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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 11:59
A VOIR ET ECOUTER ABSOLUMENT, prenez le temps d’écouter Gérard FILOCHE, il dit exactement ce que l’on défend tous les jours, çà fait du bien d’entendre de tels propos dans un congrès de ….socialistes libéraux  mais que fait il au PS!!!,
Gérard FILOCHE, ancien inspecteur du travail, intervenant au Congrès du PS ....on aimerait que de tels propos soient partagés par la direction de ce parti. . 
Cela dure moins de 8 minutes, écoutez-le.
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24 juillet 2011 7 24 /07 /juillet /2011 09:41

Sexe, genre et goupillon, le Moyen-âge à l’heure de la mondialisation

A travers ses multiples rebondissements, l’affaire DSK illustre une fois de plus, et quels que soient les faits, que, pour le monde politique et médiatique, seule comptent la parole de l’ex-Directeur Général du FMI et le souci de lui trouver des circonstances atténuantes. A droite comme à gauche, que de mépris pour la femme de chambre, et pour la femme tout court ! Que d’excuses pour la manifestation brutale d’un besoin sexuel pour peu qu’il soit le fait d’un homme de pouvoir face à une femme qui fait partie, en outre, des catégories les plus exploitées de la population !

La présidente du parti chrétien démocrate, Christine Boutin, qu’on voit le plus souvent la Bible à la main, a affirmé de façon appuyée sa solidarité avec Strauss-Kahn, après que la journaliste Tristane Banon a eu déposé contre DSK une plainte pour tentative de viol. « J'avoue que j'ai un peu la nausée de tout ça. Je préférerais qu'on arrête. L'affaire Banon qui tombe également... Enfin ça suffit, ça suffit, ça suffit! ». Et de saisir l’occasion des révélations qui ont semblé accuser la femme de chambre pour rappeler qu’elle avait été «  la première à dire qu'il était probablement tombé dans un piège  ».
On le savait déjà, les tenants de l’ordre moral ne sont pas les derniers à fermer les yeux sur les frasques des puissants de ce monde, tant il est vrai que le mariage qu’ils défendent a toujours eu comme complément la prostitution et l’adultère.
Les mêmes se sont déchaînés contre la proposition de loi émanant de députés socialistes d’« ouvrir le mariage aux couples de même sexe ». Celle-ci, examinée à huis clos à l’Assemblée nationale le 25 mai, a été finalement rejetée, sous les assauts en particulier de membres du courant de la Droite populaire, dont le chef de file, Laurent Wauquiez, se réclame d’une droite décomplexée. « Et pourquoi pas des unions avec des animaux ? Ou la polygamie », a ainsi lancé la députée UMP Brigitte Barèges. Christine Boutin s’est élevée « toujours contre le mariage homo, porte ouverte à l’adoption. L’intérêt de l’enfant est d’avoir un papa et une maman ». Et pour sa non légalisation, car « il y a des logiques qu’on ne peut pas arrêter. Quand il y a une faille dans une digue, la mer s’engouffre et la digue rompt. C’est la même chose. J’ai beaucoup d’amis homosexuels, et beaucoup ne réclament pas le mariage »
La même Christine Boutin, qui accumule nombre de titres en matière de profession des idées réactionnaires - consulteur du Conseil pontifical pour la famille au Saint-Siège en 1986, organisatrice avec d’autres de la « Marche pour la vie » en 1988, virulente pourfendeuse du PACS en 1998 à l’Assemblée - est aussi à l’origine, avec l’Association des Familles Catholiques, d’une pétition contre les nouveaux programmes de SVT (sciences de la vie et de la terre) de Première. La pétition dénonce « un programme offrant un panorama de la sexualité morbide et mortifère (contraception et contragestion)… une vision de la sexualité technique, où le corps est réduit à sa dimension matérielle, … une sexualité décrite comme proche de celle de l’animal » !
Diable ! Qu’est-ce qui peut bien, dans ces nouveaux programmes, élaborés par des enseignants soucieux de transmettre les derniers acquis scientifiques aux élèves de lycée, provoquer une telle panique ?
Simplement le fait qu’ils s’appuient sur la théorie du genre, c’est-à-dire la construction sociale de l’identité sexuelle et de l’orientation sexuelle, qu’ils dissocient la sexualité de la reproduction, qu’ils légitiment le plaisir sexuel comme un des éléments de l’épanouissement des êtres humains, et mettent en évidence ses mécanismes. De quoi évidemment faire frémir d’horreur les curés de toute obédience. Il est vrai que c’est une brèche de taille dans l’institution de la famille patriarcale et du mariage monogamique !
Face à cette offensive des préjugés les plus réactionnaires dont cette pétition est une des expressions, il est évident que la reconnaissance du mariage de personnes du même sexe est un combat démocratique essentiel que nous faisons nôtre, quelle que soit par ailleurs notre conviction que l’institution du mariage va à l’encontre de la liberté qui devrait présider au choix de toutes et de tous de s’associer comme bon leur semble, dans un respect réciproque qui ne regarde qu’eux-mêmes.
Le mariage en effet, dès sa naissance dans les sociétés antiques, a sanctionné la propriété de l’homme sur la femme. Dans les classes possédantes, en particulier, il assurait à l’homme la certitude – en théorie du moins - de sa paternité et que c’est bien à ses propres enfants qu’il lèguerait ses biens et sa fortune.
Charles Fourier, prédécesseur des socialistes, comme le jeune Marx et les révolutionnaires de son temps, avait, au début du XIXème siècle, critiqué au vitriol le mariage bourgeois qui se prétendait – et se prétend - moderne et civilisé, tout en défendant une appropriation de la femme, qui ne doit se donner qu’à un seul homme, avec son cortège de jalousie et autres sentiments de propriété des êtres, sentiments d’un autre temps, et qui peuvent briser bien des vies : les chroniques judiciaires, les romans et autres émissions télévisées débordent d’exemples…
Et lorsque ce même Fourier défendit le principe de liberté sexuelle pour la femme, mais aussi entre hommes et femmes du même sexe, voire pour les jeunes et les vieillards, il fit scandale, et fut traité de fou… alors qu’il ne faisait qu’entrevoir, au début du XIXème siècle, la riche palette des rapports humains entravés, voire réprimés, par des siècles de « civilisation » de classe.
Lorsque Marx et les premiers socialistes, dans la foulée de Fourier et de Flora Tristan, dénoncèrent le mariage bourgeois, on les accusa violemment de défendre « la communauté des femmes ». On reprocha aux révolutionnaires russes, dont Lénine et Trotsky, de remplacer la famille par la collectivisation des enfants lorsque le jeune Etat ouvrier né de la révolution, instaura, en 1918, l’union libre, le droit à l’avortement et la suppression du « délit d’homosexualité » …
Mais ce qui apparaissait encore à l’époque, comme du domaine de l’utopie, se révèle aujourd’hui comme le résultat inéluctable de l’évolution des connaissances scientifiques et des relations humaines, au point que les programmes de SVT en prennent acte de manière quasi-officielle.
Pour les tenants de l’ordre moral qui voient à juste titre la famille traditionnelle, patriarcale, comme un ciment de l’ordre social tel qu’ils voudraient le maintenir, le respect de l’appropriation des richesses comme des êtres humains, de l’exploitation qui garantit les privilèges de quelques-uns, il est essentiel de maintenir les tabous et préjugés moyenâgeux qui entourent la sexualité.
A l’inverse, le combat contre cet obscurantisme qui génère tant de souffrances dans les rapports entre les êtres humains est au cœur de la transformation révolutionnaire de la société.
Tant il est vrai qu’il ne pourra y avoir de libre épanouissement de la personnalité humaine que dans des rapports sociaux débarrassés de la gangue de la propriété privée et de sa réfraction dans le domaine des relations intimes entre les individus, le mariage bourgeois.
Monica Casanova
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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 21:18
 
 
 
A la fête de l’Humanité de septembre dernier, le Front de gauche lançait son « programme partagé ». Depuis, un Cahier citoyen - Ce que la gauche devra faire (disponible sur le site www.pcf.fr) a été publié pour appeler à « débattre ensemble ». Alors débattons, mais pas seulement en « prenant le stylo » pour commenter les mesures, comme le FdG y invite « les citoyens » mais débattons du fond : un programme pour quoi faire ? au service de quels intérêts ?
 
L’urgence aujourd’hui est bien de discuter des réponses pour résister à l’offensive des possédants et des gouvernements qui font payer la crise du capitalisme aux travailleurs et aux peuples, débattre pour aider le monde du travail à affirmer ses exigences comme priorité absolue, en assumant de construire une opposition frontale avec ceux qui défendent les intérêts du capital : patrons de la finance et de l’industrie, partis gouvernementaux et Etats, institutions internationales comme l’UE ou le FMI.
 
S’il veut être utile pour inverser les rapports de forces, un programme doit donc partir des besoins des classes populaires, tant sociaux qu’écologiques et démocratiques. Il n’y a pas de magie du verbe, mais les affirmer, les mettre en discussion parmi ceux qui veulent lutter pour les rendre réels, c’est déjà les légitimer. C’est aussi ouvrir la discussion sur les moyens pour les imposer aux classes dominantes, débattre du pouvoir qui pourrait les mettre en œuvre, des voies et des moyens pour changer le rapport de forces.
 
Quelles mesures ? Pour servir quels intérêts ?
 
Le point de départ, ce sont les besoins urgents et immédiats du monde du travail. Impossible ici de les évoquer tous (logement, santé, éducation, culture, transports…), alors discutons de l’emploi et des salaires, les questions clé pour mettre un coup d’arrêt au recul social et à l’appauvrissement. L’urgence est de partager le travail entre tous en travaillant moins, d’interdire les licenciements, d’embaucher dans la fonction publique, d’en finir avec la précarité, d’augmenter les salaires et pensions d’au moins 300 € nets avec un SMIC et des minima sociaux à 1600 € net.
 
On se retrouve ainsi d’accord avec le Cahier citoyen, dans sa partie « droits sociaux », qui propose « la revalorisation des retraites et des salaires avec un SMIC à 1600 euros » (net, on suppose). Ensuite, il propose « l’interdiction des licenciements boursiers » : la restriction parait bien inutile, vu que rien ne différencie des licenciements boursiers – on entend d’une entreprise qui veut faire remonter ses actions – des autres licenciements économiques (dans une société non cotée qui se restructure, ou endettée auprès des banques, ou tout simplement dont le propriétaire veut augmenter ses profits), ou même pour fautes, le plus souvent provoquées pour se débarrasser de salariés à moindre frais (les licenciements individuels sont les plus nombreux).
 
Contre le chômage, le FdG envisage une « sécurisation sociale de l’emploi et de la formation », reprenant une revendication de la CGT, c’est-à-dire, si on comprend bien, la mise en place d’une caisse alimentée par des cotisations sociales pour faire face aux suppressions d’emplois. Cela revient à chercher des solutions pour les accompagner, alors que nous pouvons envisager de mettre réellement fin au chômage en partageant le travail entre tous. Nous avons tout à gagner à affirmer clairement les besoins des classes populaires, « un emploi c’est un droit, un revenu c’est un dû » ose à juste titre le slogan des mouvements de chômeurs.
 
