin.org.cn 

                de la musique et des photos : blog.sina.com.cn/liudongxinsheng  www.dagongwenhua.org.cn   daheng126.blog.163.com

                et le site du New Worker Art Group www.dashengchang.org.cn

[6]               Voir notamment le n°3 de la Revue internationale de Solidaires p 51

[7]               Globalization Monitor  www.globalmon.org.hk/en

                Des documents sur l'action de Globalization Monitor sont disponibles dans le n°3 de la Revue internationale de Solidaires, voir notamment : http://pagesperso-orange.fr/orta/solidint/chine/secteur-public.htm et http://pagesperso-orange.fr/orta/solidint/chine/loong-yu.htm

[8]    Labour watch – Taïwan www.labourwatchtw.blogspot.com

Par JEAN EMARE
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Lundi 5 octobre 2009

       EDF croise ses actifs avec d’autres groupes, et revend son réseau de distribution au royaume uni.

 

 Pendant que le « futur nouveau président » étend sa toile, liant une entreprise publique à des intérêts privés, mélangeant déjà l’intérêt personnel et l’intérêt collectif, participant à la concentration de l’économie entre quelques mains, avec l’aide active du plus haut niveau de l’état, EDF croise ses actifs avec d’autres groupes, et revend son réseau de distribution au royaume uni (qui est un actif solide) pour réduire une « colossale dette » faite d’actifs, obsolètes, surpayés, comme british energy et constellation. Nous assistons en grand à la dilapidation d’un patrimoine public, et à la fin des entreprises EDF et GDF, offertes par le pouvoir politique au patronat de l’eau, et aux copains.


Pendant que la cour grouille, des centaines de procédures disciplinaires se tiennent, avec pour certaines, la volonté de la direction de licencier. Tous ces hommes qui se sont levés au printemps, sont des résistants à la dictature de la cupidité, des résistants à la dictature idéologique et à la destruction des services publics, ils devraient être félicités et les dirigeants mis en procès.
Pour tenter d’endiguer une révolte qui couve, nos dirigeants veulent faire peur.
La peur, les sanctions, n’ont jamais empêché les hommes de lever « haut et fort » l’étendard des libertés et des valeurs de progrès.

Chaque jour qui passe nous montre la réalité d’un système de classe et d’exploitation.
Pendant que les banques, qui se sont refaites avec l’argent public, remboursent l’état au cours le plus bas (l’état est rentré chez BNP, au plus fort de la crise alors que l’action s’était effondrée à 27,24, aujourd’hui elle vaut 58, 20 et il est remboursé non pas au cours d’aujourd’hui mais au cours d’achat).  On estime le manque pour l’état à hauteur de 12 milliards d’Euros. Intéressant alors que la dette flambe et que d’un côté on fait les fonds de tiroirs : là en supprimant des milliers d’enseignants, là des infirmières, là en fermant des postes, là en augmentant le forfait hospitalier, là par le déremboursement des médicaments, là en fiscalisant encore plus les indemnités de départ à la retraite, là par l’augmentation des impôts locaux et fonciers, là par l’instauration de nouvelles taxes etc…

Et de l’autre en maintenant le bouclier fiscal, les niches fiscales qui permettent aux foyers les plus riches de ne pas payer d’impôts (70 milliards d’euros par an) et en réfléchissant sur une « éventuelle… possibilité…. peut être…. à méditer...de taxer les retraites chapeaux des patrons, les stocks options etc... Rien à craindre pour ces derniers, le temps que le gouvernement réfléchisse, blablate sur la moralisation du capitalisme, les classes moyennes se seront effondrées, et pendant que l’on propose le RSA pour les jeunes on pousse les plus vieux à rester au boulot. Ce monde là n’a pas d’avenir.

 

Nous soutenons tous nos collègues concernés par ces procédures et nous demandons la levée de toutes les sanctions.

        SUD ENERGIE BUGEY
sudenergiebugey@laposte.net                            
    

Par JEAN EMARE
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Dimanche 4 octobre 2009
la lutte des ouvrières et des  ouvriers de Kraft Argentine en lutte contre les licenciements et la  répression policière !
 
Depuis le 18 août les 2.600 ouvriers de Kraft Foods Argentine luttent contre  le licenciement de 160 travailleurs par la direction de l’entreprise. Kraft  Foods Corporation est la seconde multinationale du secteur agroalimentaire au  monde derrière Nestlé et la première aux États-Unis. L’usine de General  Pacheco, dans la banlieue Nord de Buenos Aires, est la principale usine  agroalimentaire d’Argentine, une des plus importantes du cordon industriel  de la périphérie Nord de la capitale.

