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27 septembre 2008 6 27 /09 /septembre /2008 19:03

BARACK OBAMA

Du mythe à la réalité

Barack Obama se présente comme le candidat du changement. Mais son discours glisse à droite.

On peut aujourd’hui tirer le bilan de la phase de la campagne présidentielle américaine qui s’est déroulée entre la fin du processus d’élections primaires et les conventions nationales des deux grands partis. Cette phase n’a pas fait disparaître les contradictions des campagnes de Barack Obama et de John McCain, pas plus que celles de la société, mais elle a vu les candidats préciser leur discours politique.

Glissement à gauche de la société, glissement à droite d’Obama après les primaires, remontée de McCain dans les sondages, retournement de cette tendance il y a quelques jours… Difficile de tirer des conclusions dans une société aussi vaste, divisée et peu structurée par le mouvement ouvrier et les mouvements sociaux. Comme cette campagne a peut-être dépassé toutes les autres dans son utilisation des symboles et des mythes, il faut revenir aux éléments les plus tangibles.

Changement en trompe-l’œil

Parmi les rares initiatives visant à faire de la campagne démocrate une campagne de « progrès », il existe un appel intitulé « Progressives for Obama » (« Les progressistes pour Obama »1), rassemblant des personnalités syndicales, militantes, intellectuelles et politiques. Ce groupe dénonce certaines illusions sur Obama, accusé d’être souvent « centriste ». Il revendique son indépendance et sa volonté d’organiser un « pôle » progressiste « par en bas ». Cependant, son point de départ est le soutien à Obama, et non la nécessité de mobiliser sur les revendications des « progressistes », d’ailleurs mal définies.

Un mythe est bien mort en tout cas, celui d’une candidature portée par un mouvement populaire. Certes, la popularité semble rester forte, même dans cette phase où l’on manque d’indices clairs, et la participation au vote promet d’être importante. Mais il n’y a pas, derrière lui, un mouvement populaire organisé. Les mobilisations sociales faiblissent, comme il est d’usage l’année de l’élection, et les actions collectives liées aux élections n’ont rien d’extraordinaire. Certains signataires le reconnaissent, tout en prétendant encore construire un mouvement sur ces bases, très mal définies.

Il est révélateur que leur blog contenant l’appel mette en avant une photo d’Obama lors d’une manifestation antiguerre de 2002 et son discours ce jour-là. Tout cela remonte avant son élection au Sénat, qui a clarifié pour de bon son attachement aux intérêts de l’impé-rialisme. Concernant l’Irak, son impérialisme « pragmatique » et ses louvoiements sur des questions de détails concernant la présence des forces américaines ont fait de lui le candidat idéal pour sauver la stratégie des États-Unis dans le monde, que la classe dirigeante peine à définir. Après s’être prononcé contre la guerre en Irak en 2002, il va aujourd’hui jusqu’à déclarer, à un chroniqueur ultraréactionnaire de Fox News, que l’envoi de troupes supplémentaires en Irak, décidé par Bush et toléré par les démocrates après leur victoire aux élections intermédiaires de 2006, était un succès – qu’il a aussitôt qualifié de surprenant, pour faire bonne mesure avec ses doutes exprimés à l’époque.

Soutenir Obama et chercher à le tirer vers la gauche est chose plus difficile que jamais. Mi-août, Obama et McCain étaient invités par Saddleback, l’une des plus célèbres Églises évangéliques. Le discours d’Obama, devant une foule très conservatrice, a été l’occasion de se vanter de toutes les occasions où il a voté comme les républicains et d’étaler ses propositions réactionnaires (comme le salaire au mérite pour les professeurs). Un tel positionnement à droite ne l’empêche pas de brandir l’étendard du changement. Il est capable de moduler son discours au fil du temps et en fonction du public qui l’écoute ; le changement consiste, aux États-Unis, à savoir trouver des compromis avec l’autre parti ou les adversaires quand c’est nécessaire.