Alors bien sûr, de telles mesures exigent d’imposer une autre répartition des richesses, et impliquent un contrôle de l’économie par les travailleurs et la population, un gouvernement des travailleurs qui oserait prendre des mesures autoritaires contre la propriété privée de la finance et de l’industrie. Mais est-ce moins réaliste que d’envisager une nouvelle branche de la sécurité sociale pour l’emploi… au moment où le pouvoir est en train de casser celles qui existent pour essayer de les remplacer par des assurances privées (voir le nouvel épisode de dialogue social qui se met en place sur la dépendance) ?
 
Il s’agit bien de discuter d’une issue à la crise du capitalisme. Le Cahier citoyen veut une politique pour « permettre à l’économie de redémarrer ». La formule pose problème, si on ne définit pas de quelle économie on parle. On suppose que ce qui est souhaité, c’est la création des emplois. Mais le redémarrage de l’économie actuelle, celui auquel travaillent les capitalistes, se fait sur la destruction des emplois et des usines, pour faire redémarrer les profits, comme le montre Sanofi, supprimant des centaines d’emplois alors qu’elle fait des bénéfices record. Nous avons besoin d’affirmer une toute autre logique : une économie au service de la population, sous son contrôle, ce qui veut dire contre les intérêts de la classe financière et industrielle, contre leur propriété privée.
 
Pour cela, il ne suffit pas de proposer « la suppression du bouclier fiscal et la taxation des revenus financiers » et la création « d’un pôle public bancaire qui utilise l’argent public et celui des dépôts en faveur d’une politique du crédit favorisant l’emploi, les salaires, l’investissement et la recherche », comme le fait le Cahier citoyen. La perspective d’une régulation du capitalisme et de l’intervention de l’Etat pour atténuer la folie des marchés est une impasse. Depuis 2008, jamais les Etats ne sont autant intervenus pour réguler le capitalisme, limiter les dégâts pour les financiers eux-mêmes, et les milliers de milliards qu’ils ont dépensés pour sauver les banques n’ont fait qu’alimenter la spéculation. Ce faisant, les Etats ont aggravé leur endettement, qu’ils financent en durcissant les plans d’austérité contre les peuples. Ils alimentent une phase encore supérieure de la crise.
 
La question qui se pose est de mettre un coup d’arrêt à cette machine infernale, de mettre hors d’état de nuire le capital financier, et pas seulement le taxer pour reprendre un peu de ce qu’il a volé.Avançons le refus de payer pour les banques, de payer la crise, la nécessité d’exproprier la finance, d’interdire la Bourse, d’annuler la dette des Etats, de nationaliser sans rachat tout le secteur bancaire et de l’unifier pour que le pouvoir des travailleurs exerce un contrôle complet sur le crédit. Contre le mythe de la finance internationale intouchable, nous avons besoin d’armer politiquement les mobilisations de mesures radicales qui démontrent qu’il n’y a pas de fatalité économique.
 
Sur le plan des mesures écologiques, le Cahier citoyen propose au débat « un plan de relance de l’industrie et de l’emploi s’appuyant sur l’innovation et le respect de l’environnement » et le « développement de la recherche pour la production énergétique renouvelable ». Mais pour y arriver, il est nécessaire d’affirmer que cela passera par des mesures autoritaires contre les multinationales des énergies fossiles (pétrole, gaz, nucléaire) et du « capitalisme vert », de même qu’un « développement humain et durable » ne peut s’envisager qu’en rupture avec l’appropriation privée des profits, que sous un contrôle démocratique le plus large.
 
Comment appliquer un programme au service des travailleurs et de la population ?
 
Toutes ces mesures posent le problème de qui décide dans la société, en fonction de quels intérêts. Le Cahier citoyen affirme que « l’intérêt général doit primer sur la volonté des actionnaires ». Certes, mais comment ? Il propose une « 6ème république, sociale et participative ». L’expression est bien vague et employée par beaucoup, jusqu’au PS et Europe Ecologie.
 
La perspective envisagée par le Front de Gauche est que ces « réformes incontournables devraient impérativement être mises en œuvre par une nouvelle majorité politique de gauche ». Mais on sait bien qu’un tel programme, pourtant bien timide, n’est même pas acceptable par le PS et Europe Ecologie, seules forces capables de constituer une majorité avec le FdG, si elles veulent de lui, et qui en représenteraient d’ailleurs le poids principal. On le voit bien encore aujourd’hui, dans les Conseils régionaux, où les élus FdG votent les budgets préparés par les présidents PS. Sur les plateaux, J-L. Mélenchon esquive la difficulté en prétendant que lui, ou le FdG, peuvent passer devant le PS, ou peser suffisamment pour obliger le PS à se rallier au FdG au lieu de l’inverse. Ces tours de passe-passe ne résolvent rien.
 
Les expériences de la gauche au pouvoir sont encore dans les têtes, et le Cahier citoyen évoque ces échecs, sans les nommer, en espérant « construire les changements qui permettront à la gauche de rompre réellement avec les logiques libérales » et propose comme garantie « un pacte, le serment que la gauche ne trahira pas l’espoir de changement ».
 
Nous avons besoin en effet de discuter des garanties pour le monde du travail qu’un programme défendant ses intérêts soit réellement appliqué. Pour cela, un pacte ne protège de rien… la gauche s'est si souvent reniée. Il n’y a qu’une seule réponse : la garantie que les travailleurs et la population seront capables d’exercer eux-mêmes, par leur propre mobilisation et organisation, en s’emparant de ce programme. Ceux qui le portent aujourd’hui doivent affirmer « ne comptez que sur vous-mêmes », sur les organisations démocratiques créées en se mobilisant pour prendre directement des décisions et contrôler leur application.
 
C’est la seule force sociale pouvant faire face à celles du patronat et de l’Etat. Un programme pour les travailleurs ne pourra être mis en œuvre que par l’action des travailleurs eux-mêmes sur leur propre terrain, celui des mobilisations, des grèves mais aussi sur le terrain politique, pour imposer par le rapport de forces des mesures contraignantes pour les possédants. Pour agir, l’Etat n’est pas un point d’appui. Il n’est pas neutre, construit par les classes dominantes pour les servir, y compris en intégrant le principe de l’alternance au gouvernement. Seul un pouvoir issu des luttes pourrait avoir le rapport de forces nécessaire pour briser la dictature de la finance, en s’appuyant sur le contrôle démocratique des travailleurs sur toute la marche de la société, ce qui ouvrirait une réelle possibilité de changer le monde.
 
Certes, compte tenu de la situation actuelle, un tel pouvoir des travailleurs peut paraître une formule abstraite. Mais une telle perspective est essentielle pour indiquer nos propres objectifs, convaincre qu’il existe une issue qui ne peut être qu’en rupture avec l’existant et ne peut pas se mouler dans l’Etat actuel.
 
« Mais alors, c’est désespérant, on ne peut pas gagner ? » répondent ceux qui espèrent le changement en 2012… Mais qu’a-t-on déjà gagné en dehors des luttes ? Il ne s’agit pas de se laisser dominer par le grand barnum électoraliste, mais d’aider les travailleurs à intervenir sur leur terrain, sans attendre 2012, que ce soit dans des luttes locales ou générales, pour les salaires, contre les licenciements, contre la casse des services publics et de la sécu, pour la défense des sans-papiers… Il s’agit de faire en sorte que chaque lutte aille au bout de ses possibilités, qu’elle soit utile à l’expérience collective, de porter aussi cette expérience dans les élections, d’en être les porte-parole pour unir les forces du monde du travail.
 
Après l’expérience de la lutte sur les retraites, il s’agit ainsi de préparer la prochaine étape des mobilisations de masse, alors que les programmes pour des « majorités de gauche » préparent les prochaines désillusions, réellement désespérantes elles, et pouvant profiter à l’extrême droite.
 
Bien sûr, nous militons pour infliger une défaite à la politique de Sarkozy et du Medef, c’est-à-dire pour qu’au cœur des mobilisations, une force politique et sociale prenne suffisamment corps pour leur imposer de vrais reculs. Le « vrai changement » politique dans ce pays serait qu’émerge une force d’opposition ouvrière et populaire indépendante des partis institutionnels et de leurs combinaisons électorales et parlementaires.
 
Les travailleurs, la jeunesse ne peuvent compter que sur eux-mêmes, leurs organisations quel que soit le gouvernement, pour défendre leurs droits et leurs revendications. Cela signifie une totale indépendance, c’est-à-dire opposition, vis-à-vis de ceux qui comme le PS et EE, veulent poursuivre à l’échelle gouvernementale les politiques libérales qu’ils mènent déjà au niveau local.
 
Il n’y a pas d’autre issue que la mobilisation et l’organisation. Il faut en construire un des instruments indispensable un parti qui popularise, avance un programme de classe, offensif, pour changer le monde, et qui milite pour l’unité dans les luttes, un parti entièrement fidèle aux travailleurs et qui ne marchandera pas cet engagement pour une quelconque combinaison électorale ou parlementaire.
 

François Minvielle

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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 09:05

Retraites : les fausses audaces du PS

 
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Malgré les attaques de la droite contre la prétendue démagogie des propositions du PS, celles-ci entérinent bien les précédentes contre-réformes qui ont déjà vidé de son contenu la retraite à 60 ans.
Le Parti socialiste a donc fini par annoncer ses propres propositions sur les retraites. Elles vont de l’amélioration de l’emploi des seniors, à la retraite « à la carte » et à l’accroissement des recettes par l’augmentation des cotisations et la taxation de certains revenus du capital, des bonus, des stock-options, de la participation et de l’intéressement. Mais, bien sûr, ce qui a perturbé les conditions du débat public naissant sur les retraites est le maintien proclamé de l’âge légal de la retraite à 60 ans et le report au-delà de 2020 d’une éventuelle augmentation du nombre d’annuités de cotisation nécessaires. Il n’en fallait pas plus pour que la droite dénonce la démagogie du PS et son goût immodéré pour les augmentations d’impôts. La contre-offensive gouvernementale a immédiatement été lancée sur le thème : le PS prétend « taxer le capital », mais comme cela ne suffira pas, ce sont les « couches moyennes » qui vont payer…

Les propositions du PS sont loin de constituer, du point de vue du monde du travail, une réponse à la hauteur. En particulier, préconiser la retraite « à la carte » ne peut conduire qu’à individualiser les situations et, donc, à ruiner les garanties collectives. La création d’un compte retraite individualisé est d’ailleurs l’un des moyens préconisés par les experts patronaux pour saper les bases d’un système solidaire fondé sur les droits collectifs.

Mais le refus de toucher à l’âge légal – laborieusement obtenu par l’aile gauche du PS – constitue une brèche dans le dispositif prévu par le gouvernement et le Medef et montre l’absence de consensus à ce sujet, même parmi les « partis de gouvernement ». Et, du coup, cela légitime le débat et la recherche d’autres solutions : si même le PS dit qu’on peut éviter de modifier la limite des 60 ans… Or, bien que le gouvernement ait choisi de distiller au compte-goutte les éléments de sa « réforme » dans l’espoir de désamorcer tout mouvement social, il apparaît de plus en plus que ses principales « solutions » sont bien le report de l’âge légal et une nouvelle augmentation du nombre d’annuités.