Kraft Foods Argentine essaie de se  débarrasser par le biais de ces licenciements des syndicalistes combatifs  qui, au sein de l’usine, mènent un combat très dur en défense de la  dignité et des droits des travailleurs.
 
Vendredi 25 septembre, au 38ème jour de grève, les forces de répression  sont intervenues pour déloger les ouvriers qui occupaient l’usine et  réprimer ceux qui manifestaient à l’extérieur, arrêtant 60
 travailleurs. C’est à coups de charges de la police montée et avec des
 brigades de chiens de combas que la police de Buenos Aires a mené cette  opération d’une extrême violence. La répression, ordonnée par le  gouvernement Kirchner en appui à la multinationale Kraft Foods souligne  l’importance de faire parvenir aux travailleurs en lutte toute notre  solidarité.
 
Il s'agit du plus important conflit ouvrier en Argentine depuis plusieurs
 années. Pour plus d'informations sur la lutte, cf. notamment le site du PTS  (www.pts.org.ar) et celui de sa télévision par Internet :www.tvpts.tv
 
Par JEAN EMARE
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Samedi 3 octobre 2009


www.fondation-copernic.org

Si vous ne souhaitez plus recevoir la lettre d'information de la Fondation Copernic, cliquez ici :
http://www.fondation-copernic.org/souscrire.html

Nous avons besoin de votre soutien : adhérez !



 

 

Campagne : "Travailler tue en toute impunité : pour combien de temps encore ?"


Signer l'appel : http://www.fondation-copernic.org/petition/index.php?petition=3


Quand travailler devient insupportable

– témoignage no 7.


 



On entend sans cesse les chefs d’entreprises, les banquiers, les économistes d’entreprises, les experts autorisés. Et sont rarement publiées, les paroles ordinaires des personnes ordinaires. Celles de nous tous ! Les entretiens réalisés par Elsa Fayner montrent le travail « dans tous ses états », en laissant s’exprimer ceux qui l’accomplissent. Voir son blog extrêmement utile : http://voila-le-travail.fr/. Chaque semaine, un nouveau témoignage, un nouvel éclairage sur ce qu’est travailler. Souvent pour rien. Souvent dans des conditions insupportables.

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Aline (1) travaille chez France Télécom depuis 10 ans. Elle n’est pas fonctionnaire mais en CDI, et a assisté aux grandes mutations de la société.

Corinne (1), 38 ans, dirige un magasin de prêt-à-porter. Et, dans sa ville, on ne travaille pas le dimanche.


Témoignage recueilli par Elsa Fayner (
http://voila-le-travail.fr/2009/09/20/orange-une-serie-de-petits-details-insidieux-repetes-de-petits-harcelements/)


    J’ai commencé comme conseillère de clientèle de niveau 2, je répondais aux clients qui appelaient le 10 14. C’était vraiment simple. On me demandait une facture détaillée, un signal d’appel ou, dans le pire des cas, une messagerie vocale. En 2000, l’ADSL est arrivé, puis la télé, et le dual play. Il a fallu se former, pour connaître deux univers -le fixe et l’internet-, endosser une double casquette, sans que le salaire ni le contrat de travail ne soient modifiés. Mais, si nous atteignions ou dépassions nos objectifs, nous pouvions gagner de 300 à 700 euros de primes. Ca a suscité une vive compétition entre nous. Et de plus en plus de ventes forcées aux clients.
    En 2006, c’est trois univers qu’il a fallu gérer, avec le téléphone mobile. Je suis devenue agent de maîtrise, je gagne 50 euros net par mois en plus. Parallèlement, les primes se sont effondrées
.

Des objectifs contradictoires

    Car les critères d’évaluation se sont corsés. Il ne suffit plus d’atteindre les objectifs de vente, il faut en plus prendre un certain nombre d’appels minimum par heure, et ne pas faire durer les coups de fil plus d’un certain temps. Or, quand on fait une vente, il faut la traiter, ce qui prend du temps, et ce qui fait que nous passons un peu moins d’appels par heure. Autrement dit, les deux demandes –vendre et passer beaucoup d’appels- sont totalement contradictoires ! Du coup, ils ont tenté de nous motiver en nous infantilisant, en nous faisant gagner des tickets à gratter, et des bons d’achat. Certains lundis, aussi, c’est La journée du sourire. Il faut venir avec son tee-shirt Orange et prendre le plus d’appels possible, en étant le plus complet possible dans les explications pour éviter que le client ait à rappeler. Ca fait partie des critères pour évaluer la satisfaction des clients, un grand enjeu chez Orange.
   