Retour de flamme

Le mythe du changement est de ceux qui renaissent de leurs cendres et la bourgeoisie en a bien besoin en ce moment. Dès 2006, elle paraissait déjà en mal de stratégie politique, notamment extérieure. Aujourd’hui, avec la crise économique, son désarroi est global, à l’heure où l’ancien directeur de la Banque fédérale des États-Unis affirme que la crise financière est un événement comme il n’y en a qu’une fois par siècle. Mais le bon vieux slogan du changement ne suffira pas à faire illusion longtemps, même si la situation actuelle est trop confuse pour pronostiquer si la victoire d’Obama sera large ou, au contraire, si le mythe Obama est en train de mourir pour ceux qui l’ont soutenu jusqu’ici. La crise pourrait renforcer l’insatisfaction vis-à-vis du bilan de George W. Bush, dont John McCain et sa colistière Sarah Palin vont avoir du mal à se détacher.

Sarah Palin s’est quasiment ridiculisée en montrant son ignorance de la doctrine Bush lors d’une interview télévisée, ce qui est, en un sens, un point commun de plus entre cette ultraréactionnaire et Bush lui-même, qui a parfois revendiqué une certaine méconnaissance du monde et de la politique étrangère. Pour connaître les points communs de McCain avec Bush, il suffit de constater qu’il a voté dans 90 % des cas en faveur de sa politique. Auprès d’un certain électorat, c’est un gage de patriotisme et de proximité avec les « vrais Américains ». Sur tous les points politiques d’actualité, égaux à eux-mêmes, les démocrates tempèrent souvent leurs critiques, avec cette année le soutien majoritaire des capitalistes.

Comme la crise économique, d’autres phénomènes vont revenir sur le devant de la scène après l’élection, voire avant. Parmi eux, l’immigration, dossier qui divise les politiciens comme la société et sur lequel la crise économique aura des retombées. Le racisme, lié à l’immigration mais concernant aussi les Noirs, reviendra aussi, malgré les efforts d’Obama et d’une large part de ses soutiens. Les républicains redoublent d’ailleurs d’allusions racistes, parfois calquées sur certaines déclarations d’Hillary Clinton. Le candidat démocrate n’est pas plus offensif sur ce dossier que sur les autres, face à la droite radicale, et il craint même de susciter trop d’espérances qu’il ne pourrait que décevoir.

Il ne s’agit pas ici de minimiser l’événement que serait l’élection du premier président noir, mais bien de démystifier la victoire possible d’Obama. Le mythe le plus tenace chez les travailleurs des États-Unis est qu’« une fois élu, Obama va troquer son masque centriste pour une politique en notre faveur ». Aujourd’hui, la configuration électorale n’offre pas vraiment d’antidote à cette illusion, mais il est déterminant d’organiser les solidarités et les mobilisations, pour que le président, quel qu’il soit, n’ait pas les mains libres. Sinon, le retour de flamme raciste et conservateur n’en sera que plus violent.

Simon Marceau

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27 septembre 2008 6 27 /09 /septembre /2008 19:02

CHÔMEURS

Offre déraisonnable

La mise en application des offres raisonnables d’emploi vise à abaisser les salaires et les conditions de travail de tous les salariés.

Les critères de l’offre raisonnable d’emploi (ORE), s’appliquant prochainement aux personnes privées d’emploi, ont été adoptés cet été, selon le principe : « Plus on est au chômage depuis longtemps, plus on doit accepter un salaire au rabais. » Entrant en vigueur le 1er octobre, le décret d’application précise les modalités de mise en œuvre, les sanctions encourues en cas de refus et les possibilités de recours.