Pour autant, il ne faut pas se tromper sur l’objectif réellement visé : compte tenu du niveau de chômage global et, plus particulièrement, de celui des seniors, le but d’un report de l’âge légal de la retraite et, surtout, de l’augmentation des annuités n’est pas principalement de faire « travailler plus longtemps », mais de laminer les pensions via le système de décote. Cette remarque permet de relativiser quelque peu le caractère radical des propositions du PS ! En effet, pour justifier son report au delà de 2020 de toute mesure d’âge, les dirigeants socialistes évoquent l’augmentation d’ores et déjà prévue des annuités. Intéressant ! Ils entérinent donc définitivement les réformes Balladur (1993) et Fillon (2003) qu’ils avaient – très mollement ! – combattues. Et dont ils continuent, à juste titre, de dénoncer les effets sur « le niveau des pensions qui ne cesse de se dégrader ». Mais, on l’aura compris, il n’est plus question de revenir sur les dispositions imposées par les différents gouvernements de droite qui ont déjà vidé le droit à la retraite à 60 ans d’une grande partie de son contenu…
Mais, c’était encore trop pour certains responsables socialistes, toujours prompts à débusquer ce qui, dans le discours tenu par le PS, pourrait s’écarter de l’orthodoxie social-libérale. Et Dominique Strauss-Kahn s’est donc rappelé au bon souvenir de ses camarades en fustigeant le « dogme » de la retraite à 60 ans…

François Coustal

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16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 13:41

Vue sur le blog de

Pourquoi nous quittons le PCF ? Contributions de camarades

Afin d'enrichir les débats suite à notre départ collectif du PCF, je vous propose ci-dessous un certain nombre de contributions qui vont dans mon sens ou qui explicitent notre position.

Je vous en souhaite bonne lecture.

Vous trouverez ainsi, dans l'ordre suivant, les contributions de :

-          Pierre ZARKA,

-          Roger MARTELLI,

-          Philippe Stierlin,

-          Pierre Mansat & Catherine Gégout,

-          François ASENSI,

-          Claire VILLIERS,

-          François Labroille.

 

 

 

 

Message de Pierre ZARKA : Pourquoi je quitte le PCF

 

J’ai conscience d’avoir eu au sein du PCF un parcours peu ordinaire du fait de la succession de responsabilités qui m’avaient été confiées. Je peux être considéré comme un produit de l’appareil ce qui m’autorise à dire que j’y ai fait le tour des possibilités d’expérimenter. A chaque fois ce qui aurait dû être pris comme une incitation à ouvrir des chantiers a été réduit à l’état de dissidence.

Je n’ai pas adhéré au PCF comme on entre dans les ordres : j’ai adhéré à la nécessité de faire la Révolution. Je pense que les mots de « communisme », « émancipation «  n’ont de sens qu’associés à « Révolution », sinon ils ne portent aucune perspective de concrétisation. C’est donc le passage de la situation d’exploités ou de dominés à celle de mouvement de masse transformateur qui fait « mon » communisme. Agir pour dépasser tout rapport social d’assujettissement commence dès la conception de la lutte. L’organisation révolutionnaire en est un outil. Comme tous les outils, elle prolonge la volonté humaine, élargit ses potentialités créatrices mais jamais ne se substitue à elle. Comme tous les outils, lorsqu’ils se révèlent inadéquats, sans colère et sans larme, on en change.

Je ne peux m’empêcher de constater que depuis que l’enjeu historique n’est plus ni la lutte contre le fascisme ni contre le colonialisme mais comment la société dans son ensemble - je veux dire les exploités et dominés - s’auto-émancipent et pour cela auto-organisent leurs propres mouvement,  la structure même du PCF y fait obstacle. Pas par volonté maligne mais parce que le PCF comme tous les partis issus de la révolution industrielle se conçoit comme devant se substituer au mouvement autonome des intéressés. Loin de moi de penser que le miracle de la spontanéité pourrait jouer en faveur de la transformation révolutionnaire. Mais entre attendre béatement une vaine spontanéité et penser que le moyen d’y pallier serait de guider des ignorants, de se substituer à leur intrinsèque faiblesse idéologique, il y a comme point commun de ne concevoir l’organisation que sous le mode de la dépossession et la politique sous le mode de rapports de subordination. Depuis que le PCF a annoncé ne plus vouloir se considérer comme une avant-garde éclairée qu’a-t-il changé concrètement dans ses rapports avec les mouvements des différentes couches de la société ? La défiance qui a été la sienne à l’égard du mouvement de 1968 vient de se renouveler lors des trois dernières échéances électorales.

Cela a de lourdes conséquences. Plus il cherche à s’inscrire dans la société et plus il confond la réalité de cette société avec l’espace des seuls partis institués. C’est donc à l’aune du rapport de forces particulièrement entre le PS et lui qu’il croit mesurer les aspirations des gens. Plus il s’engage sur cette voie et plus il se coupe des attentes réelles. Et plus il s’en coupe plus il réduit son univers aux seuls espaces institutionnels. Ainsi, il  n’a fait avancer aucune perspective transformatrice lors de ce que tout le monde s’accorde à considérer comme la plus formidable crise du capitalisme depuis 1929. Il n’a rien fait bouger à partir d’un mouvement comme celui qui a animé les salariés de Total qui pourtant disaient de leur entreprise « nous sommes chez nous » et s’apprêtaient à chercher des solutions de productions sur un mode autogestionnaires. Non, durant cette période son principal problème était de savoir quelle serait sa prééminence sur les listes des régionales. De fait son devenir est devenu sa propre finalité, celle-ci se substituant à la transformation de la société.

Que ce soit le PCF, le PG ou le NPA, aucun  n’envisage le fait électoral autrement que comme l’expression de leur propre influence ; aucun ne l’envisage comme traduisant et stimulant le mouvement populaire. Aucun ne fait de la dynamique populaire politique  la finalité de leur rôle et la clé de leurs responsabilités. Ils n’envisagent que « ce sont les masses qui font l’Histoire » uniquement sous la forme de soutient dont ils pourraient bénéficier, réduisant le rôle du peuple à celui de supporters. Aucun ne considère que c’est par l’accès à la responsabilité d’élaboration politique et par la formation de capacités de contrainte sur les pouvoirs institutionnels que le mouvement populaire doit se former. En contre- partie, ce que l’on appelle les « abstentions » est devenu un comportement actif de refus de vote, de condamnation de cette conception de la politique.

Les refus de rassemblements larges et composites ne sont que les conséquences de telles conceptions. Pour être précis, nous avons des années durant, multiplié les efforts pour contribuer à faire changer le PC. Et il est arrivé que cela porte un temps des fruits et modifie certains de ses actes ; mais à chaque fois, ces avancées ont finalement été rattrapées et cannibalisées par la matrice originelle qui veut qu’aux yeux de tels partis l’irruption du mouvement populaire équivaut à une négation de leur rôle. Ainsi ce qui devait être rassemblement sur un pied d’égalité est devenu simple « élargissement » instrumentalisé pour le rayonnement du Parti. La régression de la situation en Ile de France entre les régionales de 2004 et celles de 2010 est éloquente. Tout comme la tentative un temps acceptée de travailler avec des collectifs unitaires larges qui a finalement été rejetée comme une nuisance.

Un réflexe d’auto défense anime la structure du PCF contre ce qu’elle considère comme une agression, une remise en cause de son rôle dirigeant. Désormais de tenter d’allier des éléments qui se révèlent à l’expérience être inconciliables ne ferait que préparer de nouvelles désillusions. La manière par laquelle la direction du Parti refuse de débattre de toute interrogation sur cette matrice désigne l’impasse dans laquelle elle nous entraîne. Continuer à être un peu dedans et un peu dehors, ne peut maintenant qu’entraîner de l’impuissance. Malgré nous, nous ne pourrions nous empêcher de chercher d’allier des éléments inconciliables et décevrions. Nous avons besoin d’avoir les mains libres pour élaborer une forme de la politique qui ne dépossède pas les citoyens et une forme d’organisation qui ne cherche pas à se substituer à eux. Les mains libres, mais aussi et surtout l’esprit libre. Nous venons de faire l’expérience  que de vouloir s’ancrer dans l’organisation existante, nous y enlise et nous empêche de fournir le travail nécessaire, long, tumultueux de concevoir société, politique et organisation à l’aune d’un processus révolutionnaire.

On ne peut avoir la tête à trop de chose à la fois. Personnellement, pour y avoir passé du temps et de l’énergie, c’est avec regret que je considère que le PCF s’avère incapable de répondre à cette redéfinition de la politique et qu’il faut faire autre chose, ailleurs. Il me semble désormais plus efficace de proposer aux mouvements d’étendre, à partir de leurs attentes déjà présentes, leurs prérogatives vers l’investissement de l’élaboration politique et des espaces de pouvoirs plutôt que de donner le sentiment de supplier les partis de bien vouloir partager ce qu’ils considèrent comme leur territoire réservé. C’est d’ailleurs- je le souhaite- un tel processus qui pourrait nous faire rencontrer à nouveau un PCF, un PG, un NPA, des écologistes ou des socialistes qui devront tenir compte d’une pratique citoyenne issue des luttes et des mouvements et des exigences de ruptures qui s’en dégageront.

Je ne suis ni le seul ni le premier à me poser de telles questions. Je me projette donc dans ce qui est un mouvement collectif, qui peut prendre forme en s’inscrivant dans l’expérience de procesus fédératif déjà lancé, je pense à la FASE, à l’intérieur duquel un nouvel espace communiste avec l’ACU a toute sa place. Nous ne partons pas de rien. Afin d’être à la hauteur d’enjeux inédits dans l’Histoire, j’attends beaucoup de ce que les uns et les autres pouvons contribuer à faire évoluer au sein de ces tentatives commençantes. Cela se fera de manière polyphonique et c’est cela que l’on reconnaît l’ampleur d’un mouvement.

 

 

 

Message Roger Martelli

L’enjeu communiste me paraît pouvoir s’exposer de façon lapidaire : la démocratie est malade ; elle ne va pas bien faute de dynamique de politisation populaire ; cette carence s’explique parce qu’il n’y a pas, face à la crise systémique du capital de projet crédible d’alternative fondée sur l’émancipation et la promotion des classes populaires ; ce projet est dans les limbes, parce que n’existe pas d’espace politique partagé, capable d’agréger les attentes, en les mettant en cohérence, en les portant dans les luttes sociales et en les articulant à une perspective politique à vocation transformatrice majoritaire.

Tel est l’enjeu ; telle est l’urgence. Les récentes régionales en ont été l’illustration éclatante : abstention massive, persistance du vote FN, éclatement de la gauche de gauche. Cette situation, installée depuis 2007, est intenable : il est inimaginable que l’on laisse le terrain politique à gauche, d’un côté au « réalisme » attribué au parti socialiste et, de l’autre côté, à « l’innovation » qui serait la marque d’une Europe-écologie, complexe, non homogène, mais terriblement ambiguë.