Des critères d’évaluation déconnectés

    Un autre critère, c’est de demander en fin de conversation si le client est satisfait de notre entretien. Moi, je gère des gros clients qui appellent quand ils sont furieux, donc j’évite de leur demander s’ils sont ‘’satisfaits’’. Pourtant, ça m’est reproché à chaque ‘’debrief’’, à chaque fois que mon responsable écoute mes appels depuis son téléphone. On me reproche aussi de passer trop de temps avec les clients, d’être ‘’redondante dans les explications’’. Pourtant, j’essaie de bien leur expliquer des offres parfois complexes et beaucoup me remercient à la fin, disant qu’ils ont enfin compris. Mais, ça, ça n’entre pas dans la mesure de la satisfaction.
    Ca fait cinq ans environ qu’on nous évalue sur des critères qui ne sont plus le reflet de la réalité. Il faut par exemple maintenant lire à la lettre les scripts qui défilent à l’écran et à asséner aux clients, tout en le personnalisant, ce qui est complètement schizophrène. Mais, désormais, on nous juge là-dessus.
  
 Une déshumanisation des relations

    Ca devient difficile à comprendre, et ça démotive. Comme le fait de ne plus avoir de bureau, de devoir prendre celui qui est libre, et de tout ranger en partant. Avant, j’affichais mes offres au mur, ça me permettait d’être plus efficace dans mes réponses. Mais, maintenant, il ne faut plus de papiers, il ne faut plus de photos des enfants. Et, dans les nouvelles marguerites, on ne voit même plus ses voisins.
    De même, régulièrement, on nous change de service du jour au lendemain sans nous demander notre avis. Et on casse les équipes qui s’entendent bien, dans lesquelles la synergie est bonne, permet l’émulation. C’est pourtant ce que recherche l’encadrement… Mais ‘’il faut que ça tourne’’, il paraît que nous prenons rapidement de mauvaises habitudes.
    Et, en cas de question relatives aux ressources humaines, depuis quelques années, il faut appeler un numéro vert. D’abord, un service vocal interactif vous répond, et vous oriente vers un conseiller en fonction de votre demande. A chaque fois, il faut réexpliquer son histoire à un nouveau conseiller, qui n’a en plus qu’un pouvoir limité. C’est infernal. Alors qu’avant, sur chaque site se trouvait une personne qui assurait l’interface avec le DRH. Elle avait un bureau, on la connaissait et elle suivait nos dossiers
.
   
Des détails au suicide

    Depuis que les premiers suicides ont eu lieu, nous n’avons reçu aucune explication, aucun commentaire de la direction, contrairement aux cadres, qui ont reçu des beaux communiqués leur indiquant comment répondre à la clientèle et à leurs proches quand ceux-ci abordent le sujet. Là, on leur dit qu’Orange fait tout pour lutter contre le stress, que le travail ne peut être la cause d’un suicide, etc. Pour nous, rien. C’est à nous d’aller lire sur l’intranet les discours des responsables. Mais pas pendant notre temps de travail, hein. Alors nous en discutons entre nous. Certains suivent la ligne patronale : le travail n’est pas en cause, ces personnes étaient fragiles, il faut savoir se remettre en question. Les autres estiment qu’il faut essayer de comprendre, d’être plus attentifs les uns aux autres. Quand mon responsable parle de ‘’trend’’, maintenant je lui demande de traduire par exemple, pour que mes collègues ne soient pas larguées, et perdent un peu plus leurs repères.
    C’est un détail, mais qui entre dans une série de petits détails insidieux, répétés, de petits harcèlements : on vous parle dans une langue incompréhensible à base de ‘’KPI’’, de ‘’DMT’’ et de termes anglais, on vous soupçonne sans cesse de gruger, on vous fait remarquer la moindre minute de retard, quand vos résultats baissent on vient vous reprocher de ralentir tout le groupe, on vous change d’équipe et de site régulièrement, il faut à chaque fois réapprendre un métier, et totalement se réorganiser… C’est épuisant. Pour des personnes fragilisées, ça peut être la goutte d’eau de trop.

(1) Le prénom a été modifié, à la demande de l’intéressée.

Par JEAN EMARE
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Samedi 3 octobre 2009
Bonjour à tous !

