NOUVEAU PARTI ANTICAPITALISTE

Vendredi 6 novembre 2009

Après le vote des députés, les sénateurs vont entamer l’examen d’un projet de loi entérinant de nouvelles régressions des droits à l’assurance maladie.

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2010, voté à l’Assemblée nationale, sera débattu au Sénat en novembre. Le gouvernement prétend lutter « contre le déficit par des mesures de redressement » et « contre les fraudes pour continuer à rendre le système plus juste. »1.

Le projet de loi prévoit une taxation ridicule des revenus du capital et d’importantes mesures au détriment des assurés sociaux dans toutes les branches de la Sécu.
Maladie. Le forfait hospitalier, non remboursable par la Sécu, augmente de 16 à 18 euros. Conséquence : les mutuelles augmenteront à nouveau leurs tarifs.
Une centaine de médicaments classés dans la catégorie « service médical rendu modéré ou faible » seront remboursés à 15 % au lieu de 35 %. La Mutualité française envisage de ne pas les rembourser expliquant que, soit un médicament est efficace et il doit être remboursé, soit il est inefficace et ne doit pas être remboursé. Mais alors pourquoi le produire ?
La Sécu doit payer la moitié du coût des vaccins contre la grippe achetés par l’État dans la plus totale opacité, sans que soit garantie la nécessaire indépendance des expertises et en exonérant à l’avance les laboratoires de toute responsabilité. Une aubaine de près d’un milliard d’euros pour ces labos !
Hôpital. L’installation des Agences régionales de santé, chargées notamment de restructurer le paysage hospitalier sera financée par le budget de la branche maladie. L’objectif fixé aux hôpitaux est « d’améliorer leur performance » sous l’égide d’une nouvelle Agence nationale pour la performance hospitalière. En clair, toujours plus de fermetures de services, d’hôpitaux, de suppressions de postes. Il est aussi créé un Fonds de performance de la Sécurité sociale pour sa « modernisation » !
Retraites. La majoration de deux années de cotisations par enfant, accordée aux mères salariées du privé est réduite à un an. La 2e année peut être partagée avec le père sur décision commune des parents. Cette mesure prise sous couvert d’égalité homme-femme ne règle en rien les inégalités profondes : l’écart salarial est de 27 % au détriment des femmes.
Famille. Un seul mode de garde des enfants « doit être privilégié »1: les assistantes maternelles. Rien n’est envisagé pour les crèches. Les jardins d’éveil devraient se développer, au détriment des écoles maternelles.
Contrôle social. La mission première de la Sécu n’est plus de servir des prestations : « La lutte contre les fraudes est devenue un objectif prioritaire de l’action des caisses de sécurité sociale »1. Démagogie ! Le fraudeur c’est l’État ! Il pille la Sécu en accordant des milliards d’exonérations de cotisations aux patrons et il s’indigne du déficit qu’il a créé !
Si un malade arrêté ne reprend pas le travail à la suite d’une visite d’un médecin diligenté par l’employeur, il perdra le bénéfice des indemnités journalières de la Sécu. Cette disposition sera étendue aux fonctionnaires, le contrôle de leurs arrêts de travail est transféré aux Caisses primaires d’assurance maladie.
Les médecins désignés comme « surprescripteurs » devront soumettre leurs prescriptions à la validation des Caisses.
Les échanges de fichiers2 sont autorisés entre les Caisses d’allocations familiales et l’administration des impôts.
Le gouvernement a annoncé la suite : débats sur le financement de la Sécu et sur la retraite par points début 2010. Il ne faut pas attendre ! Il faut stopper la casse !
Stéphane Bernard

1. Dossier de presse ministériel
2. Un décret du 28 octobre 2009 crée une interconnexion des fichiers des caisses vieillesse et maladie avec ceux des impôts.

Par JEAN EMARE
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Vendredi 6 novembre 2009

Le système de lutte contre la déforestation qui doit être mis en place à Copenhague causera un remplacement des forêts par des plantations et leur privatisation au détriment des populations indigènes.

La conférence de Copenhague sur le climat, en décembre, s’annonce comme le rendez-vous de tous les dangers. Parmi les enjeux figure la mise en place d’un mécanisme de réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts – appelé REDD – qui fait l’objet d’âpres négociations dans un contexte où la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre est proclamée par tous et où chaque pays essaie d’échapper le plus possible à ses obligations.

De quoi s’agit-il? De comptabiliser au titre des réductions d’émissions la part correspondant à une réduction de la déforestation. La déforestation a un effet considérable sur le réchauffement climatique (20%), réduisant le stock de carbone piégé par les forêts et en dissipant par la combustion du bois. La déforestation donnerait lieu à l’octroi de crédits carbone pouvant être utilisés pour compenser d’autres émissions.

Pourquoi s’inquiéter? Parce que cette prise en compte de la déforestation dans la réduction des gaz à effet de serre a toutes les chances d’aboutir à des diminutions fictives de la déforestation accompagnées d’attaques sociales. REDD est un mécanisme ardemment promu par les pays du Nord. Il s’agit pour eux, dans le cadre notamment du mécanisme de développement propre (MDP) mis en place par le protocole de Kyoto, de pouvoir se défausser sur les pays du Sud de leur responsabilité. Ce sont en effet les pays industrialisés qui sont responsables historiquement de la plus grande partie des émissions de gaz à effet de serre. En outre, les réductions de déforestation sont extrêmement difficiles à comptabiliser. Personne ne sait ainsi évaluer avec précision l’ampleur annuelle de la déforestation au Brésil ou en Indonésie. On voit donc mal comment la réduction de cette déforestation pourrait être exactement comptabilisée. Au-delà de cet obstacle technique majeur, le risque est celui d’un vaste mouvement d’appropriation des forêts du Sud par les multinationales en quête de crédits carbone à même de compenser la continuation de leur pollution au Nord.

Les dangers de ce mouvement d’appropriation privée sont politiques, sociaux et écologiques. Il se mettrait sur pied un mécanisme de contrôle néocolonial du patrimoine naturel au détriment des peuples qui vivent au sein de ces forêts, les entretiennent depuis de nombreuses générations et seraient menacés dans leur existence même. Cette appropriation constituerait une violation ouverte de la souveraineté de ces peuples sur leur territoire de vie.

Il n’existe aujourd’hui aucune distinction dans les projets entre forêt et plantation. L’appropriation pourrait se traduire alors par la destruction des forêts initiales et leur remplacement par des plantations d’eucalyptus (éventuellement génétiquement modifiés) comme au Brésil ou de palmiers à huile comme en Indonésie. Outre que cette substitution signifie une augmentation nette des émissions de CO2 puisque les forêts primaires stockent cinq fois plus de carbone que les plantations, elle implique aussi une destruction de la biodiversité sans équivalent des forêts tropicales. Et ceci au service de la production industrielle possible d’agrocarburants.

Face àla menace REDD, les peuples indigènes se mobilisent et alertent l’opinion publique mondiale. Nous devons nous battre àleurs côtés. Cet exemple illustre àquel point la bataille contre la crise climatique ne peut dissocier réponses sociales et écologiques. Partout sur la planète, la politique concrète des classes dominantes aboutit à combiner de fausses réponses écologiques avec de véritables attaques sociales. Seule la mobilisation internationale permettra de les arrêter.