L’offre est définie lors du premier entretien d’inscription, et les critères – distance au domicile et pourcentage du dernier salaire – s’appliquent au bout de trois mois. Au bout d’un an, un chômeur ne pourra pas refuser plus de deux offres, à partir du moment où la rémunération proposée équivaut à l’allocation-chômage. En cas de refus, le chômeur sera radié des listes pendant deux mois (contre quinze jours actuellement). Concrètement, le chômeur ne touchera plus aucune indemnisation pendant deux mois ! Officiellement, on pourra refu-ser un boulot à temps partiel, sauf que, par exemple, le refus d’un « contrat aidé » à temps partiel, du type contrat d’accompagnement dans l’emploi (CAE) ou contrat d’avenir, est un motif de radiation.

L’objectif est connu : tirer vers le bas les salaires et les conditions de travail de l’ensemble des salariés. Petit problème, pour qu’il y ait des « offres raisonnables», il faut des offres ! Or, la crise frappe, en particulier dans le bâtiment, l’un des secteurs où le gouvernement veut envoyer les chômeurs. Les constructions de logements sont en baisse et la FFB (la fédération patronale) prévoit des licenciements, comme c’est déjà le cas en Espagne.

Un autre aspect de ce décret est la chasse aux étrangers. Il permettra à l’ANPE-Assedic de vérifier les papiers grâce à un arrêté fixant la « liste des documents permettant au demandeur d’emploi de justifier de son identité ». Le gouvernement réintroduit une disposition, gelée pour l’ins-tant, visant à transformer les agents du service public de l’emploi en contrôleurs de sans-papiers.

La riposte a du mal à se mettre en place. En juin, les associations de chômeurs ont lancé un appel pour le retrait de l’ORE. Une réunion est prévue le 25 septembre, à l’appel d’AC !, Agir contre le chômage. Mais, comme au moment de la lutte contre la fusion de l’ANPE et de l’Unedic, les confédérations ne mobilisent pas sur la question. Certaines fédérations syndicales dénoncent l’ORE, mais aucune action n’est prévue. Toutes les organisations syndicales sont occupées par les innombrables réunions avec la direction de la future institution, censée être mise en place au 1er janvier prochain. Et les salariés des deux organismes encore existants sont préoccupés (à juste titre) par les conséquences de cette fusion sur leurs conditions de travail, sans avoir vraiment conscience de l’ampleur de l’attaque que représente cette offre « raisonnable ». 

Lucas Maldini

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27 septembre 2008 6 27 /09 /septembre /2008 18:59

DRANCY

Lycée en grève

 

 

 

 

C’est la grève au lycée Eugène-Delacroix de Drancy (Seine-Saint-Denis). Dans ce grand lycée de ZEP (1800 élèves), les problèmes graves ont été nombreux, l’an dernier. À défaut d’avoir été réglés, ils n’ont fait qu’empirer à la rentrée : postes de professeurs ou de surveillants non pourvus, reprographie en panne et surchargée, avec l’emploi d’un contrat d’accompagnement dans l’emploi (CAE) à mi-temps pour ce service, cours de philosophie dans la cafétéria, salles trop petites, etc.

Pourtant, du fric, il y en a : de nouveaux bâtiments démontables ont été construits, pour la modique somme d’1 million d’euros ! Et, coup du sort, ils ne sont pas aux normes. Bilan, de nombreuses salles manquent car, dans le même temps, le nombre d’élèves augmente. Par ailleurs, le nouveau proviseur, en poste depuis l’année dernière, subordonne le fonctionnement habituel du lycée à la légalité, au respect à la lettre des dernières lois, sans se soucier du personnel et avec des méthodes dignes du Medef. Par exemple, il souhaite allonger la présence des secrétaires dans l’établissement en rognant sur leur pause repas ! Pourtant, personne ne se plaignait !