Quelques nouvelles (mauvaises...) concernant les conseils de discipline.
La logique  répressive qui a dicté les procédures disciplinaires à
l’université Jean Monnet a malheureusement débouché sur des sanctions.
Malgré le large soutien de la communauté stéphanoise réprouvant ce type de méthode, les 9 étudiants convoqués se voient infliger des sanctions très lourdes, allant pour l'instant du blâme à 2 ans d’exclusion avec sursis (4 sanctions sur 9 connues à ce jour).


Le but inavoué de l’équipe présidentielle de l’UJM éclate maintenant au grand jour. Il s’agit d’étouffer toute volonté de contestation politique et ainsi d’éviter un nouveau mouvement social ! Bref, en termes politiquement corrects, de pacifier la rentrée et ce, quelque en soit le prix pour les étudiants grévistes concernés.

*Devant ces sanctions nous ne pouvons rester sans réaction !*


*Réunion de soutien, lundi 5 octobre à 18h30 à la bourse du travail de
Saint-Etienne !*


*Contre la répression la solidarité est une arme.*


*Ils ne nous feront pas taire !*



*Pour plus d'infos:
http://ujmenlutte-st-etienne.over-blog.com/article-36786255.html*



<
http://ujmenlutte-st-etienne.over-blog.com/article-36786255.html>*


*Le comité de soutien*

Par JEAN EMARE
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Jeudi 1 octobre 2009
VUE DANS FORUM

http://www.lyon-en-lignes.org/forum/index.php?topic=9588.msg129073#msg129073



Je vous préviens c'est long et fastidieux, mais impossible de faire plus court (6 pages sous Word) et désolé pour les fautes! Embarrass&eacute;

Rappel historique :

Le 26 juin 2008, 2 jours avant les vacances d’été, la direction d’entreprise, informe brutalement qu’elle n’appliquera plus les accords d’entreprises qui régissent la totalité de l’organisation du travail et les modalités de rémunération des salariés TCL.
Le choix de la date de dénonciation était déjà une déclaration de guerre en soi, et montrait la volonté de l’entreprise de se comporter comme ces patrons voyous qui profitent des vacances d’été pour déménager leurs usines.
Résultat, ce jour là, spontanément, plus de 800 agents TCL ont refusé de rouler, et se sont mis en Absence Injustifiée.

Début septembre 2008, l’entreprise propose un accord sur les modalités de négociation.
Il s’agissait de proposer comment se déroulerait, dans la forme, l’année de négociation qui s’annonçait. Cet accort a été signé par toutes les organisations syndicales sans exception. Elles souhaitaient participer légitiment aux débats sur la réorganisation du temps de travail et sur la rémunération. Elles sont mandatées par les salariés pour ça. Il faut savoir que pour une entreprise privée, Kéolis Lyon, a un de taux de syndicalisation plutôt élevé et que lors des élections professionnelles, le taux de participation dépasse toujours les 90%. Donc la légitimité des Organisations syndicales n’est pas à remettre en cause. Elles ont un mandat clair des salariés.

* La négociation a été découpée en 4 thèmes :

-   Le temps de travail
-   La rémunération
-   Les IRP (institution Représentative du Personnel) et représentativité Syndicale
-   Prévoyance et Mutuelle d’entreprise.


Le temps de travail :
Il s’agit de mettre en conformité les règles interne d’entreprise avec ce qu’on appelle le « décret Perben » (nom du ministre qui a transcrit en droit français une directive européenne sur les temps de travail, et de pause pour les transports).

Je simplifie.
6h de conduite = 20 minutes de pause obligatoire.
 L’entreprise dit les temps de retournement deviennent des temps de pause (donc 5 minutes à chaque terminus). Sauf que si on vous alloue 7 minutes (donc 5 de pause + 2  de battement pour récupérer un retard éventuel), et que vous arrivez avec 5 minutes de retard, on sait très bien que les CR repartiront à l’heure en ayant eu que 2 minutes de pause. Sauf que juridiquement, une pause ne peut être inférieure à 5 minutes, et qu’en cas d’accident, c’est le CR qui sera « hors la loi » puisqu’il n’aura pas pris son temps de pause obligatoire. Maintenant imaginez un CR en train de fumer sa clope au terminus devant des usagers  exaspérer d’entendre bip bip bip au poste de conduite et qui aurait le courage de prendre ses 5 minutes ! L’entreprise ne veut qu’une chose,  que les bus roulent un maximum. En scindant ce temps de pause, elle sait que plus de 60% des temps de pause (qu’elle à obligation de payer) ne seront pas pris. A l’échelle d’une année et de 2300 CR, l’économie est de taille et au seul détriment de la responsabilité pénale et civile du CR en cas d’accident.