Laurent Menghini

Par JEAN EMARE
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Vendredi 23 octobre 2009

Le Nouveau Parti Anticapitaliste s'adresse, quelques semaines après la rentrée et à quelques mois de l'échéance électorale des régionales, à toutes celles et tous ceux qui n'en peuvent plus de cette droite réactionnaire, mais qui ne veulent plus d'une gauche gestionnaire qui a renoncé à transformer la société. Ras le bol des attaques de la droite, mais assez d'une gauche plus préoccupée de rechercher l'alliance d'un homme de droite comme François Bayrou, des présidentielles de 2012 que d'opposer un front uni et cohérent au projet Sarkozyste.


Sans surprise le gouvernement utilise les marges de manœuvre que lui procurent les résultats des Européennes et l'absence d'opposition organisée, unie et déterminée face à sa politique. Du coup, la feuille de route des contre-réformes est observée dans toute sa rigueur touchant les acquis sociaux et les libertés publiques du plus grand nombre. Si bon nombre « d'affaires » qui se multiplient en cette rentrée ont leur fonction d'écran des problèmes réels, le népotisme, l'arbitraire et l'hyper autoritarisme du pouvoir de la droite, fonctionnent à plein, il est vrai permis par le fonctionnement des institutions de la Ve République.
 

L'enjeu est de taille, il s'agit de faire payer la crise du capitalisme, la crise écologique, à une majorité de la population qui n'en est pas responsable. Faire semblant que tout change (bonus, parachutes dorés, paradis fiscaux) alors que rien ne change. Le projet de privatisation de La Poste est là comme un symbole du maintien du dogme libéral. Le débat lancé sur la taxe carbone, le « nouveau grenelle » sur les retraites et la réforme territoriale, pour ne prendre que ces exemples, ont comme point commun d'illustrer la facture de la crise. C'est en nous faisant travaillant plus, sans gagner davantage que le MEDEF et Sarkozy, entendent régler l'addition et sauvegarder leurs privilèges. Ce qui implique de travailler le dimanche, de remettre en cause les 35 heures, d'allonger la durée de cotisations pour les retraites, d'organiser de nouvelles coupes sombres dans les dépenses publiques en reformatant l'Etat (abandon de ses missions sociales au profit de priorités répressives).


Alors même que chômage et licenciements, stagnation du pouvoir d'achat, frappent de plus en plus à la porte de la population, le pouvoir s'est fixé une nouvelle échéance clé dans la route d'une éventuelle réélection en 2012 : faire des régionales un test grandeur nature de rapports favorables au camp réactionnaire permettant une nouvelle phase d'offensives politiques et sociales. C'est bien pourquoi les résistances et mobilisations de cet automne et la préparation des régionales forment une même séquence politique où doivent se combiner une opposition frontale au MEDEF et à la droite, et la radicalité de réponses alternatives face à la crise, nécessitant l'unité et le rassemblement.


Car rien n'est fatal. La mobilisation qui a accompagné la consultation populaire pour défendre le service public postal, les luttes contre les licenciements qui commencent à se coordonner, l'impopularité manifeste de l'équipe gouvernementale et des principales mesures phares de celle-ci, montrent que le rapport de force peut s'inverser, que l'espoir peut changer de camp. Mais il est vrai, que l'absence de stratégie de mobilisation de la part des principales directions syndicales pèse lourd dans la situation.


Les opérations de mise en œuvre d'un centre gauche, comme la priorité mise dans l'organisation de primaires pour la prochaine présidentielle permettant à chacun d'assister au spectacle de la multitude d'ambitions au PS et du vide du projet proposé, illustrent une nouvelle fois la défaillance d'une gauche d'adaptation qui n'a plus la volonté et les outils pour s'opposer sur le fond à la logique capitaliste et aux projets de la droite. Il y a eu suffisamment d'exemples en Europe pour connaître le coût de telles expériences.

Mais le résultat des européennes, dont on sait pourtant que par l'absence de participation électorale des classes populaires et des plus jeunes il n'est qu'une photographie partielle des rapports de force réels, donne du poids à une coalition rose-verts-orange qui soi-disant pourrait battre Sarkozy. C'est pourtant, de notre avis, l'histoire d'une défaite annoncée car une telle coalition ne contesterait Sarkozy que sur la forme de l'exercice du pouvoir et pas sur le fond de son projet de société. Cette coalition ferait l'impasse par exemple sur la répartition des richesses et ne chercherait pas dans les combats d'aujourd'hui à défaire les projets gouvernementaux.

C'est la brutalité de la situation qui exige un rassemblement sur des bases claires.


Il s'agit de savoir, au-delà de mobilisations unitaires contre le pouvoir, si la gauche radicale est au rendez-vous. Au rendez-vous des luttes et des confrontations sociales. Au rendez-vous des réponses anticapitalistes, à la définition d'un programme de rupture face au défi de la crise générale du système. Au rendez-vous des régionales. Des forces sont disponibles pour relever ces défis. Qu'il s'agisse d'affronter dès maintenant un pouvoir impopulaire et lui infliger des reculs, des défaites sur le terrain social, celui des mobilisations et des résistances. Ou de remettre en cause l'hégémonie social-libérale ce qui implique de modifier en profondeur les rapports de force à gauche, de construire une gauche indépendante de la direction et des orientations du PS. Ces forces, nous les appelons la gauche radicale.

Combien sommes-nous de militants de partis, syndicalistes, militants associatifs, féministes et écologistes qui enragent de cette situation ? Il est temps de s'unir dans la durée et dans la clarté. De se rassembler dans les luttes et dans les élections... C'est l'occasion de montrer que nous sommes capables, déterminés à affronter ce double défi.


C'est pourquoi le NPA a initié depuis cet été un processus de discussion entre différents partis politiques pour présenter ensemble des listes unitaires de la gauche radicale dans les 21 régions métropolitaines. Des listes qui soient ouvertes aux militants du mouvement social, mais où les partis politiques nationaux joueraient pleinement le rôle de levier, de mise en place d'un cadre national visant à regrouper autour d'un projet politique de rupture. Cette démarche s'est adressée au PCF, au Parti de Gauche, à Lutte Ouvrière, au Forum Social des Quartiers Populaires, aux Alternatifs et à la Fédération, au MPEP et à Socialisme et république, au PCOF comme à la Gauche unitaire. Nous avons tenu plusieurs réunions et adopté une déclaration et une méthode de discussion pour nous mettre d'accord sur un rassemblement de la gauche radicale.


La gauche d'adaptation tente de se rassembler, il est temps que la gauche radicale, indépendante de l'orientation du PS, qui refuse l'alliance avec le MODEM comme une nouvelle compromission avec la droite, s'unisse. Qu'elle s'unisse pour favoriser les mobilisations et les résistances, qu'elle s'unisse autour d'un programme de rupture. Qu'elle s'unisse par une stratégie indépendante du PS. C'est la condition de la reconstruction d'un nouveau mouvement émancipateur.


Oui, il faut battre la droite ; oui, il ne faut pas confondre un électeur socialiste d'un électeur UMP. Mais, dans le même temps, il faut enregistrer qu'existent deux gauches dotées de programmes contradictoires qui interdisent de gérer ensemble les régions. L'enjeu est bien plus élevé que la conquête négociée de quelques postes, il s'agit d'inverser les rapports de force à gauche, de redonner confiance au monde du travail, aux jeunes et de porter une perspective politique et sociale qui ose refuser tout licenciement, toute suppression de postes dans la fonction publique, qui se fasse le porte-parole de la convergence des luttes et des résistances dans le but de mettre un terme aux nuisances du capitalisme en soumettant les grandes banques et les grandes entreprises au contrôle des salariés et de la population.