Il y a urgence à rompre cette mécanique. S’il y a urgence, c’est que le temps est compté ; s’il est compté, il n’y en a pas à perdre. De ce point de vue, je n’irai pas par quatre chemins : la structure actuelle du PCF est aujourd’hui fossilisée, malgré la richesse inestimable de ses militants et de ses élus. Que le patrimoine communiste soit en déshérence est un drame : pour les communistes d’abord, pour la gauche d’alternative ensuite ; pour la gauche tout court, enfin. Le déclin à ce jour inexorable du PCF n’a été compensé par aucune force ; ce manque à gagner se paie au prix fort. Mais la structure actuelle du parti est telle, que l’on ne peut espérer de l’intérieur la révolution sans laquelle le communisme politique est anémié.

Il y a maintenant plus de vingt ans, je me suis lancé avec beaucoup d’autres dans l’aventure des « refondateurs ». D’autres avaient essayé, avant nous, de persuader l’organisation de la nécessité du mouvement ; dénigrés, agressés, meurtris, ils y ont renoncé. Nous avons longtemps persisté (la « dissidence » la plus tenace de l’histoire du parti…). Nous avons toujours su que la tâche était difficile et qu’elle relevait d’un pari. Nous avons estimé que ce pari était raisonnable, parce que le PCF était historiquement marqué par une contradiction : à la fois un appareil fermé, de souche « bolchevico-stalinienne » (les deux termes n’étant pas superposables au demeurant…) et une tradition de rapport au réel qui permettait de métisser le parti pris de la radicalité et le sens de la construction politique à vocation majoritaire. À plusieurs reprises, dans le passé, alors même que le PC était enfermé dans une culture ouvertement stalinienne, il avait su prendre des tournants politiques qui l’avaient sauvé de l’isolement sectaire et l’avaient même placé au cœur de l’espace politique national (1934-1936, début des années 60, période de l’eurocommunisme). Nous pensions pouvoir jouer de cette contradiction pour plaider en faveur d’un sursaut salvateur.

Cette démarche a buté sur un obstacle ultime en décembre 2006, au moment du choix de la candidature de Marie-George Buffet à la présidentielle. Il était acquis que cette candidature déboucherait sur un cataclysme électoral pour le PC et sur une atomisation de la gauche « antilibérale » ; or, en toute connaissance de cause, la direction a choisi la voie du suicide électoral. Depuis, elle confirme son ancrage dans une gestion à courte vue, dans laquelle les choix tactiques incertains (alliance derrière le PS ou « Front de gauche ») n’obéissent qu’à une seule logique : la préservation d’un appareil resserré, replié sur lui-même. Le PCF de la grande époque était à la fois stalinien jusqu’à l’intransigeance et ouvert sur l’expérience populaire et sur les grandes évolutions politiques nationales ; le PC actuel est, tout à la fois, formellement moins stalinien et davantage replié sur lui-même et donc « sectarisé ». La logique interne d’appareil (l’éradication des dissidences et les règlements de compte) l’emporte sur le sens du réel et sur l’ambition de sa transformation dans les faits et non dans les mots. L’appareil du parti est aujourd’hui une machine à diviser les communistes, alors que l’urgence serait de les rassembler dans leur diversité.

Il faut ainsi tenir compte de la rupture historique que la dernière période a installée. Il existe toujours un appareil politique, qui délivre des cartes et qui conserve légalement le sigle de « PCF » ; mais le Parti communiste français historique, avec sa contradiction fondamentale, n’existe plus. Dont acte. Nous avons jusqu’à ce jour considéré que notre projet politique devait continuer de se mener au sein de la structure historique du Parti communiste français ; pas exclusivement dans cette structure, mais d’abord en son sein. L’expérience de ces trois dernières années montre que cette tentative est maintenant inefficace (sur quoi s’appuyer, quand ne pèse plus la rationalité du réel ?), qu’elle est épuisante et que, in fine, elle tend à rendre illisible le projet refondateur lui-même.

Il ne sert à rien de rester dans une structure, si l’on a la conviction que rien ne peut bouger sérieusement en son sein ; il ne sert à rien de partir, si l’on n’agit pas pour que du nouveau émerge qui assume, dans des conditions nouvelles, les fonctions de l’ancien. Le départ ne doit être rien d’autre que le signe d’une volonté de voir émerger du neuf. J’ai longtemps plaidé pour un combat refondateur au sein du PCF ; je garderai mon estime pour celles et ceux qui, au sein du PCF, affirment la nécessité d’une métamorphose et se battent pour elle ; affectivement, je ne peux me situer que dans la vaste cohorte des communistes, dont beaucoup d’ailleurs, depuis longtemps, se sont éloignés du Parti communiste français. Mais je considère que le combat de l’intérieur ne peut plus avoir de force propulsive. Je pars, non sans le déchirement que l’on devine. Je ne le fais pas « contre » ; je le fais « pour » quelque chose. Ce « quelque chose » est un double engagement, dont aucun des deux termes ne peut être séparé de l’autre.

1. Un engagement communiste, tout d’abord. Je me sépare d’un appareil, pas du communisme, pas des communistes. Si l’appareil divise les communistes, rien n’est plus décisif que de travailler à les rassembler, sans exclusive, où qu’ils se trouvent. Pour l’instant, il n’existe pas encore de lieu pleinement reconnu comme une maison commune où tous ceux qui, quelle que soit leur attache organisationnelle (ou leur absence d’attache), estiment avoir à faire avec le communisme peuvent se retrouver pour réfléchir et agir en communistes. L’Association des communistes unitaires veut travailler en ce sens. Faut-il œuvrer à ce qu’elle puisse jouer mieux son rôle ? Peut-on aller plus loin et bâtir avec d’autres un lieu qui soit véritablement pluriel et partagé ? Nous verrons ; l’essentiel est l’existence et le contenu de ce que nous bâtirons. Un lieu communiste partagé est utile s’il travaille à énoncer une visée communiste moderne, post-bolchevique, qui soit une contribution originale à une gauche d’alternative pluraliste ; une visée adossée à des repères contemporains, capable de faire vivre une culture, en état de proposer, de critiquer, d’inventer. Le communisme politique ne doit plus être une nostalgie ou un appareil tourné sur lui-même, mais un projet et un ferment d’initiative. Nous voulons le faire ; d’autres veulent le faire, dans le PCF, dans le NPA, dans le Front de gauche, à Europe-écologie : sommes-nous en état de le faire ensemble ?

Il y a quelques années, plusieurs d’entre nous avaient lancé l’idée d’États-généraux du communisme ; c’était une belle idée. Ne devrions-nous pas la reprendre, fût-ce dans d’autres formes ?

2. Le second engagement est dans l’espace politique de la gauche. La gauche de gauche est épuisée ; elle est en morceaux. Chacune de ses composantes exprime un pan de ce que devrait être une gauche d’alternative ; aucune ne l’exprime dans son entier. Aucune n’est en état de dire : c’est autour de moi que se reconstruira une gauche digne de ce nom. Il ne suffit plus aujourd’hui de le proclamer ; il faut en tirer ensemble des conséquences. Pourquoi la gauche de gauche a-t-elle échoué ? Parce que la logique boutiquière l’a emporté ? Bien sûr. Mais il faut voir plus profond. La gauche de gauche a échoué, pour au moins quatre raisons.

Elle n’a pas suffisamment travaillé à se forger un projet indentifiable. Elle a travaillé parfois à des propositions communes, et elle a montré qu’elle était en état de le faire dès l’instant où elle en avait la volonté politique. Mais les propositions, même bien léchées, ne font pas en elles-mêmes un projet ; elles ne donnent pas du sens à la crique et à la lutte ; elles ne suffisent donc pas à stimuler de la dynamique collective et populaire.

En second lieu, elle n’a pas poussé jusqu’au bout l’articulation nécessaire du social et du politique. L’exigence de ce raccord nouveau, sans subordination ni séparation, s’est fortement exprimé de 1995 à 2005. Des pas en avant ont été faits ; l’apogée a été atteinte dans la bataille contre le traité constitutionnel européen ; depuis cette date, c’est le recul, le repliement de chacun, association, syndicat et parti, sur son espace propre. De ce fait, une source de richesse s’est quelque peu tarie.

En troisième lieu, la gauche de gauche n’a pas réussi l’agrégation de toutes les sensibilités et les générations de la critique. Les héritiers du mouvement ouvrier ne sont pas durablement métissés avec ceux des autres formes de la critique contemporaine, comme les Forums sociaux en esquissaient pourtant la concrète possibilité. Faute de ce métissage, chacun a fini par retourner à ses habitudes, à son pré carré, in fine à sa boutique d’origine. C’est une déperdition pour tout le monde.

Enfin, la gauche de gauche n’a pas assez travaillé à la novation audacieuse de ses contenus, de ses mots, de ses figures et de ses formes. Sans doute a-t-elle été échaudée par tant de capitulations opérées au nom de la « modernité », depuis près de trente ans. Sans doute a-t-elle raison de rappeler que la modernité ne vaut que si elle contredit les vieilleries de la « rentabilité » du capital. Mais si, d’une manière ou d’une autre, l’alternative politique s’identifie à la répétition, fût-ce pour ne pas courir le risque du reniement, elle est vouée à la marginalité. Qu’il y ait tant de têtes grises ou blanches (je sais de quoi je parle…) dans nos réunions n’est pas considéré comme si grave, par rapport à la primauté du « Contenu » (avec une majuscule) ; qu’il y ait avant tout des hommes et des bons Européens n’est pas davantage considéré comme discriminant. À ne pas suffisamment porter d’attention à la novation, on en laisse le monopole à d’autres. Pour le plus grand mal de la modernité vraie de la transformation sociale.

C’est la volonté de surmonter collectivement ces limites qui devrait nous identifier positivement. Si nous partons, c’est aussi parce qu’il faut du temps pour porter, à la gauche du PS, un discours qui soit celui de l’unité, mais pas seulement celui de l’unité. Il faut bien sûr une force politique rassemblée, pluraliste mais cohérente à la gauche du Parti socialiste ; non pas des fronts ponctuels, ou des coalitions de petites formations politiques, mais une force politique visible, capable de concurrencer les grandes machines politiques. Pour rassembler dans la diversité, cette force doit trouver des formes d’agrégation viables et souples qui n’existent pas. Attention, au passage, à ne pas nous enfermer dans des discours un peu byzantins qui, selon les cas, encensent à l’excès ou vilipendent les partis. Une force politique ne peut être un simple « mouvement » et elle doit donc assumer les fonctions jusqu’alors réservées aux partis traditionnels ; mais elle ne peut pas assumer ces fonctions en calquant sa forme sur celles, verticales et hiérarchiques, de l’État. Les partis politiques sont utiles et la forme parti est dépassée : les deux affirmations sont vraies en même temps et pas séparément…

À mes yeux, nous devons porter plus haut et plus fort l’exigence de cette force politique, dans laquelle un courant communiste existera dans son originalité et son autonomie. Et, toujours à mes yeux tout au moins, nous devons accompagner cette affirmation d’une conviction : si la gauche de gauche veut peser dans l’espace politique, si elle ne se contente pas d’être une roue de secours ou un aiguillon du Parti socialiste, elle doit assumer positivement toutes les fonctions qu’elle n’a pas assez assumées dans les toutes dernières années. Projet, redynamisation populaire, rassemblement politique et novation des formes : rien ne doit se penser séparément.