Le ras-le-bol de l’ensemble des personnels de l’établissement est tel que la grève s’organise depuis plusieurs jours. Que ce soit pour les TOS, les administratifs ou les professeurs, tous les problèmes sont mis sur la table. Effet de la décentralisation, rectorat, administration et région se renvoient la balle ! Le proviseur fait avec ce qu’il a ; le rectorat aussi. Au fond, les problèmes de moyens ou de temps de travail sont liés aux politiques gouvernementales successives, et en particulier aux dernières suppressions de postes. Appliquer les lois du gouvernement entraîne des conditions de travail désastreuses pour les personnels et pour les élèves.

Les personnels du lycée Eugène-Delacroix de Drancy ne sont pas les seuls dans cette situation. Le lycée Jean-Pierre-Timbaud, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), rencontre les mêmes soucis. Il faut donc briser l’isolement et se battre pour la défense du service public d’éducation.

Fanny Michel

et Julien Kubrick

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27 septembre 2008 6 27 /09 /septembre /2008 18:56

GOODYEAR

Appel à la convergence

La direction de Goodyear-Dunlop à Amiens (1 400 emplois) voulait pratiquer le chantage : le travail en 4x8 ou bien 402 licenciements (Rouge n° 2266, du 18 septembre). La CGT et SUD, majoritaires, ont refusé un accord accepté par certains syndicats. Une expertise commandée par le comité d’entreprise décrit le « sous-investissement chronique » permettant ensuite de conclure à la restructuration. Le comité d’hygiène et de sécurité (CHSCT) devait aussi se prononcer, mais la direction a voulu passer outre. Le tribunal d’Amiens lui a donné tort, le 17  septembre, et les salariés ont obtenu un nouveau délai pour la lutte, après déjà deux ans de résistance.

Ce délai pourrait être mis à profit pour renforcer la dimension de solidarité et de convergence unitaire contre les licenciements. Notamment dans l’automobile, où la crise économique est utilisée par les patrons (Renault, Ford, etc.) pour détruire l’emploi. C’est la raison pour laquelle la manifestation à caractère national, appelée le 16 septembre à Amiens, notamment par la fédération CGT de la chimie, SUD-Goodyear et des syndicats d’entreprise, avait une valeur exemplaire de convergence des luttes. Étaient présents des délégations de Valeo, Kleber, Michelin, Plastic Omnium, Ford-Blanquefort, action soutenue aussi par des porte-parole politiques (LCR, LO, PCF).

Mickaël Wamen, au nom de la CGT-Goodyear, a lancé un appel : « Comme dans beaucoup d’entreprises, nous sommes menacés de plan social si nous n’acceptons pas le chantage de travailler plus pour gagner moins […]. Il y a maintenant deux ans que nous luttons… Les Goodyear ne sont pas les seuls ; partout en France, des milliers de salariés sont confrontés à de grands groupes qui en veulent plus et qui n’ont aucun scrupule ! Ils délocalisent tout simplement pour accroître la fortune de quelques privilégiés […]. Combien de temps encore allons-nous râler dans notre coin ? […] Le service public est réduit au minimum et tous les métiers souffrent : hôpital, SNCF, La Poste, l’enseignement… Il n’y a pas public et privé, la casse est globale, l’action doit être générale ! Il faut donc une convergence des luttes ! […] La CGT-Goodyear appelle de toutes ses forces les leaders nationaux syndicaux, et notamment Bernard Thibault, a agir et réagir […], il faut stopper les journées d’action tous azimuts […], il est grand temps d’appeler à une grève massive nationale et interprofessionnelle réunissant le monde du travail privé et public. Nous demandons à la confédération CGT de réunir toutes les fédérations afin de définir cette action. Il y a des Goodyear partout, et c’est ensemble que nous réussirons… » Virgilio Mota da Silva (SUD-Goodyear) a également appelé à une action de convergence, « le 10 octobre, au Salon de l’automobile ». Un rendez-vous qui est maintenant dans l’agenda des syndicalistes du secteur automobile. 

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27 septembre 2008 6 27 /09 /septembre /2008 18:53

Ils tombent...