Si les régionales permettaient d'avancer en ce sens, alors nous aurions fait un grand pas. À l'heure où nous écrivons, un premier rassemblement s'est opéré mais des obstacles subsistent en particulier parce que la direction du PCF se situe dans une perspective de reconduction d'une politique d'union de la gauche, de gestion des exécutifs avec le PS comme le revendique sa principale dirigeante. Pour autant il ne s'agit pas de renoncer mais de continuer à avancer en rassemblant les forces disponibles, c'est le sens de la politique unitaire menée par le NPA.


Le 22 octobre 2009.

Par JEAN EMARE
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Jeudi 8 octobre 2009
 
La question de l’écologie suscite de nombreux débats parmi tous ceux qui militent pour un projet de transformation révolutionnaire de la société.
S’il semble acquis pour tous que l’ampleur de la crise écologique en fait une question centrale, s’il est clair qu’il n’est plus possible de faire de l’écologie un supplément d’âme d’un programme socialiste… la discussion reste ouverte et nécessaire sur comment intégrer, en opposition à l’écologie moralisatrice des partis institutionnels, la critique écologique dans ce qu’elle à de plus subversif, à notre combat anticapitaliste, à notre perspective socialiste.
Pour certains camarades la nécessité de prendre en compte les conséquences de la crise écologique devrait conduire à une intégration de l'écologie politique au programme socialiste, en rejoignant le courant « écosocialiste ». C’est ce qui a été défendu au congrès de fondation du NPA dans le débat autour du mot même d’écosocialisme.

Le débat ne porte pas sur le fait de savoir s’il faut ou pas intégrer les données de l’écologie à notre critique du capitalisme. Rajouter le préfixe « éco » signifie rejoindre un courant politique, l’écosocialisme, qui a sa propre existence et qui se définit pour reprendre une formulation de Michael Löwy comme « 
un courant de pensée et d'action écologique qui fait siens les acquis fondamentaux du marxisme - tout en le débarrassant de ses scories productivistes. » 
Cela pose deux problèmes, d’une part le problème de définir ce qu’est réellement l’écologie politique en tant que courant et son apport et, d’autre part, le problème que certains camarades semblent confondre le bilan du socialisme réel, des régimes staliniens, des régimes nationalistes prétendument socialistes avec la critique marxiste du capitalisme.
 
« Ecosocialisme », actualisation du marxisme ou concession à l’écologie politique radicale ?

L’expression « 
écologie politique » a toujours été volontairement confuse. Utiliser le nom de ce qui est avant tout une science pour désigner un courant politique a toujours permis aux courants se revendiquant uniquement de l’écologie politique de prétendre se situer au-dessus des clivages politiques traditionnels et de ne pas se situer sur le terrain de la lutte des classes et de la critique du capitalisme. La grande majorité de ces courants et partis, souvent très institutionnels, acceptent globalement le cadre du capitalisme et n’ont d'autres perspectives que de s’en remettre aux bons vouloirs des dirigeants et de leurs administrations. Cela revient au final à s’aligner sur un « capitalisme vert » dont tous les gouvernements se font maintenant les champions.
Le courant écosocialiste est né, en réaction à cette écologie institutionnelle et bien pensante, de la volonté de lier le combat écologique et le combat social, démarche sur laquelle on ne peut que se retrouver. Mais quand ces camarades discutent de réactualiser notre projet d’émancipation en introduisant « à part égale » l’apport des courants écologiques et du celui du marxisme, ils introduisent en réalité beaucoup de confusion politique. Car plus qu’une actualisation du marxisme, cela revient avant tout à faire des concessions aux courants radicaux de l’écologie politique qui, aussi radicaux soient-ils, se situent pourtant sur un autre terrain social que celui de la lutte des classes. Le débat le plus ouvert est certes nécessaire avec tous les courants en rupture avec cette société et ses institutions, mais il nous faut le mener jusqu’au bout, sans concessions, pour dégager ce qui peut nous rassembler.
Les textes et manifestes écosocialistes en restent trop souvent à une analyse superficielle du capitalisme parce qu’ils restent prisonniers de la critique du seul productivisme que font les courants défenseurs de la décroissance. La « déclaration écosocialiste de Belem » définit ainsi le capitalisme : « Son seul moteur est l’impératif de profit et le besoin d’une croissance sans fin ». Cela introduit une confusion entre la course au profit c’est-à-dire l’accumulation sans fin de capital, et la croissance économique qui reposerait sur un productivisme à combattre, or ce n’est pas la même chose.
Les courants de l’écologie radicale critiquent le productivisme sur la base d’une condamnation « éthique » de la société de consommation, et ne se situent donc pas sur le même plan que la critique marxiste du capitalisme et de ses contradictions. Si, comme le proposent les camarades de l'écosocialisme, il faut lier la crise écologique au capitalisme, alors il faut l’intégrer à l’analyse des contradictions fondamentales du capitalisme.
 
La crise écologique conséquence de la fuite en avant du capitalisme face à ses contradictions fondamentales