Pour la première fois de ma vie, j’amorce un départ politique. Je continue de rêver. À ce qu’aurait pu être un PCF refondé quand il en était encore temps, quand il n’était pas encore une formation politique marginalisée. À ce qu’aurait pu être une gauche de gauche politiquement rassemblée, quand elle en avait les moyens après 2005. Je continue de rêver à ce qui était un possible, malheureusement non advenu.

 Il n’y a pas de vie sans rêve. Toutefois, en politique, le rêve se construit et se reconstruit.

Les matériaux ne manquent pas. En nous éloignant d’un appareil, veillons à nous donner les moyens de continuer d’agir concrètement en communistes : en rêvant… mais les yeux grands ouverts.

Roger Martelli

 

 

Intervention Philippe Stierlin au Congrès National  du PCF - 27 mars 2010

 

Au printemps, de quoi rêvons-nous ?

Un nouveau moment électoral vient d’avoir lieu. Quand à l’occasion de ces élections et à l’image des européennes, 75 % des jeunes de 18 à 25 ans, 67 % des ouvriers et employés se sont abstenus, quand les électrices/électeurs de départements populaires et emblématiques (ex : plus de 63 % en Seine Saint-Denis) ne sont pas voter, quand, dans les villes où le PCF représente encore une force, le nombre de voix réalisés par le Front de Gauche est dix fois moindre que celui réalisé par le seul PCF dans les années 1980, où se trouve le centre de gravité de la société ? femmes et les hommes de ce pays sont sur une autre planète que celle des partis politiques institués et à des années-lumière d’une étoile PCF de plus en plus éteinte.  Considérons-nous oui ou non cette abstention comme un mouvement, ou bien la déplorons-nous pour passer au point suivant ? Nous citons volontiers Marx parlant communisme non comme d’un état, mais du « mouvement réel qui abolit, etc. » Or la question cardinale est de redonner du pouvoir à ceux qui s’abstiennent, ne se retrouvent pas dans le jeu actuel plutôt que celle du sauvetage de « ses » 95 élus par le PCF (dont 66 sur la base des listes du Front de Gauche)… D’autant plus que si l’on va par là, le PCF avait 185 élus en 2004 avec à l’époque une gauche à un niveau des exprimés moins élevé qu’en 2010.

 

Ces abstentionnistes réguliers expriment quelque chose de profond. Ils ne mettent pas seulement en cause les institutions, les partis, ou leurs idées incantatoires, y compris à gauche, mais dénoncent un système qui les dépossède de tout pouvoir sur leur vie et sur un système en crise : le capitalisme. Ce qui est fracturé, c’est démocratie où la citoyenneté se limite à donner ou refuser sa confiance. Nous sous-estimons combien ce que nous vivons est usé et hors de toute capacité mobilisatrice comme nous sous-estimons le besoin d’invention de chemins nouveaux et durables. Or comme le chante Jean Ferrat dans Le Bilan, et je choisis à dessein cette « C’est un autre avenir qu’il faut qu’on réinvente ».

 

Changer de centre de gravité est donc vital. Or nous n’avons pas fait bouger ce centre. Pour des raisons historiques et culturelles d’abord. Car notre Parti, comme d’autres partis communistes et d’autres partis en France, a d’abord été pensé, construit pour se substituer aux faiblesses de pensée et d’action des citoyens, en visant à organiser leur spontanéité. Il réduit culturellement les citoyens à un rôle de soutiens, de bénéficiaires des transformations, au mieux de rédacteurs de propositions. Bref le PCF sollicite des gens une subversion vis-à-vis de la société mais reproduit en son sein une subordination à l’égard de cet outil pour la changer. Au lieu de combattre ce travers générateur d’impuissance à l’occasion des régionales, le noyau dirigeant du PCF a envoyé des signes excluant ceux qui voulaient renouveler en profondeur la relation entre le mouvement social et la question politique. Le cas de l’éviction de Claire Villiers d’Alternative Citoyenne a de ce point de vue été emblématique. L’important, c’était la « juste représentation des partis sur les listes, voire des individus de l’appareil, et non de représenter les électeurs. Encore moins de donner du pouvoir à ces derniers. Ainsi le secrétaire fédéral de Paris, Patrice Bessac, a été parachuté en Seine-Saint-Denis entre les 2 tours. Ainsi, le secrétaire fédéral du PCF du Val-d’Oise, Jean-Michel Ruiz a été éliminé au profit de Francis Parny, au mépris de la souveraineté des communistes de ce département, toutes sensibilités confondues.

 

Pour la gauche de transformation sociale et écologique, des résultats et des expériences montrent que des démarches grand angle, courageuses, éloignant l’esprit de boutique, sans pour autant nier la nécessité de s’organiser politiquement, sont fructueuses. Y compris jusqu’au 2e tour. Mais ce qui a dominé dans de trop nombreux endroits (et de manière caricaturale et sectaire en Ile-de-France), ce sont des listes FG construites autour du duo PC-PG, avec un PCF se considérant comme le point central du rassemblement. Or nous n’avons pas montré les signes que nous voulions autre chose qu’un cartel d’organisations; nous faisons comme si nous n’étions pas à la fin d’un cycle de représentation politique.

 

Par ailleurs des communistes unitaires ont été écartés de ces listes sur la base « aucun éligible, aucune tête de liste », avec un ostracisme d’un autre âge et purification politique. Cette attitude participe clairement d’une volonté politique de fond : combattre à n’importe quel prix humain, éthique et politique les espaces, les creusets qui revendiquent la création d’une nouvelle force de transformation sociale, dont l’une des composantes serait communiste. Disant ce la, je pense à die Linke d’Allemagne, à l’ANC, polyphonique, d’Afrique du Sud… Je comprends que l’on ne partage pas toutes et tous ici ce point de vue. Mais je trouve inacceptable, indigne, d’éliminer ceux qui le portent. Si c’est à l’image de la nouvelle société que certains veulent, il y a de quoi être inquiet. J’en ai déduit que dans la structure PCF, il n’y a plus aucune place pour une opposition critique.

 

Ce qui est combattu par le noyau dirigeant du PCF avec ce qu’il reste de ce Parti, c’est au fond un projet de dépassement du capitalisme croisant des cultures politiques qui se sont affrontées au 20e siècle, un projet dans lequel les partis ne disposent plus comme auparavant du monopole de la représentation politique, un projet qui associe les citoyens, engagés ici et là, dans une construction politique globale. Les régionales 2010 signent la fin du cycle initié depuis 2006. Je vis cela comme les derniers soubresauts d’un PCF qui fonctionne sur lui-même et se sclérose. La gauche de transformation sociale, celle qui souhaite une rupture avec le système libéral et non son accompagnement, est très en-deçà des potentialités et de la place qu’elle devrait occuper dans un contexte de crise sociale, écologique et démocratique sans précédent, de rapports sociaux d’une rare violence. Le PCF n’est pas en situation de répondre à un triple défi : le fond de rupture de la ligne de transformation écologique et sociale, le renouvellement du projet et de ses formes. Il n’est pas l’outil adapté pour une telle novation politique et n’est pas capable de s'auto réformer.

 

Le PCF aura porté plusieurs grandes réformes au XXe siècle, ainsi que l’anticolonialisme et la lutte contre le nazisme, mais il sera passé à côté du féminisme, de l’autogestion et des nouveaux critères de gestion, des droits des minorités sexuelles, de la question européenne, de l’écologie. Cela fait beaucoup. Il passe aujourd’hui à côté de la révolution démocratique. Cela fait trop. Et c’est pour cela, qu’aujourd’hui, avec d’autres camarades, je m’en vais. Je voulais vous le dire, seul présent dans cette enceinte parmi les communistes unitaires membres du PCF. Je le fais sans amertume, avec un mélange d’amitié pour plusieurs d’entre vous et de regret pour tant de gâchis. Je pars pariant sur une audace, celle que des communistes ont eue en 1920. Je suis aussi lucide sur l’océan de travail à accomplir.

 

Marie-George Buffet a ouvert ce CN par une minute de silence pour Jean Ferrat. Comme je suis le dernier intervenant de cette matinée, je conclurai en pensant à notre ami disparu. En plus de m’émouvoir, Jean Ferrat m’a appris qu’on pouvait être populaire, communiste sans se résumer à cela, et ne pas être membre du PCF. Autant dire que je médite positivement cette leçon.

 

 

 

 

Message de Pierre Mansat, Adjoint au Maire de Paris, élu du 20e & Catherine Gégout, ancienne Conseillère de Paris et du 20e

 

Pourquoi nous quittons le Parti communiste français

 

Depuis 40 ans nous tentons de contribuer, en idées et en actes, à ce que le Parti communiste français tienne toute sa place. Pour Pierre depuis 1973, et après 4 ans au sein de la jeunesse communiste, pour Catherine depuis 1972. C’était notre vie.

 

Nous avons continué à le faire malgré les désaccords croissants que nous avions avec les pratiques et la stratégie de la direction. L’étape de l’élection présidentielle de 2007 a certainement été à cet égard un moment particulièrement douloureux.

 

Les idéaux qui nous ont portés, dans notre activité syndicale et associative puis comme responsables politiques et élus n’ont cessé de nous animer. Nous avons beaucoup appris en militant, de même que nous avons beaucoup donné. Nous avons rencontré des gens merveilleux et des camarades qui sont devenus des amis auxquels nous tenons beaucoup.

 

Fallait-il pour autant nous taire devant les blocages et l’immense gâchis que nous constations? Aussi nous avons régulièrement, chacun à notre manière, exprimé désaccords et propositions au sein même du Parti, puis plus publiquement, sans pour autant nous intégrer dans l’un des groupes de camarades en recherche de solutions collectives.

 

Alors nous avons dû faire face à l’incompréhension de certains, l’hostilité d’autres-on est vite soupçonné de trahison dans cette organisation fraternelle lorsqu’on exprime publiquement une opinion divergeant de la ligne officielle - mais nous avons aussi rencontré bien des camarades qui partageaient tout ou partie de nos opinions et se désespéraient de voir le Parti avoir de moins en moins de prise réelle sur la société.

 

Passons sur les pratiques de l’actuelle direction de la Fédération de Paris, imprégnées d’autoritarisme, de manoeuvres et d’ambitions personnelles. Les comportements lors des élections sont à cet égard révélateurs, qu’il s’agisse des dernières présidentielles, municipales et régionales.

 

Passons aussi sur l’indifférence, voire le mépris, vis-à-vis de ce que nous avons pu réaliser comme élus, singulièrement autour de ce qui est devenu un sujet majeur de confrontation, le Grand Paris, ou l'action dans les milieux altermondialistes.