Le décret Perben, c’est aussi 2 jours de repos obligatoire par semaine.
Soit 52 semaines x 2 jours  = 104 repos. Aujourd’hui, un CR n’en a que 98. Hé oui !!, Nous les privilégiés, nous travaillons, une semaine de plus par an que n’importe quel salarié.
L’objectif est de se mettre en conformité avec la loi. Soit ! Mais après il s’agit de la disposition des repos.
Ils peuvent être accolés (vendredi, samedi/ samedi dimanche / dimanche lundi) ou séparés (samedi et lundi, samedi et mardi, etc…)
La différence est de taille, car si les repos sont séparés, et qu’il y a moins de 5 jours entre 2 repos, l’amplitude de travail peut aller jusqu’à 13 heures par jour. S’ils sont accolés, on aura forcement des périodes de 6 jours travaillés sans repos, et  alors l’amplitude bascule à 11 heures. Donc la négociation consisterait à définir le cota de jour de repos accolé et séparé. L’entreprise refuse et s’oriente vers le maximum de repos séparé. Elle a présenté des simulations de service au mois de juin aux conducteurs de bus, où plus de 60 % des services dépassaient 10 heures d’amplitude, dont 40 % plus de 12 heures.
Concrètement ça veut dire quoi ? Que demain un CR pourra travailler de 4 heures du matin jusqu’à 7 heures, reviendra de 11 heures à 13 heures, puis de 15 à 17 heures.
Amplitude de 13 heures payée 7 heures.
L’entreprise veut mettre totalement à disposition les CR, comme des machines, sans tenir compte du fait qu’ils peuvent avoir une vie de famille, une vie sociale, etc.
Bien évidement tout ceci existe déjà, mais était encadré et limité par les accords existants. Si l’entreprise acceptait de négocié, on pourrait, tout en appliquant, le décret Perben prendre en compte les facteurs humains dans l’organisation du temps de travail.

Autre problème, dont vous avez peut-être lu dans le progrès, le compte mémoire.
Quand on postule aux TCL on nous prévient, que l’on travaillera le samedi, le dimanche, les jours fériés, les vacances etc… ok, et c’est accepté par les salariés. Mais pour compenser ces désagréments, il y a des compensations (accord d’entreprise ou convention collective locale)
1 samedi travaillé « rapporte »  33%  d’une valeur de journée sur un compte mémoire, un dimanche 75% (et non 100% comme le revendique Sarko). Ce cumul de temps représente entre 20 et 22 jours  en cumulé par an par CR. Ce cumul pouvait être soit payé, soit posé sous forme de journée à la discrétion du salarié demandeur, et après accord de l’entreprise.
Cette souplesse permettait à ceux qui ont une famille, de compenser le fait de travailler un dimanche, par l’obtention d’un jour de repos pour être avec leurs enfants à un autre moment.
L’entreprise n’en veut plus et refuse maintenant que ce compte mémoire offre la possibilité d’avoir des jours de repos. Elle veut donc imposer 20 jours de travail supplémentaires à tous les conducteurs par an, sans aucune compensation sur le salaire. Ces 20 journées devraient être au minima payées en HS, puisque dépassant les 35 heures. S’il y avait négociation on aurait put mettre le niveau de jours à récupérer à 10 par exemple ( au lieu de 20). Et bien non, l’entreprise refuse toute négociation sur ce sujet, et veut passer en force. Sauf, que c’est un  des points d’achoppement de la part des CR,  et qui galvanise la haine contre ce projet.

Qui accepterait de travailler 20 jours de plus par an, sans aucune contrepartie sur son salaire ?

Quant aux jours fériés, si on travaillait, ils nous étaient comptabilisés aussi sur un compte mémoire et ils nous étaient redonnés plus tard quand on le souhaitait, ou bien payé si le salarié en faisait la demande. Il y a 11 jours  fériés en France. Keolis n’en trouve que 10 et n’en accepte que 7 au maximum  sous forme de repos. Elle veut en imposer 3 travaillés et payés au taux normal sans aucune compensation.

Donc en conclusion sur le temps de travail : mis à disposition totale des salariés. Travail toute l’année sans tenir compte des spécificités (WE, jours férié), amplitudes travail démesurées qui ne peuvent que faire de la casse au niveau personnel et familial à terme.

Je passe sur d’autre aspect très compliqué genre temps de repos entre deux vacations etc.
… On frise le retour au début du 20ème  siècle, les congés d’été, etc.

La rémunération

Alors là, bonjour la désinformation des médias .