Ne voir que le caractère productiviste du capitalisme pour expliquer la crise écologique est extrêmement réducteur. Le productivisme est un des aspects du capitalisme, mais tout comme l’organisation méticuleuse de la pénurie, la destruction des forces productives à d’autres moments ou en d’autres lieux car ce qui importe, pour les capitalistes, c’est l’accumulation de capital et pas forcément une croissance économique reposant sur une production sans fin.
La crise écologique et l'incapacité du capitalisme à y faire face sont la conséquence de sa contradiction fondamentale décrite dès l'origine par Marx : la contradiction entre une production qui est sociale et donc potentiellement quasi-illimitée, et une appropriation qui, restant privée, met cette production au service d’un seul but : l’accumulation du capital.
A cause de cela le capitalisme n'est pas capable de soutenir un développement illimité de la production ni de la croissance car il se heurte régulièrement aux limites du marché. Il est toujours rattrapé par ses contradictions internes qui ne peuvent qu'éclater en de multiples crises : crise économique, sociale, politique, écologique. Et même dans ses périodes d'expansion, il s'est toujours développé en accentuant les inégalités, en ne faisant que préparer les conditions de nouvelles crises.
Du fait de cet amalgame entre capitalisme et productivisme, les camarades du courant écosocialiste en arrivent à la conclusion que la crise écologique actuelle traduirait une nouvelle contradiction entre le capitalisme, son productivisme et les limites « naturelles » des ressources de la Terre. Une contradiction finalement entre le capitalisme et la Terre, contradiction que Marx aurait ignorée.
Plus qu'une nouvelle contradiction, l'accentuation actuelle de la crise écologique est la conséquence de la fuite en avant du capitalisme pour surmonter sa contradiction fondamentale… La conséquence de la mise en œuvre des solutions capitalistes pour repousser les limites du marché et poursuivre l'accumulation sans fin du capital. C'est cette fuite en avant qui pousse le capital à tout transformer en marchandises, des gènes au « droit de polluer », pour trouver de nouvelles sphères d'investissement et ainsi s'accaparer tout ce qui peut être source de profits. C’est cette fuite en avant qui le rend incapable de réagir face au cri d’alarme des scientifiques autrement qu’en y voyant de nouvelles opportunités de valorisation du capital.
Avec la mondialisation, et la mise en place d'un marché mondial sans barrières, sans contraintes, le capitalisme a généralisé ses contradictions à l'échelle de toute la planète, entraînant une crise globalisée dont la crise écologique est une des conséquences. La mondialisation, c'est la généralisation du rapport d'exploitation capitaliste mais certainement pas, comme certains anti-productivistes le croient, la perspective d'une généralisation du mode de vie des pays industrialisés à toute la population mondiale. Ce qui se généralise, c’est l’explosion de toutes les formes d’inégalités.
C’est en cela que le spectre du productivisme, s’il n’est pas intégré à une analyse plus poussée du capitalisme et de ses contradictions, ne permet pas de réellement articuler le combat écologique et le combat anticapitaliste… Or les camarades qui se revendiquent de l’écosocialisme en viennent ainsi à se dire tout autant anticapitalistes qu’anti-productivistes, ce qui est avant tout un renoncement à pousser jusqu’au bout l’analyse des contradictions du capitalisme.
Dans le débat nécessaire avec les courants et les mouvements de l’écologie radicale, comme les « objecteurs de croissance » qui se disent anti-productivistes et pour la décroissance, il est tout à fait légitime de partir de leur critique radicale d’un certain mode de vie qui est effectivement la conséquence du productivisme engendré par l’anarchie capitaliste. Mais ce que nous pouvons leur apporter dans le débat c’est leur montrer la nécessité de pousser leurs analyses jusqu’à la compréhension plus globale des contradictions internes du capitalisme, qui en font n’ont pas tant un mode de production productiviste mais surtout un mode de production incontrôlable par la raison, car incapable de la moindre planification sur le long terme.
La principale différence d’approche que nous avons avec ces courants est qu’en ne liant pas leur combat à une critique du capitalisme, ils ne peuvent formuler d’autres solutions que celles passant par une remise en cause des comportements individuels, d’un certain mode de vie, avec au mieux la volonté de vivre en marge de la société capitaliste. D’où leur absence de volonté de rechercher comment articuler le combat écologique et la lutte des classes, d’où l’absence d’une remise en cause du capitalisme qui reste finalement pour eux un horizon indépassable.
Et ce n’est pas aider à la clarification de ce débat important que de faire semblant que les deux approches soient complémentaires, qu’il s’agirait d’être à la fois anticapitaliste et anti-productiviste pour reprendre l’expression du camarade Corcuff lors du deuxième Contre-Grenelle, « Non au capitalisme vert », organisé par le journal La Décroissance en mai dernier à Lyon… en parlant même de la révolution culturelle anti-productiviste que les anticapitalistes devraient faire.
 
La crise écologique, révélateur de l’impasse du capitalisme et de la nécessité d’une planification démocratique et socialiste

Le caractère subversif, radical, de la critique écologique est que, poussée jusqu’au bout, elle oblige à penser dans sa globalité le rapport entre la société humaine et son environnement, la Terre, elle oblige à poser la question des fondements même de toute l’organisation sociale… C’est une question centrale qui permet de développer nos analyses sur l’impasse du système capitaliste, de montrer la nécessité de dépasser ce mode de production incapable d’être le cadre d’une gestion rationnelle et démocratique à l’échelle de la planète. A partir des données les plus modernes de la science écologique, cela permet d’argumenter sur le fait que le capitalisme s’oppose à toute forme de planification et donc s’oppose à la prise en compte des recommandations des experts du climat, fussent-ils mis en place par les gouvernements et décorés du prix Nobel. Cela permet de faire la démonstration de l’incurie des classes dirigeantes, de leur étroitesse et de leur égoïsme de classe que révèlent leurs solutions étriquées et « rentables » face aux problèmes soulevés par la communauté scientifique et tous les mouvements écologiques.
Mais cela implique de ne pas s’excuser d’être socialiste et donc écologique, cela implique de ne pas faire de concession aux courants peut-être radicaux mais qui n’intègrent pas leur critique écologique à une vision plus globale du combat pour l’émancipation. Intégrer la question écologique à notre programme implique, non pas de venir sur le terrain anti-productiviste de l’écologie politique radicale, mais bien plutôt de revenir à l’analyse des contradictions fondamentales du capitalisme et à leurs conséquences. Cela passe par actualiser le marxisme, en le débarrassant de toutes ses caricatures staliniennes, social-démocrates, ou maoïstes, de régimes qui ont été effectivement productivistes jusqu’à la caricature, pour retrouver toute la radicalité de la critique de fond du capitalisme, celle faite par Marx dès le XIXème siècle.

Intégrer la question écologique à l’anticapitalisme implique de dépasser l’analyse simpliste et caricaturale que le capitalisme repose sur une croissance sans fin, sur un mode de vie qui se généralise à toute la planète… qui conduit certains à inventer une « nouvelle contradiction » entre le Capital et la Nature. L’accumulation sans fin du capital, qui est le véritable moteur de son expansion, entraîne tout autant productivisme et gaspillage que crise et pénurie… Car c’est un mode de production qui fonctionne en aveugle, sur le très court terme.
Ainsi posée, la critique écologique peut s’intégrer à notre agitation quotidienne car elle permet de faire le lien entre les luttes sociales pour la défense des conditions de vie et de travail et les luttes contre la dégradation de l’environnement.

Il s’agit, dans ce cadre, d’ouvrir le débat sur nos réponses c’est-à-dire des réponses qui se situent du point de vue du monde du travail, face aux multiples aspects que prend aujourd’hui la crise écologique. Ces réponses restent à discuter mais, fondamentalement, elles ne peuvent que reposer sur des solutions collectives, sociales, qui impliquent une prise de contrôle démocratique des grands secteurs de l’économie… ce qui les oppose à toutes les prétendues solutions qui, ne se plaçant qu’au niveau des comportements individuels, reviennent à culpabiliser les plus pauvres, tout en masquant les véritables responsabilités sociales. C’est la déclinaison de notre slogan « nos vies valent plus que leur profit ! », opposer les intérêts du monde du travail, dont la défense de son environnement de vie, à ceux d’une minorité de financiers et de spéculateurs.
 
Face à la crise climatique, la mise en œuvre des recommandations des scientifiques implique une réappropriation collective, une prise de contrôle démocratique de secteurs clés comme ceux du transport et de l’énergie, la remise en cause de la propriété privée qui est à la base de la logique du profit à court terme. 
Nos réponses face à la crise écologique redonnent ainsi toute son actualité à l’idée d’une planification socialiste et démocratique… car c’est le seul cadre dans lequel peuvent être mises en œuvre à l’échelle planétaire les solutions que les scientifiques proposent pour réduire l’impact des activités humaines sur notre environnement.
Intégrer la question écologique implique de retrouver dans la critique marxiste du capitalisme ce qu’elle a de plus fondamental, de plus philosophique : la critique de l’aliénation et de la perversion des rapports entre l’Homme et la Nature.
C’est cela qui permettra de redonner aux idées socialistes tout leur contenu de contestation globale du système. Pousser la critique radicale du mode de production capitaliste jusqu’au bout implique d’y intégrer les causes de la crise écologique comme conséquences des contradictions du capitalisme mondialisé et nos réponses à cette crise qui passent par la remise en cause de la propriété privée des grands moyens de production et par leur réappropriation collective, base d’une planification démocratique de l’économie.
Le programme socialiste ainsi actualisé se définit comme une réponse globale à la crise du capitalisme, y compris la crise écologique, qui implique une transformation révolutionnaire de la société.