 

Enfin nous en sommes arrivés à la conviction que cet outil que les communistes se sont donné n’est plus aujourd’hui réformable, ne peut pas jouer un rôle moteur dans la construction d’une alternative, produire les idées et les actes nécessaires. Le Parti communiste a été important dans l’histoire, a pesé sur l’évolution de la société française, chaque fois qu’il a été capable de rassembler, de cristalliser les espoirs et les forces dans un élan transformateur, de contribuer à l’irruption du peuple sur la scène politique. Sa perte de substance l’en rend aujourd’hui incapable. Nous le regrettons d’autant plus que pour l’instant aucune force pouvant y répondre n’a émergé et ce n’est pas sans amertume que nous constatons que le Parti communiste aurait dû être le levain de la construction d’une telle force mais qu’il a constamment choisi le repli « identitaire », sous une façade d’ouverture et d'autosatisfaction. Il continue ainsi de « rater » les enjeux, comme celui du défi climatique.

 

Nous avons bien conscience que notre décision fera de la peine à certains camarades qui ont de l’estime pour nous et que nous respectons infiniment.

 

Mais il ne nous est plus possible de faire partie d’une organisation à laquelle nous ne croyons plus malgré notre estime pour les militants qui donnent le meilleur d’eux-mêmes et sont aux côtés de ceux qui luttent.

 

Aussi nous ne sommes aujourd’hui plus membres du Parti communiste français. C’est le résultat d’un déchirement lent et douloureux.

 

Pierre continuera bien entendu à assurer son mandat d’élu comme à répondre aux multiples sollicitations des militants politiques et associatifs qui ont besoin de soutien dans les luttes qu’ils mènent.

 

La société bouge. L’aspiration au changement est profonde. Divers espaces sont en gestation qui se donnent comme objectif l’élaboration commune d’une alternative progressiste au néolibéralisme, d’un programme de profonde transformation sociale.

 

Nous sommes disponibles pour y participer.

 

Paris 29 mars 2010

 

 

 

Message de François ASENSI, Député PCF de Seine-Saint-Denis

 

La séquence électorale des régionales marque une nouvelle phase de marginalisation, mais ne peut résumer à elle seule l’impuissance du Parti communiste français à influer sur l’évolution de la gauche française.

Le déclin inexorable de la formation communiste est inscrit depuis de longues années dans une sorte d’autisme politique qui réduit le champ de sa pensée à une nostalgie, l’enferme dans une puissance passée et la condamne aux alliances électorales en position minoritaire, hier la gauche «plurielle», demain peut-être une gauche «solidaire».

L’absence de visée transformatrice, de projets, de stratégie politique, tout cela révèle la perte de substance intellectuelle de cette formation dont l’objectif principal semble être d’assurer la survie d’une structure.

Alors qu’un débat pluraliste s’exprime dans toutes les formations politiques et concourt à leur rayonnement, ce débat pluraliste est considéré par les dirigeants actuels comme une plaie qu’il faut cautériser.

Ce choix mutilant a été décidé au dernier congrès du Parti communiste et a eu pour conséquence d’éliminer toute contestation, toute proposition qui n’entrait pas dans le logiciel officiel. Il en a résulté également la marginalisation, si ce n’est l’élimination, de tous les camarades porteurs d’options alternatives.

L’esprit de fermeture qui a conduit au refus d’une candidature unitaire de la gauche antilibérale en 2007 n’a en rien reculé et le lancement du Front de gauche n’a pas interrompu ce cycle. L’ambition initiale d’un front à vocation majoritaire dans la gauche a été sacrifiée sous une composition trop étriquée et éloignée de la base.

L’entre-deux tours des élections régionales a ainsi autorisé les responsables du Parti à des combinaisons d’appareil sous couvert de négociations. Des méthodes inqualifiables qui ont conduit à la disparition des listes de tous les candidats qui n’appartenaient pas au pré-carré de la place du Colonel Fabien.

Dans le même temps, la présence de militants communistes dans des alliances à géométrie variable, au gré des rapports de force régionaux, a souligné l’incohérence de la stratégie du Parti communiste. Cet éparpillement a définitivement signifié, je le crois, l’impossibilité de maintenir l’unanimisme d’un appareil qui se fissure.

 

Sans doute animé par une conviction inébranlable dans un futur solidaire et émancipateur de l’humanité, j’ai pensé que la visée communiste restait l’horizon du Parti communiste français en dépit de ses comportements étroits, de ses oukases, de ses anathèmes.

Après des années de militance, et pour moi des dizaines d’années d’engagement pour changer le communisme politique français, je ne peux que constater notre impuissance et plus encore nos échecs.

Changer ne signifiait pas affadir le projet communiste, mais au contraire, le transcender pour en faire une force éthique, un guide pour l’action, une composante indispensable d’une gauche de transformation sociale.

Après toutes ces années, toute avancée, même la plus ténue, paraît impensable à une structure vieillissante qui se sclérose et se replie sur elle-même. Son corpus idéologique se réduit à des slogans du type : « Nous voulons rassembler toute la gauche, il n’existe qu’une seule gauche ». Comme si l’Histoire de France, depuis les Lumières et la Révolution, n’avait pas produit des courants de pensée divergents, avec d’un côté une gauche radicale et de transformation sociale et de l’autre une gauche d’accompagnement, quand ce n’est pas tout simplement une gauche de capitulation.

Naturellement, le débat entre ces différents courants de pensée est nécessaire, utile et indispensable parce que les forces progressistes doivent trouver le chemin du rassemblement et de l’action pour la transformation sociale.

J’ai toujours pensé que le métissage des cultures politiques en démocratie était source de créativité et d’innovation politique. De la même manière que la prise en compte des parcours militants et le respect des patrimoines les plus divers pouvaient converger en une force nouvelle, capable de changer une société de plus en plus dure et injuste.

 

***

Changement : voilà le maître-mot de toutes les formations politiques de gauche comme de droite. Mais changer, pour quoi faire ? Changer comment ? Et quelle place accorde-t-on au citoyen dans ce processus ?

La question de la radicalité mérite une nouvelle fois d’être abordée. Mais en l’espèce, il s’agit moins d’en adopter la posture, en guise de slogan qui nous différencierait des politiques d’accompagnement du libéralisme, que d’affirmer la radicalité d’un projet émancipateur. Si, comme je le crois nous traversons une urgence sociale, si le tocsin écologique sonne pour l’avenir de la planète, si les discriminations gangrènent le lien social, si la démocratie recule devant l’individualisme forcené et le dogme de la compétition, si la domination du capital écrase toute réinvention de la place du travail, alors oui il faut changer de société.

Comment imaginer que l’explosion des inégalités entre le Nord et le Sud, au sein des pays riches et des pays pauvres, puisse former le socle d’un monde pacifié et démocratique ? Comment concevoir une fin de l’Histoire sur une planète plus que jamais minée par cette violence ?

Une nouvelle page est à écrire, la société post-capitaliste est à l’ordre du jour. Il faut la construire dès aujourd’hui. La construire dans les luttes sociales, sociétales, écologiques, internationales. Il nous faut affirmer l’ambition d’une gauche de transformation sociale qui conteste l’emprise social-libérale, qui gagne la bataille des idées et construise pas à pas une hégémonie intellectuelle, au sens gramscien du terme.

« Changer de société » est un mot d’ordre que le Parti communiste français a éradiqué de son vocabulaire. Pourtant, c’est bien l’enjeu aujourd’hui avec la crise systémique du capitalisme. Jamais les thèses marxistes n’ont été d’une actualité aussi brûlante. Elles mettent en lumière ce capitalisme prédateur qui a financiarisé toutes les activités humaines pour ses profits à court terme. Un capitalisme qui spécule contre les Etats pour rallier les gouvernements à son entreprise de régression sociale. Un capitalisme qui n’envisage aucune limite à la marchandisation de l’humain, de sa culture, et de son environnement. Le capitalisme vert, et son avatar, l’écologie de marché, sont autant de leurres qui ne masquent pas un productivisme sans rivage qui asservit le vivant et meurtri les écosystèmes.

Je veux dire ici que le capitalisme d’État qui se prétend communiste conduit aux mêmes errements.

 

***

Changer de société c’est donner un cap démocratique et révolutionnaire. C’est surtout affirmer haut et fort que le principe de justice, d’égalité et de liberté doivent être au cœur de cette société.

L’abstention massive dans les urnes n’est pas un renoncement, mais un cri de colère contre notre incapacité à renverser les dominations. Je ne crois pas au rejet de la chose publique, je vois simplement des citoyens qui désespèrent d’un champ politique pris en otage par l’économie. Partout, des mobilisations citoyennes émergent et s’étayent : mouvement des sans, militants de l’écologie, salariés refusant le chômage et la précarité, associations de lutte contre les discriminations, tous s’engagent pour se réapproprier leur destin, et font politique, au sens premier du terme.

La frontière mortifère qui sépare ces luttes sociales du champ politique est un verrou à éliminer.

***

 

Nous ne pouvons pas nous épuiser à vouloir bouger les choses au PCF. Nous ne pouvons pas, non plus, accorder des excuses à des dirigeants campés sur leurs certitudes.

Je crois que le renouveau politique est à construire ailleurs. J’irai pour ma part vers ces chemins nouveaux avec des convictions bien à gauche, révolutionnaires parce qu’elles restent plus que jamais communistes.

 

 

 

Message de Claire Villiers, Vice présidente "Démocratie régionale"

 

Madame, Monsieur, cher-e-s ami-e-s, chèr-e-s camarades,

Si vous êtes destinataire de ce courrier, c’est que pendant les six années qui viennent de s’écouler nous nous sommes croisé-e-s, nous avons travaillé ensemble pour que la région Ile de France soit plus démocratique, plus respectueuse de la diversité de ses citoyens et citoyennes.

Je voulais vous en remercier et vous dire à quel point ce mandat m’avait enrichie tant d’un point de vue politique que personnel.

J’aurais souhaité continuer à faire évoluer nos outils, à mettre en œuvre les engagements avec le monde associatif, à faire progresser la lutte contre toutes les discriminations.

Le verdict des urnes est tombé : je ne suis pas élue pour un nouveau mandat. J’espère néanmoins que ce qui a été patiemment construit continuera à vivre et s’enrichir.

Je suis bien sûre heureuse que la gauche ait remporté ces élections mais cela ne me satisfait pas totalement. Le taux d’abstention lors de ce scrutin montre à quel point la crise démocratique est profonde, en particulier dans les quartiers populaires. Combien d’hommes et de femmes se sentent abandonné-e-s, non concerné-e-s, pensant que la solution à leurs problèmes d’une urgence criante est ailleurs, ou, pire, n’est nulle part.

Nous avons eu l’occasion d’échanger à telle ou telle occasion sur ces points. Plus que jamais je pense que la crise démocratique n’est pas qu’une crise de ses formes, mais également une crise de ses réponses.

Nous avons créé des lieux et instances de participation, de concertation, mais je suis lucide. Quand à la fois le néolibéralisme et la concentration des richesses et des pouvoirs économiques et médiatiques sapent les fondements mêmes de la démocratie, et, qu’au plus haut de l’Etat, on s’en prend à toutes les formes collectives organisées et on instaure la précarité généralisée des conditions de vie, reconstruire un bien commun démocratique nécessite un engagement porteur de plus d’ambition que ce n’est le cas.