L’entreprise voulait annualiser le temps de travail. Rien de bien particulier là dedans, sauf que ça lui permettait de ne plus payée les HS, sauf après un décompte très compliqué en fin d’année. Aucun syndicat n’ayant signé cette proposition d’accord, la loi s’applique dans toute sa rigueur et ce sont des cycles de 12 semaines qui seront mis en application pour le calcul des HS. A la grande fureur de l’entreprise qui voit ici, son espoir de ne pas payer les HS, disparaître en partie.

Avant, les accords faisaient qu’une HS (heure supplémentaire) effectuée un mois donné était rémunérée le mois suivant. Demain il faudra attendre la fin du cycle de 12 semaines, déduire de temps de travail effectif, les arrêts maladie, les retards, les absences éventuelles etc.. Pour savoir si les heures supplémentaires seront payées à 25%.
En parallèle, l’entreprise a rédigé un nouveau règlement intérieur précisant qu’un CR n’ayant pas de relève à l’obligation de continuer son service, sans quoi il commet une faute passible d’un conseil de discipline et d’un licenciement pour faute professionnelle. Sauf que s’il continu son service, il se retrouve en HS, mais que l’entreprise n’a plus l’obligation de les lui payée comme telle. Avant ce n’était pas le cas, on continuait notre service et on était rémunéré en conséquence. L’entreprise verrouille tout le dispositif pour économiser sur les salaires et que les salariés n’aient aucun recours possible, en cas de litige. On ne pourra pas refuser de faire des heures supplémentaires qui ne seront jamais payée comme telle, sans risquer d’être licencié pour faute professionnelle.

Il existe aussi les RD (repos décalé) je suis de repos dimanche, l’entreprise est en sous-effectif ce jour là. J’accepte de travailler, mais elle doit me rendre mon repos sous 5 jours. La loi est claire et sans équivoque sur ce sujet.
Avant je faisais mon RD, j’avais les 75% et les heures en payées en HS (parce que l’entreprise était hors la loi et les payaient plutôt que rendre les repos, ce qui arrangeaient, il faut le reconnaître, les CR). Demain, l’entreprise reste hors la loi (comme quoi elle ne prend que ce qui l’arrange), pourra imposer un RD, mais n’aura plus l’obligation de le payer en HS et je ne pourrais plus récupérer mes 75% sous forme de repos ultérieurement, puisqu’elle refuse (voir compte mémoire et les 20 jours de travail de plus par an). Donc je me verrai travailler le dimanche (en plus de mes jours de travail déjà programmé) uniquement pour l’intérêt de l’entreprise sans aucune forme de compensation.

Maintenant le fameux 14ème  mois !!!!

Piouff !!et pourquoi pas 15, 16 ou 17 pendant qu’on y est ?

Ce 14ème qui apparaît dans les revendications des OS, n’est pas un mois de salaire supplémentaire. Il se substitut à la prime de vacance qui existe déjà et qui représente 75 à 80 % d’un mois de salaire les 20 % restant étant la part des bénéfices que fait l’entreprise et qui sont revendiqué par les salariés. Pourquoi seuls les cadres et les actionnaires auraient droit au bénéfice de l’entreprise ?
Si ce 14ème mois était réellement mis en place, il ne coûterait rien au sytral, ni aux contribuables lyonnais, mais remplacerait une prime existante et permettrait aux salariés de toucher leur part des bénéfices de l’entreprise que se réservent cadres et actionnaires.

Les deux derniers thèmes sont en cours (IRP et prévoyance)

Concernant la représentativité des OS, il s’agit simplement d’appliquer la nouvelle loi. Un syndicat doit faire 10% des suffrages exprimés aux élections professionnelles (CE et DP) pour être représentative et pouvoir signer des accords ou les dénoncer. La nouvelle ne modifie pas la situation actuelle, dans la mesure où toutes les organisations syndicales font plus de 10%.
 Concernant le Comité d’entreprise, RAS
Les DP, ils veulent les décentraliser
Concernant le CHSCT (Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail), il serait remplacé par 4 CHSCT (1 bus, 1 modes-lourds, 1 service technique et 1 « autre » (apic, administratif) )
Le problème sur les CHSCT, c’est que le code du travail oblige l’entreprise à coordonner les 4 CHSCT, mais que manifestement elle n’en pas envie. Tout ça va finir au tribunal.
Il faut quand même savoir que le CHSCT participe à la politique de prévention des accidents du travail, et que plus de 10% des salariés des TCL sont, tous les ans, victimes d’un accident du travail. Les chiffres ne cessent de se dégrader depuis 3 ou 4 ans. L’ére Tabary aura été la plus catastrophique en terme de nombre d’AT. Tous les moyens dédiés à la prévention des AT sont en recul, et l’état sanitaire de la population salarié se dégrade fortement aux TCL. Dans son projet de réorganisation des CHSCT, l’entreprise veut limiter la sphère d’influence de cette IRP, qui est une entité morale et qui a les moyens de contraindre l’entreprise. En effet de nombreuse jurisprudence de cassation, interdisent aux entreprises de mettre en œuvre leurs projets, sans un avis favorable de ce comité. Ce n’est pas le cas des CE qui ne sont que consultatif.