Bruno Bajou
Par JEAN EMARE
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Dimanche 27 septembre 2009






NPA01
CONTRE LES EXPULSIONS ,

REQUISITIONNER ET CONSTRUIRE DES LOGEMENTS SOCIAUX !

Depuis six mois, des demandeurs d'asile, munis d'une autorisation provisoire de séjour, dormaient dans des garages. Ils bénéficient d'une allocation de 300 euros mensuels avec lesquels ils doivent se débrouiller pour manger, dormir, se vêtir, se loger… C'est insuffisant.

 

 

Comme chaque année, le dispositif sensé leur procurer un toit dans des centres d'hébergement du département est saturé.

Comme chaque année, chacun s’en émeut, associations et élus se fendent parfois d’un communiqué de presse ou d’une demande de rendez vous en Préfecture. En vain.

Les associations caritatives colmatent les brèches comme elles peuvent.

 

L’intolérable, l’innommable, le provisoire, perdurent.

La crise du logement, c’est une facette de la crise du capitalisme :  des bâtiments vides, la spéculation immobilière d’un coté, des milliers de personnes laissés dans la précarité de l’autre. La crise du capitalisme avec ses charrettes de licenciements jettent dans la précarité et à la rue, parfois, des salariés qui ont perdu toute source de revenus. Au printemps et pendant l'été, les possibilités d'hébergement d'urgence disparaissent puisque nombre de structures d'accueil de sans abri ferment à cette époque de l'année, alors que la chaleur tue autant de sans abris que le froid.

La réalité de la politique gouvernementale c'est le refus de mettre en chantier la construction du million de logements sociaux de qualité et accessibles à tous ceux disposant de faibles revenus, comme l'a montré la loi de Madame Boutin.

Le droit au logement pour tous, comme le doit à l'éducation, à la santé, à un emploi stable, notamment, fait partie des droits fondamentaux pour lesquels le NPA se mobilise en permanence.

Boutin, ex- ministre du logement avait  multiplié les déclarations sur la nécessité de reloger avant d'expulser. Les effets d'annonce sont le sport favori des gouvernements depuis trop longtemps. Outre le fait que le texte de loi récemment voté ne permet pas, dans les faits, d'imposer le relogement avant expulsion, il y a une entourloupe sur la solution de remplacement proposée. En mettant en avant des solutions d'hébergement, elle sous-entend ainsi qu'il s'agit, encore et toujours, de solutions provisoires et précaires dans des foyers, des hôtels sordides au tarif prohibitif sans possibilité de faire la cuisine, voire dans des mobil home.

Ce n'est pas ce qu'attendent les mal logés ou les sans logis qui espèrent, souvent depuis plusieurs années, un logement durable et de qualité.

La revendication « un toit c'est un droit » demeure et garde toute son actualité. C'est ce que nous mis en pratique avec des demandeurs d’asile. 

Début septembre, le NPA 01(Nouveau parti anticapitaliste) avec l’appui du DAL (Droit Au Logement) ont réquisionné le domaine des Capucins, une propriété de 3 400 m2 comprenant une vingtaine de logements rue de la Citadelle.

Le bâtiment, vide depuis le départ des frères Capucins en 2007, est aujourd'hui propriété de Bourg Habitat qui a en projet la réalisation de logements sociaux. En attendant, c'est une trentaine de demandeurs d'asile qui y trouvent un toit et un peu de réconfort.

 

La caravane des mal logés le 28 septembre à BOURG

 

Du 22 septembre au 5 octobre, des mal-logés, sans logis et militants du droit au logement pour tous, ont décidé de partir en caravane, dans un premier temps de Clermont à Strasbourg, en passant par Saint Étienne, Lyon, Grenoble, Bourg, Dijon, Besançon, Colmar, Strasbourg.

 

                                                        Ils revendiquent :

·   L'arrêt immédiat des expulsions sans relogement

·   L'application de la loi de réquisition sur les logements vacants

·   La baisse des loyers et des charges, et la taxation de la spéculation immobilière

·   La mise en oeuvre sans restriction de la Loi DALO, et son amélioration

·   L'arrêt de toute démolition de HLM et de toute hausse des loyers dans le parc social, la réalisation de 160 000 vrais logements sociaux par an, dans les zones les plus tendues …

 

 

Il seront à BOURG le 28 septembre où un collectif d’associations, de syndicats et de partis politiques les accueilleront

 

Au programme le lundi 28 septembre

 

12h Visite du lieu réquisitionné au domaine des Capucins

 

Après midi : Demande de rendez vous au Préfet et au Conseil Général

 

20h30 Réunion publique avec Jean-Baptiste EYRAUD,

 Président du DAL national

à l’Hôtel social « Le Temps des Cerises » 1 rue Pierre Sémard

 

Repas et couchage sur place

 

 

Le NPA 01 vous invite à venir nombreux à cette soirée

 

Pour tout contact : NPA 01 Tel 06 20 24 62 34

Par JEAN EMARE
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Samedi 26 septembre 2009

 

La politique du gouvernement concernant l’accueil de la petite enfance dégrade les conditions d’accueil et privilégie les gardes  à domicile.  


Pendant la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy, évoquant les difficultés des parents à trouver une solution d’accueil pour leurs enfants, lançait l’idée d’un droit opposable à la garde d’enfant. Des discours remplacés aujourd’hui par une politique de restrictions.

En France, il manque entre 300000 à 800000 places d’accueil pour les jeunes enfants. Cette pénurie a des conséquences sur le travail des femmes.


75% d’entre elles, vivant en couple avec un enfant de moins de six ans, travaillent. Mais, avec trois enfants ou plus dont un de moins de six ans, elles ne sont plus que 40% à travailler. 27% des mères ayant un enfant de moins de six ans sont à temps partiel, 53% quand il y a trois enfants ou plus.


Lorsqu’ils ne favorisent pas le retour des femmes au foyer les choix politiques promeuvent de modes d’accueil individuels. Depuis 1994, avec l’allocation parentale d’éducation (APE) versée dès le deuxième enfant puis avec la prestation accueil jeune enfant (Paje), le taux d’activité des mères a chuté. Rareté et cherté des modes d’accueil ont souvent raison des calculs budgétaires des parents aux salaires modestes. La branche famille de la sécurité sociale a consacré, en 2007, cinq fois plus d’argent à l’accueil individuel qu’à l’accueil collectif (assistantes maternelles : 5,5 milliards, congé parental : 3,3 milliards, accueil collectif 1,8 milliards).


En juillet 2008, la députée UMP, Michèle Tabarot, a déposé un rapport contenant une série de propositions. En décembre 2008, dans le cadre de la loi de financement sur la Sécurité sociale, le gouvernement a fait passer de trois à quatre le nombre maximum d’enfants que peut garder une assistante maternelle à domicile. Voila comment on « augmente l’offre d’accueil » en dégradant sa qualité. Cela révèle aussi la priorité accordée au mode de garde individuel où les femmes sont les moins qualifiées (60 heures de formation), isolées à domicile, sans relations sociales professionnelles et dans une relation de gré à gré avec le parent employeur. 