La crise économique connaît de nouveaux rebondissements, de nouvelles faillites ayant eu lieu. Utilisant l’argent du contribuable pour combler les pertes, le Trésor américain annonce un plan de 700 milliards de dollars. Mais la crise n’est pas finie.

Crise financière et crise réelle continuent à cheminer côte à côte, mais de plus en plus étroitement imbriquées. Une fois c’est l’une, une fois c’est l’autre qui prend la vedette. Il y a quinze jours, c’était la crise réelle qui tenait le devant de la scène, avec un monde développé en récession. Désormais, c’est la crise financière qui passe au premier plan. Elle progresse suivant toujours le même axe : l’effet domino, où chaque pièce qui tombe en entraîne une autre à sa suite. Après Fannie et Freddie, les deux géants du refinancement hypothécaire américain, la banque d’affaires Lehman Brothers ; après Lehman, la compagnie d’assurance AIG (qui était, il n’y a pas si longtemps, numéro un mondial) ; après AIG, la banque anglaise HBOS, rachetée en catastrophe par la Lloyds TSB.

Mais l’effet domino a élargi son cercle et concerne de nouveaux acteurs, qui ne sont plus directement liés au marché hypothécaire américain. La chute de Fannie et Freddie s’explique évidemment par l’effondrement de ce marché. Tel est encore le cas de Lehman, fortement impliqué dans le crédit immobilier aux États-Unis. Les choses changent déjà avec la banque anglaise HBOS, tombée parce qu’elle est le plus gros prêteur immobilier, non pas aux États-Unis, mais en Grande-Bretagne. Le glissement est encore plus net avec AIG, dont le lien au marché hypothécaire n’est qu’indirect.

Nous en sommes même arrivés à un effet domino qui anticipe son propre mouvement. Une fois un domino tombé, les acteurs de la finance cherchent quel sera le prochain, persuadés qu’il y en aura un. Chaque fois qu’une victime est désignée, la meute de loups l’entoure, l’isole, fixant sur elle des yeux de braise, attendant qu’elle tombe pour la dépecer, tout en se lamentant sur la crise effroyable. La logique de la crise financière est désormais auto-entretenue.

Le plus grave, c’est qu’à côté de l’effet domino, il y a un effet ping-pong, où sphère financière et économie réelle se renvoient la balle. Tel commence à être le cas de l’économie réelle à la sphère financière, parce que la dégradation de l’activité économique rend insolvables des emprunteurs, même en dehors du marché hypothécaire. Mais tel est surtout le cas de la sphère financière à l’économie réelle. La cascade d’effondrements financiers ne peut qu’accentuer la restriction du crédit bancaire, déjà bien entamée. Et les retombées négatives de ces effondrements vont bien au-delà de ce seul volet. Ainsi, la chute de Lehman a un impact psychologique désastreux, mais elle va également frapper les autres établissements qui lui ont prêté de l’argent, qui ne peuvent plus rentrer dans leurs fonds et seront, de ce fait, soupçonnés à leur tour ; enfin, la liquidation des actifs de Lehman, jetés sur les marchés pour sauver quelques sous, va contribuer à dégrader encore un peu plus les cours.

Plan d’urgence

Il ne fait pas de doutes que ce jeu de ping-pong va aggraver la crise réelle commençante. En une dizaine de jours, la probabilité d’une crise mondiale s’est nettement accrue. Mais une autre possibilité est maintenant ouverte : celle d’un effondrement en cascade de l’ensemble du système financier mondial. Jusqu’à présent guère concevable, cette hypothèse a gagné en crédibilité avec les événements récents, tout en n’étant toujours pas la plus probable. La déflagration sera sans doute évitée, mais il est désormais clair que la crise proprement financière est installée pour longtemps.