Qu’il s’agisse du projet du Grand Paris de N. Sarkozy ou de la réforme des collectivités territoriales, demain un peu plus encore, la vie politique et le débat public risquent d’être confisqués par quelques-un-e-s au détriment de tous ceux et celles qui n’ont pas voix au chapitre.

Il nous faut donc, plus que jamais, faire surgir l’exigence démocratique parce que nous avons besoin de beaucoup plus d’immixtion dans l’espace public, de beaucoup plus de mobilisation citoyenne pour imposer solidarité et justice sociale.

C’est cela qui permettra de reprendre l’offensive et de construire les alternatives économiques, sociales, écologiques exigées par les différentes crises dans lesquelles nous sommes plongé-e-s.

Je l’ai souvent dit : pour moi les acteurs et actrices politiques ne se limitent pas au champ des partis. Inventer des formes de collaborations entre les partis, les associations, les syndicats, dans le respect de chacun et chacune, est d’une urgence extrême. Comme il est impératif de donner corps à un agir local et un penser global, irrémédiablement liés.

L’engagement militant, le mien en tout cas, ne se résume pas à une responsabilité dans une institution.

Bien des combats sont devant nous : nous nous y rencontrerons !

 

« L'amour de la démocratie est celui de l'égalité », Montesquieu, De l'esprit des lois

 

Claire Villiers. Le 25 mars 2010

 

 

 

Message de François Labroille : Tristesse et colère

 

A mes ami-e-s qui ont fait une belle campagne dans le 18 ème

 

Je n’ai pas d’autre priorité que de dire à celles et ceux qui se sont tant dévoués pour cette campagne ma tristesse de voir Claire Villiers devoir abandonner ses responsabilités au Conseil régional où elle a forcé le respect. Pour l’instant, je suis avant tout en colère.

 

Je ne serai pas des vôtres mercredi soir pour fêter cette fin de campagne parce que j’ai au même moment une réunion de mon réseau d’Alternative Citoyenne pour débattre collectivement des enseignements que nous devons tirer de cette période. J’aurais voulu vous retrouver pour discuter et partager la satisfaction du travail commun. Mais très honnêtement, j’ai beaucoup de mal à commenter les résultats de ce second tour. Ma satisfaction à voir une telle défaite de la droite à laquelle a contribué la consolidation du Front de Gauche et des listes « ensemble…. » est entachée par cette éviction de Claire Villiers en Ile de France comme celle de mes ami-e-s Tarek Ben Hiba, Bénédicte Bauret ou Malika Zediri. Je pense faire partie des très rares personnes à disposer de quasiment de toutes les données factuelles de cette affaire mais je ne comprends toujours pas comment on a pu en arriver là. J’en développerai en temps voulu le récit détaillé et l’analyse politique. Pour l’instant, je veux simplement alerter le front de Gauche sur le risque mortel qu’il encourt à sacrifier les personnalités qui incarnent le rapprochement entre l’engagement dans un mouvement social et la prise de responsabilités politiques.


On pourra s’installer autant que l’on veut en bordure de manifestations et se raconter que l’on soutient les luttes, on pourra y exhiber nos affiches, nos représentants mais cela ne fera pas le tour de l’implication dans les luttes sociales. Eliminer des tablettes des éligibles dans une négociation nocturne une des représentantes les plus reconnues de luttes sociales des années 1995-2005, ne serait qu’une contradiction un peu risible si elle ne portait pas un tel mépris des personnes. Claire fait partie de ces responsables syndicaux et associatifs qui ont considéré après le traumatisme de la présidentielle de 2002 que l’on ne pouvait pas en rester à cette coupure du champ politique et du champ social. Non pour manifester une quelconque allégeance aux forces politiques mais parce que elle et les militant-e-s dont je fais partie étions convaincu-e-s que toute reconstruction d’une perspective politique pour la gauche critique impliquait un tel engagement. Si le Front de Gauche ne veut pas entendre cette démarche, il se condamnera à la marginalité. Il restera sur les trottoirs à regarder passer les manifestations. Il restera une combinaison de partis constitués avec une rhétorique parfois brillante mais qui ne mordra pas au delà des premiers cercles des plus convaincus.

 

Je n’ai donc pas pu vraiment fêter cette victoire.  Je suis le seul candidat issu d’Alternative Citoyenne élu alors que nos accords en avaient prévu 4 sur 25 ou bien 3 sur 20 mais jamais 1 sur18. Je n’ai compris que mardi vers 11 h 30 que Claire était évincée. Je me suis alors précipité au Novotel des Halles pour exhorter les derniers présents à ne pas faire cette erreur. Le PS, le PC et le PG se sont renvoyé la balle. Chacun peut accuser l’autre d’être responsable de cette vilénie et s’en exonérer. Certes je sais que notre première faiblesse collective est celle de notre score. A 8 % ou plus, nous aurions  négocié une augmentation du nombre de nos élu-e-s et non leur réduction. C’est donc  cette situation que nous allons devoir mieux discuter dans les prochaines semaines, sans déprécier ce que nous avons fait mais sans l’idéaliser.

 

Le fond politique de cette affaire réside non seulement dans la tentation des partis constitués de tout  sacrifier à la promotion de leurs propres candidats mais aussi plus gravement dans une conception du Front de Gauche qui ne laisse qu’une place subalterne au mouvement social en dépit de qui est mis en avant d’un nouveau Front populaire.  Nous allons maintenant prendre le temps de la réflexion collective… sans acrimonie mais sans complaisance. Il va falloir beaucoup d’efforts pour être à la hauteur des questions de la période. Il ne suffira pas de vanter le progrès de 0,20 point par rapport aux Européennes. Il va falloir tirer tous les enseignements de cette campagne parfois très prometteuse quand elle a été coopérative comme ce fut souvent le cas dans le 18 ème et ailleurs. Je maintiens à cet égard que les apports croisés du PC, du PG de la GU et des autres sensibilités dont celle d’Alternative Citoyenne ont été bien plus productifs que ce qui avait été fait par le passé, par exemple au niveau du programme que nous avons élaboré en IdF. L’impertinence du PG parfois, les références du PC, l’exigence de pensée de la GU m’ont souvent semblé bien plus complémentaires que concurrentes. C’est ce syncrétisme de nos cultures politiques qui me semble capable de produire du nouveau. Je le perçois dans nos initiatives communes, nos réunions, nos discussions même si elles sont parfois un peu âpres. Il va falloir mesurer aussi  la portée des progressions significatives sur Paris et dans un certain nombre de villes qui nous redonnent de la crédibilité. Il va falloir confronter nos points de vue sur la façon d’articuler les interventions polémiques qui rendent visibles les clivages à gauche et l’intervention politique plus audacieuse dans le débat d’idées sur ce que pourrait être une alternative économique et sociale. Il va falloir discuter de la nature et de l'élargissement réel de notre rassemblement. Je suis convaincu que nous avons les moyens d’installer dans la durée cette gauche renouvelée.

 

Amitiés militantes

François Labroille

 

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19 juillet 2009 7 19 /07 /juillet /2009 13:18

Le NPA vient de rencontrer les forces de la gauche radicale et anticapitaliste. Premier tour d’horizon. 

C’est la crise économique, les licenciements massifs, un taux de chômage sans précédent et qui va s'aggraver, la politique brutale de la droite néfaste à l'ensemble du monde du travail, pour sauvegarder les profits et les privilèges d'une minorité dans un système capitaliste en crise, qui conduisent notre politique unitaire. Elle vise à l’unité la plus large et sans exclusive dans les mobilisations; elle veut regrouper sur le plan politique les forces anticapitalistes, les forces combatives, qui seront déterminantes pour les luttes.

Dans cette perspective de mouvement d’ensemble, il s’agit de construire les leviers unitaires de mobilisation qui ont tant manqué, le semestre passé, face aux directions confédérales.

Le rôle du NPA est d’impulser, d’aider à forger ces cadres unitaires. A nous seuls, nous ne pouvons construire l’opposition sociale et politique dont la carence est l'une des clés de la situation actuelle.

Nous avons donc proposé aux forces politiques que nous avons vues de prendre ensemble nos responsabilités. Les Alternatifs, le Parti de gauche, la Fédération et, en partie, le PCF ont répondu positivement. A nous tous de mettre en œuvre les outils de la riposte sociale.

En ce qui concerne les régionales, nous avons proposé, comme lors des européennes, un accord durable sur un programme écologiste, anticapitaliste, social et démocratique de rupture. Ce qui implique un rassemblement indépendant politiquement du PS et la volonté de battre la droite au pouvoir sans passer des accords de gestion avec des formations dont nous ne partageons pas le programme.

Ces rencontres diverses et les déclarations communes qui émanent permettent d’acter les points de convergences et les désaccords avec les forces politiques concernées. On voit bien que c’est la relation au PS qui pose problème. C’est particulièrement clair avec le PCF, qui n’a pas renoncé à des majorités de gestion avec les socialistes. Cela le conduit à accepter, dans les conseils régionaux, des politiques contraires à ce que défendent ses militants, comme subventionner des entreprises privées…qui licencient !

Contrairement à ce que racontent certains médias décidément « bien intentionnés » à notre égard, rien n’est fait. Rien n’est acté, avec personne. Les différentes déclarations qui font le point sur ces réunions sont accessibles sur notre site Internet.

A notre université d’été, aura lieu un débat sur la question: toutes ces forces politiques sont invitées. Les militantes et les militants, nos lecteurs et nos sympathisants, ont toutes les cartes en main pour débattre. Après d'indispensables discussions sur l’ensemble des problèmes posés, nous trancherons.

Il n’y a aucune urgence. Le conseil politique national du NPA fera le point en septembre et nous rendrons compte, dans les colonnes de Tout est à nous!, de l’état d’avancement des discussions. 

Pierre-François Grond

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19 juillet 2009 7 19 /07 /juillet /2009 13:10

Après la déclaration commune PG-NPA en faveur de listes communes au premier tour, le parti de Besancenot et les communistes se sont opposés sur la question de l'indépendance à l'égard des socialistes.

Après la soudaine éclaircie NPA-Parti de gauche, la semaine dernière, le ciel de la gauche radicale s'est assombri ce lundi. Alors que Jean-Luc Mélenchon, fondateur du PG, et Olivier Besancenot s’étaient accordés sur le principe de listes communes et indépendantes du PS au premier tour des régionales, les discussions se corsent avec l’entrée en jeu du PCF, second pilier du Front de gauche.

Le Nouveau parti anticapitaliste et les communistes n’ont pas réussi à s’entendre sur cette idée d’alliance électorale en vue de mars 2010. Sans surprise, les négociations ont achoppé sur l’attitude à adopter vis-à-vis du parti socialiste: le PCF défend des accords de gestion avec le PS, ce à quoi le NPA est, à l’évidence, allergique.