Jardins parkings


Pour l’accueil collectif, le maître mot du rapport Tabarot est la baisse des coûts par la déqualification des professionnelles – pour l’essentiel des femmes – et la déréglementation des normes d’encadrement. Une des premières mises en œuvre du rapport a été le lancement, en mai, de « jardins d’éveil » pour les 2 à 3 ans, financés par les collectivités locales ou les entreprises gestionnaires, la CAF et les familles. Dans ces structures, payantes pour les parents, la part des professionnelles moins qualifiés augmente (CAP petite enfance) et les normes se détériorent (douze enfants pour une salariée au lieu de huit aujourd’hui dans les crèches).


En 2000, plus de 35% des enfants de 2 à 3 ans étaient accueillis à l’école maternelle. Aujourd’hui, suite aux suppressions massives de postes d’enseignants, ils ne sont plus que 21% à bénéficier de cette école gratuite. L’Etat veut mettre fin à la scolarisation des 2 à 3 ans, transférer le coût de cet accueil vers les communes et les familles et déqualifier les professionnelles.


Mais, à terme, la volonté de la droite pourrait être de supprimer l’école maternelle, en transférant les enseignants en primaire et en les remplaçant par des non-enseignants. Les petite et moyenne sections de maternelle disparaîtraient et seule la grande section (à partir de cinq ans) subsisterait comme première année de primaire

La droite veut faire passer les normes d’encadrement dans les crèches d’une professionnelle pour cinq enfants à une pour six (de une pour huit enfants à une pour neuf pour les enfants qui marchent ). Elle veut aussi faire passer l’inscription des enfants en surcapacité en crèche à 20% (10% actuellement).


Toutes ces mesures s’attaquent aux conditions de travail des professionnelles de la petite enfance et à la qualité de la prise en charge des jeunes enfants. L’accueil des jeunes enfants est un enjeu majeur de l’égalité entre femmes et hommes. Défendons le droit au travail des femmes, à un travail qualifié et bien rémunéré.

Défendons la création d’un service public national gratuit d’accueil des jeunes enfants avec des professionnelles qualifiés et reconnus, répondant à la demande des parents, sous des modes de garde diversifiés.


Défendons le droit garanti pour les parents demandeurs, d’une scolarisation de leurs enfants dès deux ans dans des conditions adaptées au sein de l’école maternelle (effectifs réduits, formation spécifique des enseignants).

Des mobilisations unitaires de salariés de la petite enfance, de parents et d’enseignants ont eu lieu ces derniers mois (pétition « pas de bébés à la consigne »). La manifestation pour les droits des femmes du 17 octobre doit être une nouvelle occasion de mobilisation. 


Guillaume 

Par JEAN EMARE
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Samedi 26 septembre 2009
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Jeudi 17 septembre, 3 000 salariés de la filière automobile manifestaient de la gare du Nord à l’Opéra, puis jusqu’à la place de la Bourse de Paris. Cette manifestation marque de la meilleure des façons la rentrée sociale par ses mots d’ordre, la combativité et la détermination des participants.


Les salariés engagés depuis des mois dans la lutte contre les licenciements et les fermetures de sites se sont retrouvés avec les équipes militantes de la filière automobile (Goodyear, Continental, Michelin, Dunlop, Delphi, PSA Poissy et Aulnay, Renault Cléon, Le Mans et Guyancourt, Ford Blanquefort, GM Strasbourg, Freescale, Molex, New Fabris), des syndicats .


La manifestation réclamait l'arrêt des sanctions et des poursuites contre les Conti et tous les salariés en lutte, l'interdiction des licenciements, dénonçait les logiques financières et l'aggravation des conditions de travail et proclamait la nécessité de la convergence des luttes.


À l'arrivée, l'esplanade de la Bourse était largement remplie et certains en ont profité pour une visite rapide du symbole des jeux financiers.

Les directions fédérales et confédérales qui avaient, dans les jours précédents, dépensé plus d’énergie pour décourager que pour construire, entravant ainsi le développement de la mobilisation, ont été fort discrètes pendant la manifestation. Mais elles avaient bien l’intention de reprendre la main au cours du meeting final. Mal leur en a pris, car la détermination des Conti et des Goodyear a imposé la prise de parole par les leaders de ces deux luttes. C’est à ce moment que la profonde coupure entre les appareils et les équipes en lutte a éclaté : discours soporifiques sur la Sécurité sociale professionnelle, contre les excès du capitalisme financier, revendication d’une politique industrielle fondée sur l’emploi d’un côté, interventions combatives et bruyamment soutenues par les salariés pour les deux camarades dénonçant la casse de l’emploi, la répression et insistant sur la nécessité de la solidarité et de la coordination des luttes. Ils ont terminé en demandant aux confédérations d’organiser la nécessaire centralisation des luttes pour faire reculer patronat et gouvernement. Cet appel à l’unité n’effaça pas les grimaces hargneuses sur les visages des dirigeants fédéraux.


Certes la coordination des luttes reste compliquée en raison de la disparité des combats engagés, de leur caractère relativement éphémère, des résultats inégaux. Pourtant la rencontre des expériences, des histoires, la confrontation des tactiques et des stratégies dans des mobilisations concrètes, réelles, sont des pas en avant significatifs.


La coordination de tous les salariés engagés dans ces batailles est indispensable. Cependant, si les équipes militantes en sont convaincues, il reste à construire des initiatives permettant d’élargir la mobilisation et à trouver les revendications, les mots d’ordre, les initiatives qui rassemblent tous et toutes pour modifier le rapport de forces en faveur des travailleurs. Ce « tous ensemble » doit se construire sur l’interdiction des licenciements, l’expropriation des licencieurs, les augmentations uniformes des salaires, la lutte contre la dégradation des conditions de travail et le soutien concret aux dizaines de luttes qui se développent jour après jour.

Il faut travailler patiemment à consolider les liens fragiles tissés, à aller vers des coordinations régionales capables de peser dans les luttes au fur et à mesure de leur développement et poser les jalons d’une centralisation des mobilisations. Le meeting de soutien aux Conti à Compiègne (Oise), le 26 septembre sera l’occasion, en manifestant notre solidarité, de poursuivre la construction du « tous ensemble ».

Collectif automobile du NPA

Par JEAN EMARE
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Mardi 15 septembre 2009

 

 

La taxe carbone est une arnaque de plus, un nouveau coût à payer par la population qui ne permettra pas d'amorcer une véritable réduction des émissions de CO2 pourtant urgente face au réchauffement climatique.

Elle est présentée comme une mesure de bon sens pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, responsables du changement climatique : intégrer dans le prix des produits, le coût lié à la quantité de carbone nécessaire à leur production. Plus un produit aura nécessité de pétrole ou de charbon pour sa production et son transport, plus il sera taxé, donc moins il devrait être consommé.

Mais, en réalité, il s’agit de faire payer aux consommateurs - donc à la population… - les conséquences du gaspillage des ressources naturelles.

Ce sont bien les patrons qui organisent la production, qui multiplient les transports routiers pour mettre les salariés en concurrence et augmenter les profits. Et c’est le gouvernement qui détruit le fret pour le transport des marchandises par le rail…

Alors que le gouvernement multiplie les cadeaux aux entreprises - suppression de la taxe professionnelle, exonération des heures supplémentaires, etc… -, la taxe carbone est une nouvelle façon de faire payer aux salariés la facture de son irresponsabilité, tout en préservant les profits des plus gros pollueurs.