Voilà, j’ai fait court pour une fois, et je n’ai abordé que 1% des sujets relatifs à la dénonciation de notre convention collective locale.

Ou en est-on aujourd’hui ?
Les deux premier thème (temps de travail et rémunération) ont été décidé unilatéralement par Tabary. L’entreprise refuse tout forme de dialogue sur ces deux thèmes.
Pour contraindre l’entreprise à revoir sa position, les syndicats ont déposer une notification pouvant déboucher sur une grève début septembre 2009. La direction  a organisé les réunions obligatoires mais à refuser de discuter. J’ai personnellement assisté à une de ces réunions et c’est hallucinant comme la direction est méprisante. 9 heures tout le monde arrive. 9h05 la direction expose ses idées.9h10 elle quitte la salle sans prévenir et sans qu’on ai pu poser une question. 9h30 les syndicats partent faute de partenaire de jeux. Et l’après midi, tabary fait un communiqué de presse repris par les médias disant que les syndicat ont refusé le dialogue et ont quitté la réunion. Ces communiqués de presse sont mensongers, mais on été repris dans tous les médias, sans qu’aucun ne se pose la question de la réalité du contenu étant donnée que c’était parole contre parole. Vous pouvez imaginer notre colère fasse à une telle situation et une telle désinformation.
Depuis 1 an , systématiquement , l’entreprise est arrivée en réunion en disant. Voilà ce que l’on a décidé. Vous devez signer en bas le page. On ne modifiera absolument rien !
Les salarié TCL ne conçoivent pas le dialogue et la négociation de cette manière.
Il n’y a jamais eu la moindre amorce de dialogue de la part de la direction depuis 1 an. Et c’est moi,  témoin participant  qui l’écrit et l’affirme !
En l’absence de résultat , la grève a donc débuté le 24 septembre 2009 à 5heures.
Elle est reconductible tout les jours.
Nous avons demandé la nomination d’un médiateur à Gérard Collomb, qui nous a toujours pas officiellement répondu, mais qui officieusement a dit,  « la grève aux TCL n’est pas mon problème ».
Le lendemain on a été reçu par le directeur de cabinet du préfet pour que le gouvernement nomme un médiateur, faute de réaction de la mairie de Lyon. On attend la réponse.
Le rôle de ce médiateur serait d’assister aux réunions et d’acter bonne foi des salariés. Tabary ne le souhaite pas car l’absence de dialogue de sa part deviendrait alors officielle et la direction porterait seule  la responsabilité de ce conflit. Pour l’instant elle joue sur du velours car elle a le soutient de Rivalta, l’indifférence de Collomb et elle parie sur l’essoufflement du mouvement faute de ressource financière suffisante des salariés pour tenir assez longtemps.

De mémoire de traminot, et de salarié du privé, je n’ai jamais vécu un tel mépris de la part d’une direction. C’est la première fois que je constate une telle haine (j’ai volontairement choisi ce mot) de la part des traminots contre les cadres de l’entreprise.
On frise l’enlisement et le durcissement du conflit augmente tout les jours Il y a un noyau dur de salariés convaincus et déterminés qui est près à en découdre quel qu’en soit le prix.
Il faut savoir que tous les matin, les huissiers de justice sont devant les dépôt et prennent photos et notes pour acter le moindre geste et propos des grévistes, l’entreprise plutôt que de négocier attend patiemment de pouvoir traduire un salarié exaspéré par cette situation devant un tribunal et dire « regardez, on vous l’avait dit , tous des voyous ! »

Le service minimum annoncé est évidemment faux, puisque  nombre de bus sont bloqués par les gréviste dans les dépôts, le matin entre 6 heures et 9 heures malgré la menace de poursuites pénales.

 Concrètement quelles sont les revendications ?