Confrontées à la violence du tremblement de terre, les boussoles s’affolent. Et les autorités publiques s’empressent de voler au secours du capital, comme elles l’ont fait avec Fannie et Freddie, puis à nouveau avec AIG. On nous a longuement et doctement expliqué que les marchés s’équilibraient eux-mêmes, et qu’il ne fallait surtout pas intervenir, ni perturber leur fonctionnement. Mais, dès que le système de profit est menacé, les beaux discours sont jetés aux orties, littéralement piétinés, et il ne reste plus que la réalité toute crue de la défense du fric. Et certains de se réjouir de cet interventionnisme, contradiction en actes du libéralisme ambiant. Est-ce là toute la leçon que l’on peut tirer de la catastrophe imminente ? Le système capitaliste lui-même n’a-t-il pas démontré sa nocivité, l’effroyable capacité qu’il a d’entraîner avec lui toute l’humanité aux abîmes ? L’appel à l’État pour couvrir les pertes d’aujourd’hui et garantir les profits de demain change-t-il quoi que ce soit ?

Manifestement non, c’est une façon de sauver ce qui peut l’être du néolibéralisme. Il n’est pas question de nous contenter d’un tel discours. En réalité, le contraste est saisissant entre la rapidité avec laquelle la crise progresse et le ronron de la gauche « de gouvernement » où, s’il arrive que l’on parle, on parle en tous les cas de tout autre chose. Un sursaut s’impose, la contre-offensive doit s’organiser. Il nous faut un nouveau plan d’urgence, un plan d’urgence face à la crise. 

Isaac Johsua

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27 septembre 2008 6 27 /09 /septembre /2008 18:51

Le mirage de Grenelle


Un an après son lancement ultramédiatisé, le Grenelle de l’environnement se traduit par une proposition de loi devant être adoptée en octobre. Le cours des événements, et en particulier les péripéties autour de la loi OGM, finalement en faveur des semenciers, avait fini par dessiller les yeux de bon nombre d’écologistes sur les prétendues vertus d’un sarkozysme vert. Le texte de loi Grenelle 1 le confirme.

Lamentable écologie gouvernementale que celle qui se chamaille sur la taxe pique-nique et la fiscalité verte, alors que le logement, les transports, l’énergie ou l’aménagement du territoire nécessitent des mesures d’ampleur, en rupture avec le modèle actuel de développement fondé sur l’utilisation massive des énergies fossiles et du nucléaire. Les promesses les plus ambitieuses du Grenelle ont été réduites comme peau de chagrin car, bien souvent, aucun budget conséquent n’a été prévu pour les financer.

Dès lors, comment envisager un plan de rénovation et de construction de logements avec de hautes qualités environnementales ? Faut-il faire reposer la responsabilité des travaux et des budgets sur les propriétaires individuels et les locataires ? Comment prévoir le transfert de la route vers le rail, quand le plan fret de la SNCF ferme 260 gares et que les 80 projets autoroutiers actuels correspondent à une augmentation de 40 % des capacités autoroutières de la France ? Faut-il attendre les catastrophes climatiques pour envisager une mutation, une décarbonisation, de l’économie ? Comment envisager un développement massif et harmonieux des énergies renouvelables, si aucun service public rénové n’est là pour assurer la nécessaire planification des investissements et des installations ?

À ces questions, le gouvernement n’apporte aucune réponse. Rien d’étonnant à cela, puisqu’elles entrent en contradiction avec la nature même du capitalisme, fondé sur le gaspillage, la course à la consommation et le mépris des équilibres naturels. Les prochaines mobilisations, notamment en faveur de la justice face aux changements climatiques, doivent mettre en lumière la responsabilité de ce système, dont le Grenelle n’est finalement qu’un avatar.

Vincent Gay

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27 septembre 2008 6 27 /09 /septembre /2008 18:46

Un salarié se suicide à Dreux

Éric Bouchet, 45 ans, père de trois enfants, s’est donné la mort, vendredi 19 septembre, à la suite de l’annonce, la veille, par l’administrateur et la direction de l’entreprise Klarius (pots d’échappement), de la liquidation judiciaire du site, situé dans la zone industrielle nord de Dreux (Eure-et-Loir).