En effet, le choix d'exonérer l'électricité (produite par l'industrie nucléaire réputée à tort ne pas produire de gaz à effet de serre), l'exonération de certaines entreprises disposant de quotas gratuits sur le marché des droits à polluer européen, ainsi que le prix  volontairement bas de la tonne de CO2 permettront aux entreprises de conserver leurs modes de production polluante.

 

Sarkozy détourne l’urgence climatique pour compenser les ressources fiscales manquantes à cause des cadeaux faits aux plus riches et aux patrons avec le paquet fiscal et la suppression de la taxe professionnelle.

Le système capitaliste fondé sur le « produire toujours plus pour profiter toujours plus » ne peut pas résoudre cette crise climatique.

 

Changer le monde, pas le climat !

 

Le NPA défend un plan d’urgence social et écologique :

 

-          La réquisition des grandes entreprises de l’énergie (comme Total, Suez, Edf, Gdf) pour créer un service public de l’énergie et mettre en œuvre un plan d’économie énergétique, le développement des énergies renouvelables et la sortie du nucléaire.

-          La tarification progressive sur l’eau et l’énergie : les gros consommateurs, gaspilleurs et pollueurs payant plus pour financer la gratuité pour les besoins vitaux de l’immense majorité.

-          Des transports collectifs pour les déplacements quotidiens, gratuits, confortables et accessibles

-          Un service public du logement pour des logements en nombre, confortables et correctement isolés donc économes en énergie…

Par JEAN EMARE
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Dimanche 13 septembre 2009
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Depuis un an, la violence patronale s’abat sur les salariés : fermetures d’entreprise par centaines, licenciements, précarité et chômage partiel, non remplacement des départs en retraite.

Et l’Etat employeur fait la même chose dans le secteur public. Les capitalistes font payer leur crise aux salariés. Aujourd’hui l’emploi n’est qu’une ligne dans les comptes de résultat des entreprises. Pourtant, avoir un emploi et un salaire est indispensable pour assurer nos besoins, garantir notre santé, notre logement, notre retraite. Il n’est pas acceptable de vivre dans une société où ce besoin élémentaire soit soumis aux fluctuations de la Bourse et surtout au calcul des profits de quelques milliardaires. Nous devons faire du droit à l’emploi une question politique, un choix de société. Nous devons imposer le droit de chacun d’avoir un emploi stable et bien rémunéré, sinon aucun des autres droits politiques et sociaux n’a de réelle valeur. Les dirigeants politiques, de droite comme de gauche, font de grandes déclarations sur la défense de l’emploi, contre les patrons voyous, mais ne veulent pas remettre en cause la règle sacro-sainte du capitalisme qui dit que le patron est maître de son entreprise et donc de l’emploi de ceux et celles qui y travaillent. Nos aînés, par les grèves et les mobilisations, ont imposé le droit à la Sécurité sociale, aux congés payés, à la retraite… des conquêtes qui semblaient inaccessibles il y a un siècle. Aujourd’hui, nous pouvons, par les mêmes moyens, imposer le droit à l’emploi ! 


Interdire les licenciements


Il faut interdire les licenciements, tous les licenciements mais pas boîte par boîte, dos au mur. Non, les interdire totalement en enlevant aux patrons le droit exorbitant d’avoir pouvoir de vie ou de mort sociale. Les emplois doivent cesser d’être une variable d’ajustement pour le maintien des profits. Le statut des salariés des entreprises privées doit être refondé. Le droit de licenciement doit être supprimé. En cas de diminution de la production, le temps de travail doit être réduit sans perte de salaire ; en cas de modification de la production, l’entreprise, le groupe, la branche doivent être responsables de la continuité de l’emploi du salarié, en assurant son salaire, la poursuite de sa carrière et de sa formation. Il faut reporter la responsabilité totale d’une suppression de poste du salarié sur le patronat qui se décharge de ses responsabilités. Un fond de financement mutualisé, financé par le patronat, doit, dans tous les cas, permettre le maintien des salaires par-delà les aléas de telle ou telle entreprise. Quand un emploi est supprimé dans une maison mère de l’automobile, par exemple, de nombreux autres sont supprimés silencieusement dans les filiales et la sous-traitance. Il faut instaurer une responsabilité pleine et entière des emplois du secteur par les donneurs d’ordre, par l’entité patronale collective. 


Travailler moins pour travailler tous


Le chômage partiel ou total, la précarité et le temps partiel explosent mais les patrons et le gouvernement n’ont qu'une obsession : nous faire travailler plus, la nuit, le dimanche et les jours fériés, faire des heures supplémentaires, repousser l’âge de la retraite, travailler pendant les arrêts maladie ou les congés de maternité. Cela semble dingue, pourtant il y a bien une logique commune à toutes ces attaques : revenir sur tous les acquis des luttes ouvrières qui ont réussi à imposer des limites à l’exploitation sans borne dont rêvent les patrons. A l’opposé, la règle doit être l’interdiction du travail de nuit ou le dimanche et les exceptions ne doivent concerner que les besoins vitaux.

Les salariés ne sont pas la variable d’ajustement. L’emploi est un droit qui doit être garanti à toutes et tous. Il faut donc ajuster la durée hebdomadaire à l’emploi et pas l’emploi aux profits.

Mécaniquement, une réduction du temps de travail pour toutes et tous à 32 heures, c’est 11 % d’emplois en plus, de quoi en finir immédiatement avec le chômage. La réalité est plus complexe, mais c’est le choix de société qui doit être fait, le choix de travailler toutes et tous, afin de dégager du temps pour vivre. Le chômage ne profite qu’aux patrons qui s’en servent comme moyen de chantage.

Il faut réduire immédiatement la durée hebdomadaire du travail à 32 heures, avec embauches correspondantes et sans perte de salaire. La durée du travail doit être effective et contrôlée, le forfait jour aboli. Les cadences doivent être réduites. Si cette réduction n’est pas suffisante, il faut la poursuivre jusqu’à la disparition du chômage. 


Un seul contrat de travail : le CDI à temps plein


Les patrons et les gouvernements successifs ont encouragé les emplois précaires et à temps partiel. Ils signifient par définition statut précaire, salaire partiel, retraite partielle. En France, le taux d’emploi précaire a plus que doublé entre 1983 et 2008, passant de 5,4 à 13 %, soit plus de 2,8 millions de salariés en contrats à durée déterminée, intérimaires, stagiaires. L’Etat employeur ne montre pas l’exemple puisqu’en 2007, un salarié sur trois en CDD était dans le secteur public ! Les chiffres globaux rendent mal compte de la réalité, car la précarité est très inégalement répartie, elle frappe prioritairement les jeunes, les femmes, les travailleurs et travailleuses d’origine étrangère… que dire quand on est les trois à la fois !

Pour le NPA, la précarité, sous ses différentes formes, doit être interdite. Tous les contrats précaires doivent être convertis en emplois statutaires ou en CDI. Les temps partiels doivent être convertis en temps plein sur simple demande des salariés concernés. L’intérim n’a aucune utilité sociale mais représente une source de profits énormes sur le dos des salariés, elle  doit être interdite tout comme les différentes officines privées de placement, pour que soit créé un véritable service public de l’emploi.
 