- Maintien d’une partie du compte mémoire pour pouvoir maintenir un équilibre entre travail et vie privée (en raison de la spécificité des TCL)
- Maintien des date de congé d’été en juillet août pour que ceux qui partent en vacance en famille ne se retrouve  pas seul à la maison en juin ou septembre et au travail quand leur famille et en vacance
-Maintien de la grille d’ancienneté et des coefficients (salaire)
-Maintien des régles de mobilité sur l’agglo telles qu’elle existaient avant
-De nouvelles négociations en reprenant tout depuis le départ avec la présence d’un médiateur indépendant
-Et accessoirement, la démission du DG qui joue le pourrissement du conflit et jette de l’huile sur le feu tous les jours, via le progrès et TLM. De toute façon son départ est programmé courant 2010, alors qu’il parte avec quelques mois d’avance et ça permettra de faire descendre d’un cran la tension actuelle.
Toutes les revendications, s’inscrivent dans le cadre de l’enveloppe budgétaire du sytral actuelle et ne coûtent absolument pas un centime de plus aux contribuables Lyonnais.
Nous ne demandons rien de nouveau, simplement le maintien d’un certains nombres de règle qui régissaient le subtil équilibre social de cette entreprise complexe.

Dernières précisions
1)   le progrès a écrit que des dégradations ont été faites au siège social de l’entreprise. C’est faux J’étais présent. Encore un intox non vérifié de la part de Tabary. Seul 2 œufs ont été jeté à l’intérieur et une plante verte arraché dans un pot de fleur. Tout le reste n’est qu’élucubration.
2)   Les gréviste n’ont pas agressé de passant comme ça a été rapporté par le progrès. La aussi j’étais sur place. Une femme a insulté des manifestants et ceux-ci ont jeté, à terre, devant elle, deux œufs  en réponse à ses insultes. Rien d’autre.
3)   Tabary revendique lui même l’économie de 8 millions d’euros sur la masse salariale grâce à ces décisions unilatérales d’entreprise. Ces 8 millions sont destinés à Kéolis et ces actionnaires. Tout ça sur le dos uniquement des salariés.

Voilà, c’était long, mais c’est le « minimum syndicale » pour rétablir un peu de vérité sur ce conflit, qui devrait se durcir et durer.
Par JEAN EMARE
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Samedi 26 septembre 2009



Ce mercredi 23 septembre, Jean-François Copé, président du groupe UMP à
l’assemblée nationale, annonce qu’il vient d’acter avec Eric Woerth,
Ministre du budget, des comptes publics, de la fonction publique et de
la réforme de l'État, la fiscalisation à l’impôt sur le revenu des
indemnités journalières versées par la Sécurité sociale aux salariés
suite à un accident du travail.



De quoi s’agit-il ? Cette indemnité (qui n’est pas un salaire) est
versée aux salariés par la branche AT/MP de l’assurance maladie en cas
d'arrêt de travail suite à un accident du travail. Pendant les 28
premiers jours d'arrêt de travail, l'indemnité journalière est égale à
60 % du salaire journalier de base, puis elle passe à 80 %.  Fiscaliser
ces sommes, comme le souhaitent les parlementaires UMP avec le soutien
du gouvernement, reviendrait à les considérer comme un revenu.



Or ces sommes ne sont ni plus ni moins qu’une indemnité réparatrice d’un préjudice subi, préjudice qui met le salarié dans l’incapacité totale,  pour une durée plus ou moins longue, de subvenir par lui-même à ces besoins essentiels. De plus, cette réparation est loin d’être totale et  satisfaisante et ne couvre en aucun cas l’ensemble des préjudices subis.



A ce compte là, et en poursuivant la même logique, il faudra bientôt
imposer les indemnités de licenciement versées dans le cadre d'un plan social ou les dommages et intérêts obtenus par les victimes devant la justice ! A moins qu’il ne faille inviter tous les salariés victimes d’un accident du travail à demander réparation devant un tribunal.



Nos parlementaires et ministres devraient, plutôt que de venir avec
indécence racler les poches des victimes, se pencher sur les raisons et les causes de l’augmentation importante du nombre d’accidents du travail et de maladies professionnelles.



Pour l’Union syndicale Solidaires, une indemnité réparatrice ne peut en aucun cas être assimilé à un salaire et encore moins être assimilée à une niche fiscale. La majorité et le gouvernement montrent chaque jour un peu plus leur volonté de faire les poches des salariés. Après les malades, c’est le tour des victimes du travail, dont le nombre s’accroit avec la crise. Là comme ailleurs, ce n’est pas à nous de payer leur crise !

Par JEAN EMARE
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