A l’issue d’une rencontre entre leurs deux délégations, Pierre Laurent, numéro deux communiste, a résumé le dénominateur commun: «Nous avons le souci les uns et les autres de battre la droite au second tour» des régionales.

«Mais nous, nous pensons que nous devons porter l’ambition d’aller à des majorités de gauche dans les régions. Et les conditions de ces majorités font débat entre nous», a ajouté Pierre Laurent, dont le parti avait souhaité «élargir le Front de gauche» mis sur pied avec le PG aux européennes.


«Majorité bidouillée avec le PS»


Olivier Besancenot, porte-parole du
NPA arrivé derrière le Front de gauche, le 7 juin dernier, a, lui, fait de l’indépendance vis-à-vis du PS une «question-clef»: «C’est évident que si on fait une liste anticapitaliste unitaire, elle assumera son indépendance jusqu’au bout.»

Celui-ci s’était prononcé pour des «fusions techniques» avec le PS au second tour des régionales, ce qui permettrait à des élus d’extrême gauche de «garder [leur] liberté de parole, de propositions» et, le cas échéant, de ne pas voter le budget d’une majorité socialiste.

«On ne se voit pas, nous, au nom d’une majorité bidouillée avec le PS, voter des subventions publiques à des groupes qui licencient actuellement», a-t-il invoqué, assurant néanmoins «tout faire pour le rassemblement unitaire».

Un groupe de travail doit être constitué pour poursuivre les discussions sur une éventuelle alliance, qui ne sera pas tranchée avant octobre.

(Source AFP)

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12 juin 2009 5 12 /06 /juin /2009 00:25

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Avec 16,48% des votes, le PS se retrouve talonné par les Verts, et à 11 points de l'UMP. Il n'incarne en rien une opposition crédible à Sarkozy. 

Le score du PS est historiquement bas, mais pas qu'en France : la social-démocratie recule, en particulier dans les pays où elle est au pouvoir, au Royaume-Uni, où la gifle est magistrale (15,30% contre 28,60% pour la droite), au Portugal (26,6% contre 40,1%), dans l'Etat espagnol (38,51% contre 42,23%). Même constat en Allemagne, où les sociaux-démocrates obtiennent un de leurs scores les plus faibles (20,8% contre 30,7% pour la droite). Le PS semble s'effondrer donc en France, même dans les régions qui lui sont historiquement acquises. L'électorat socialiste a fait défaut, cette fois, s'abstenant ou glissant aussi en partie chez les Verts de la liste Europe écologie. Pourquoi ces résultats, que les socialistes n'ont pas entièrement vu venir, même si des dirigeants, dont Martine Aubry, avaient pris les devants en expliquant qu'un score autour de 20% serait honorable?

Dans une campagne atone voulue par l'UMP, on ne peut pas dire que la campagne du PS ait été particulièrement vigoureuse! Dans le contexte de la crise, et dans lequel l'Europe n'apparaît pas pour une majorité protectrice mais au contraire porteuse de dérégulations et de casse sociale, le PS a été inaudible, lui qui a participé à la mise en place de cette Europe-là, comme l'ensemble des partis sociaux-démocrates européens.

Fini le bénéfice du vote sanction ou du vote utile, le PS n'a pas pu faire oublier qu'il dirigeait lors de la signature des traités libéraux, qu'il était un ardent partisan du « oui » en 2005, qu'il s'est assis comme la droite sur le vote majoritaire du « non » à la Constitution européenne et qu'il s'est « opposé » plus que mollement au pouvoir de Sarkozy depuis deux ans. Ce que retient l'opinion, ce sont les divisions intestines, les guerres de clans et de chefs, et le catastrophique congrès de Reims à l'automne dernier.

Alors, au PS, on cherche des responsables, des explications à cet échec cinglant : la faute à Martine Aubry, il faut « rénover », se débarrasser des éléphants, donner plus de place aux quadras, changer de langage. E,t bien sûr, si « la gauche a échoué », c'est parce « qu'elle était divisée »! La vieille tarte à la crème de la division et du syndrome du 21 Avril!

Mais on n'a pas entendu de dirigeants socialistes tirés le bilan de la politique du PS, de son accompagnement du capitalisme, de l'appui aux politiques libérales au sein des institutions européennes, au détriment des peuples et du monde du travail. Non, décidément, cela n'est pas l'habitude de la maison. Alors, même si la claque a été magistrale et la gueule de bois douloureuse, au vu de l'abstention, il faut être prudents quant à la recomposition du paysage politique à gauche, même si le PS est certes affaibli à l'issue de ce scrutin, et qu'il va sans doute traverser, en interne, une zone de turbulences pour un bon bout de temps. 

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12 juin 2009 5 12 /06 /juin /2009 00:23
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Europe Ecologie a créé la surprise: 16,28%, quatorze eurodéputés, et des scores devançant parfois le PS, comme en Ile-de-France (20,86% contre 13,57%). 

Dans les médias, tout le monde y va de son commentaire pour expliquer cette percée inédite des écolos : l'altercation entre Bayrou et Cohn-Bendit du jeudi 4 juin sur les plateaux de France 2, la diffusion du documentaire « Home »,de Yann Artus Bertrand, vendredi 5 juin,  avec une audience de 9 millions de téléspectateurs, les enjeux européens et seuls ces enjeux-là mis au coeur de la campagne, commencée très tôt, des Verts, expliqueraient ces bons résultats. Ce faisceau de circonstances a sans doute contribué au succès. Mais, à y regarder de plus près, la crise du « politique » et les préoccupations profondes de la population sur la crise écologique peuvent expliquer cet engouement pour les listes Europe écologie: à la fois, un vote pas « très politique », séduit par la présence de « personnalités » (Bové, l'altermondialiste, EvaJoly, la juge anticorruption et, bien sûr « Dany le vert », en meneur de liste), et un vote révélant une inquiétude forte face aux dangers menaçant la planète.

Mais qui a exprimé ces préoccupations? Là encore, force est de constater qu'il faut être prudents sur cette « percée » : après une première analyse des résultats globaux, le vote pour la liste Europe écologie est fortement un vote de citadins. C'est à Paris, dans les centres des villes, dans les capitales régionales notamment, qu'on observe des pourcentages très élevés, au-dessus de la moyenne nationale. Le vote vert n'est pas franchement un vote des classes populaires, qui se sont largement abstenues (abstention relativisant la portée des résultats) et qui majoritairement ne vivent pas dans les centres-ville.

Europe Ecologie a sans doute grignoté l'électorat du Modem, mais a aussi mordu sur les autres listes à gauche. Le PS, en particulier, semble en avoir fait les frais. Ainsi, la liste Europe écologie a réussi à apparaître comme à part, en dehors du système. Or, son orientation globale se situe entièrement dans le cadre du système, pour un capitalisme vert: la préoccupation majeure des abstentionnistes, la crise et ses conséquences sociales, est absente de sa campagne. Cohn-Bendit ne cache pas son ralliement à l'économie de marché. Preuve en est ses positions sur les services publics : d'après lui,  pour sortir du nucléaire, il faut en finir avec le monopole d'EDF et il faut des services publics d'intérêt régional! C'est-à-dire en finir avec les services publics. On est bien loin des services publics européens sous monopole public, ce qu'exigeaient ceux qui se battaient contre la Constitution libérale en 2005, dont… José Bové!

Alors quel avenir pour ce type de rassemblement hétéroclite? Durable ou éphémère comme une poussée de fièvre? Peut-être que Cohn-Bendit a apporté un élément de réponse dès le lendemain des votes : les Verts européens négocient déjà avec les socialistes européens « pour essayer de faire une majorité ». Du déjà vu. 

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12 juin 2009 5 12 /06 /juin /2009 00:19
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A l'occasion des élections européennes, s'est constitué le Front de gauche (FDG) emmené par Jean-Luc Mélenchon et Marie-George Buffet. Le rassemblement fait un peu mieux que le PCF seul en 2004 (6,47% contre 5,88 %), mais la plus-value amenée par les ex-socialistes est moindre. 

Le Front de gauche obtient en métropole 6,05 % des voix et quatre élus : Patrick Le Hyaric (directeur de L'Humanité) en Ile-de-France, Jacky Hénin (PCF, député européen sortant) dans le Nord, Marie-Christine Vergiat (responsable des relations internationales dans la délégation interministérielle à l’innovation sociale et à l’économie) dans le Sud-Est, Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche) dans le Sud-Ouest.

La campagne du FDG menée aura été dynamique et visible, avec un électorat plus prompt à se déplacer pour voter. Mais, on l’a vu, la dynamique électorale n’a pas été au rendez-vous. On peut regretter l’offensive contre un NPA accusé de sectarisme, alors que celui-ci avait fait sa propre proposition, celle d’une unité durable, dans la rue et dans les urnes,  qui aille au-delà des européennes, au moins jusqu’aux régionales, en maintenant le principe d’indépendance vis-à-vis du PS. Cette proposition a été refusée par la direction du PCF. Plus contestable aura été aussi l'utilisation de membres du courant Unir de l'ex-LCR se réclamant du NPA. Mais les élections étant passées, gageons que chacun s'investira clairement dans la force politique choisie, mettant un terme à l'amalgame entre la Gauche unitaire de Christian Picquet et le NPA.

La question se pose aujourd'hui de l'avenir de la coalition du Front de gauche. Après les élections, la secrétaire nationale du PCF a appelé le Parti socialiste à « se positionner réellement à gauche » après sa déroute aux européennes et à travailler à « un rassemblement non pas tourné vers la droite et vers le Modem mais vers la gauche ».

Marie-George Buffet et Jean-Luc Mélenchon ont également demandé au NPA, implicitement ou explicitement, de rejoindre le Front de gauche. On voit que le débat que nous posons, celui de l’indépendance vis-à-vis du PS, ne s’est pas résorbé durant la campagne. Comment les uns et les autres vont-ils se positionner dans les grandes manœuvres qui commencent autour du PS ? Les élections régionales de mars 2010 donneront de nouveau l'occasion d’en discuter et donc de poser les bases d’une alliance possible avec les partis situés à gauche du PS, en incluant évidemment une discussion sur le contenu.

Mais l'urgence et l'actualité restent la mobilisation sociale et l'unité face aux attaques de la droite et de Sarkozy, qui sortent renforcés par ces élections comme l'a été toute la droite européenne. Les contre-réformes vont continuer contre le monde du travail, organisant la casse et la privatisation des secteurs publics. Les entreprises vont continuer à licencier, nous faisant toujours payer un peu plus la crise qui, on le sait, va s’approfondir dans les mois qui viennent.

C'est pourquoi, il nous faut rapidement organiser une riposte avec toutes les forces de gauche, porter le mécontentement qui s'est aussi exprimé par l'abstention de 60 % des électeurs (en grande partie des jeunes et des travailleurs). Créer une mobilisation d'ampleur peut faire barrage aux politiques de droite. Pour cela, nous devons faire l'unité, nous positionner politiquement contre le capitalisme, soutenir les mobilisations et tout faire pour ne pas renouveler la stratégie des jours de grève isolés et sans lendemain qui ont essoufflé les mobilisations records des 29 janvier et 19 mars. 

 

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