Vivre, pas survivre

Le Revenu de solidarité active (RSA) qui remplace le RMI, l’Allocation Parents isolés (API) et les primes forfaitaires de retour à l’emploi, veut obliger les bénéficiaires d’accepter un petit boulot sous-payé, en généralisant le temps partiel et les conditions de travail dégradées. Le RSA fait passer de petits contrats (dix heures par mois) pour de véritables emplois. Au-delà de deux refus d’offre d’emploi, le RSA est supprimé et l’allocataire se retrouve sans revenu. Nous pensons, contrairement à toutes les campagnes de culpabilisation, que les chômeurs ne sont pas responsables du chômage, ils n’ont donc pas à en faire les frais. Il y a urgence à augmenter tous les revenus et minima sociaux de 300 € net. 1500 € net, c’est le minimum pour vivre correctement dans les conditions actuelles d’organisation de la société, ce minimum doit être garanti à toutes et tous, jeune ou à la retraite, actif ou privé d’emploi, handicapé ou non. Pour les salariés, le salaire minimum, c’est le salaire d’embauche, sans qualification, sans ancienneté, pas un plancher auquel on reste cloué toute sa vie professionnelle !

Les jeunes figurent parmi les premières victimes de la crise. Depuis un an, le chômage des 18-25 ans a augmenté de 32%, pour atteindre 23,5%. C’est presque trois fois plus que les chiffres touchant les 25-49 ans. Plus de 400 000 jeunes sans emploi de moins de 25 ans se retrouvent sans minimum social. Face à cette situation désastreuse, nous revendiquons une Allocation d’autonomie pour tous les jeunes de 16 à 25 ans à hauteur du Smic pour permettre à tous et toutes de vivre et se former librement. 

Des emplois pour développer les services publics

Alors que les entreprises privées profitent de la crise pour licencier massivement, le gouvernement poursuit sa politique de démantèlement des services publics et de réduction drastique des emplois. Obéissant à une logique de rentabilisation des services publics, l’Etat est devenu le premier employeur de précaires et le premier licencieur du pays. Dans le cadre de la RGPP (Révision générale des politiques publiques), les services publics sont restructurés selon des principes de management venus du secteur privé. Le gouvernement prévoit ainsi, avec la loi sur la « mobilité », la possibilité de licencier les fonctionnaires si ces derniers refusent de s’adapter aux restructurations administratives de leur service. L’Etat se dote ainsi d’un outil légal pour procéder à une vague de licenciements et à une précarisation de l’emploi public. Cette loi permet également d’élargir le recrutement de non-titulaires et d'intérimaires, déjà très utilisés dans la fonction publique, avec les nombreux contrats de courtes durées, sous-payés et permettant de disposer d’une réserve de travailleurs précaires, corvéables et dociles.

Dans le contexte de crise actuelle du capitalisme, le gouvernement poursuit ainsi sa politique de libéralisation des services publics, au détriment de l’intérêt général et des travailleurs. Nous réclamons l’arrêt des suppressions de postes et des licenciements, ainsi qu'une titularisation de tous les précaires du secteur public. Il ne s’agit pas seulement pour le NPA de rattraper les milliers de postes supprimés ces dernières années, mais de créer de nouveaux emplois dans le cadre d’un service public qui répond aux besoins sociaux de tous et de toutes, et aux besoins écologiques, par exemple dans des services publics de l’énergie ou des transports collectifs. 


Un affrontement social et politique


Nos propositions correspondent aux intérêts des salariés, de l’immense majorité de la population.

Imposer le droit à l’emploi garanti pour toutes et tous, c’est retirer aux patrons le droit de licencier, et donc remettre en cause leur pouvoir de gérer impunément toute l’économie et les conditions de vie de la population. C’est bien à ce pouvoir que se heurtent tous ceux et toutes celles qui se sont battus ces derniers mois contre les licenciements et les fermetures d’entreprises. Défendre l’emploi impose de se heurter de front au patronat qui défend des intérêts inverses à ceux des salariés, avec pour enjeu la répartition des richesses. Pour imposer de réelles avancées sociales et bloquer les attaques patronales, nous avons besoin d’un mouvement d’ensemble national, d’une grève générale, et pas sur une seule journée. Là encore, cela n’a rien de chimérique. Les Guadeloupéens nous ont montré la voie à suivre, il y a quelques mois. Ils ont obtenu, par six semaines de mobilisation, bien plus que les journées d’actions menées en France de janvier à juin. De même, les Conti ont obtenu 50 000 euros de primes qui n’étaient pas prévus dans les plans patronaux. C’est donc bien de la détermination et de l’unité dont nous avons besoin.
 

Par JEAN EMARE
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Lundi 7 septembre 2009


Au lendemain de quelques semaines de vacances, durant lesquelles bon nombre n'ont pas quitté leur cité, beaucoup de salariés sont rentrés la peur au ventre devant la valse des licenciements et des  fermetures d'entreprises qui continuent et frappent toutes les régions.

Reprise des profits

Qu'on est loin des préoccupations de la majorité de la population quand les  médias serinent que la reprise est là. La Bourse remonte, les profits des grandes entreprises ne connaissent pas la récession, les dividendes distribués aux actionnaires progressent et on voit refleurir les bonus mirobolants pour les traders des banques: 21 milliards d'euros de profits au premier semestre pour 28 grandes entreprises, 60 milliards pourraient être atteint par les 40 premières en 2009, 500 années de salaire moyen pour chacun des 5 meilleurs traders...

Les patrons fêtent leurs succès à l'université d'été du Medef et y préparent leurs prochaines attaques comme Michel Pébereau, le patron de la BNP qui a reçu 5 milliards de l'Etat, en a donné un à ses traders, fait 3,6 milliards de bénéfices et proclame que "la crise est une période bénie pour les entreprises" ou encore Guillaume Sarkozy – le frère – qui déclare que pour financer les retraites, il faudra que "les vieux travaillent", ce que Laurence Parisot confirme en exigeant pour 2010 un nouveau report de l'âge de départ.

Reprise du chômage

Cette reprise des profits, c'est le sang et les larmes des travailleurs qu'on licencie ou qu'on épuise et brise au travail comme ces 22 salariés de France Télécom qui se sont suicidés depuis février 2008. Six cents mille chômeurs de plus sont prévus pour 2009, 1,5 million au chômage partiel, 60 000 PME menacées de fermeture et de l'autre côté, des cadences infernales, le travail du samedi banalisé, le travail du dimanche autorisé, des salaires bloqués et une majorité de jeunes salariés condamnés à la précarité et au chômage avec un taux de 23,9% pour les 15-24 ans, en progression de 5,2% sur un an.

 Qu’on est loin également, dans les entreprises et les quartiers, de l'UMP qui n'a d'autre souci que de remplacer la taxe professionnelle payée par les patrons par une taxe carbone payée par tous, mais aussi du PS et du Modem qui en cette rentrée affichent comme seule préoccupation les présidentielles de 2012 !

Rentrée des luttes

Alors, faisons notre rentrée en nous saisissant de l'appel des fédérations CGT chimie et métallurgie à manifester le 17 septembre. Donnons à cette journée plus de force à l'exemple des ouvriers des entreprises en lutte les plus emblématiques, de Continental à Goodyear, qui y appellent également, pour aller vers une coordination des mobilisations et faire de la rue l'université d'été pour l'unité de tous ceux qui ne veulent pas payer la crise.    



 
Par JEAN EMARE
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