Éric avait débuté sa carrière professionnelle dans cette zone à 16 ans. À Rosi d’abord, puis chez Arvin, et enfin, à Klarius, dont la faillite frauduleuse, bien orchestrée, laisse sur le carreau des hommes et des femmes comme lui. « C’est ce qui peut nous arriver de pire, la mort d’un collègue, qui vient de perdre son travail », hurle un copain. « Éric, c’était un type bien, gentil, très calme. » On ne pourra nier que l’annonce de son licenciement et la fermeture de l’usine ont poussé Éric à commettre l’irréparable. La lettre qu’il a laissée est claire à ce sujet.

Rien n’est mis en œuvre afin d’aider les salariés licenciés, et les cellules de reclassements les harcèlent individuellement pour les pousser à reprendre, à n’importe quel salaire, un emploi très souvent précaire. Le député-maire UMP de Dreux, Gérard Hamel, n’a jamais levé le petit doigt pour répondre aux préoccupations des 310 salariés de Klarius. Ils devront se contenter de 3000 euros d’indemnité et d’une cellule inefficace de reclassement. Tout comme il est resté indifférent à la colère des 279 salariés contestant, pendant plus de sept semaines, leurs licenciements chez Philips EGP. ■

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27 septembre 2008 6 27 /09 /septembre /2008 18:45

Des manifestants en procès à Carhaix

Le 24 septembre, six manifestants, dont trois militants LCR/NPA, devaient être jugés pour avoir manifesté contre la fermeture des services de maternité et de chirurgie de l’hôpital de Carhaix (Finistère), décidée par le directeur de l’agence régionale d’hospitalisation (ARH), Antoine Perrin. Celui-ci ne fait pas partie des accusés, alors que son arrêté illégal est la seule cause des manifestations. Cet arrêté a, en effet, été levé par le tribunal administratif, donnant raison aux défenseurs de l’hôpital.

L’État s’acharne sur six personnes, avec un dossier d’accusation épais comme une feuille de papier à cigarette. Un seul garde mobile est témoin des six arrestations effectuées à des horaires différents, et une jeune fille de 18 ans est accusée d’avoir malmené un groupe de quatre CRS.

À la barre, pour témoigner en faveur des inculpés, devaient se succéder le maire de Carhaix, en première ligne dans la lutte de défense de l’hôpital, le président de la région Bretagne, qui avait appelé la population centre bretonne à préparer un « Plogoff », la présidente de l’Association des femmes enceintes, qui avaient annoncé que, coûte que coûte, elles accoucheraient à Carhaix, et la présidente de l’Anacr qui, lors du conflit, avait déclaré que « résister doit toujours se conjuguer au présent ».

Les militants et sympathisants du NPA et de la LCR apportent leur soutien inconditionnel aux inculpés, et ils dénoncent la volonté de faire payer à quelques-uns la victoire d’une lutte arrachée par tous. ■

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27 septembre 2008 6 27 /09 /septembre /2008 18:41


Réalisé par le NPA 13 lors de l'université d'été de la LCR à Port-Leucate en août 2008.
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27 septembre 2008 6 27 /09 /septembre /2008 18:39

Olivier Besancenot sur RTL le 23 septembre 2008, hébergé par Radio Rouge


Le porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie mardi matin. Alors que les syndicats appellent les postiers à la grève, Olivier Besancenot craint que l'ouverture du capital qui se profile ne se traduise par la fermeture de nombreux bureaux de Poste. Et de s'interroger : "Pourquoi les bénéfices dégagés par l'entreprise depuis cinq ans n'ont pas été utilisés pour la moderniser". Il a par ailleurs annoncé qu'il voterait contre le Revenu de solidarité active (RSA).
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